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    La FTQ appelle au vote stratégique

    Le syndicat se défend d’avoir appuyé publiquement le NPD

    12 août 2015 |Philippe Orfali | Canada
    Gilles Duceppe n’a pas paru ébranlé, mardi, par cette prise de position inhabituelle de la FTQ.
    Photo: Clément Allard La Presse canadienne Gilles Duceppe n’a pas paru ébranlé, mardi, par cette prise de position inhabituelle de la FTQ.

    La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) a pris position en faveur du Bloc québécois en 1993, 1997, 2000, 2006, 2008 et 2011… mais Gilles Duceppe ne pourra compter sur elle en 2015, prévient la centrale syndicale. Le plus important est de vaincre les conservateurs, et tout candidat à même de l’emporter sur le parti de Stephen Harper pourra recevoir son appui, dit-elle.

     

    Les vieilles méthodes ont fait leur temps. La FTQ n’appuiera plus systématiquement le Bloc québécois comme elle l’a fait à maintes reprises par le passé, mais ne donnera pas pour autant son appui indéfectible au Nouveau Parti démocratique (NPD), a expliqué mardi le secrétaire général de la centrale syndicale, Serge Cadieux.

     

    « C’est simple, c’est n’importe qui sauf les conservateurs », a déclaré M. Cadieux en entrevue au Devoir, remettant ainsi les pendules à l’heure à la suite de la publication d’un article dans La Presse laissant entendre que la FTQ se rangeait, pour la première fois de son histoire, derrière un parti fédéraliste, le NPD, plutôt que d’appuyer le Bloc québécois.

     

    L’organisme a appuyé l’option du Oui aux deux référendums sur la souveraineté, en plus de prêter main-forte au Bloc à chaque élection depuis la création de la formation indépendantiste, à l’exception de celle de 2004. En dépit de cet appui de la FTQ, les conservateurs sont toutefois parvenus à se maintenir au pouvoir depuis 2006. « On a fait le bilan des neuf ans des conservateurs, et on constate que c’est le parti le plus à droite de l’histoire du Canada moderne, antitravailleurs, anti-environnement, antiretraités », a estimé M. Cadieux. Une nouvelle stratégie était donc nécessaire « On ne peut vivre un autre quatre ans de la sorte, et n’importe quel autre gouvernement serait une amélioration. »

     

    Dix circonscriptions ciblées

     

    La FTQ va donc se concentrer sur une dizaine de circonscriptions québécoises « où les conservateurs ont des chances de l’emporter afin d’appuyer le parti qui a le plus de chances de gagner contre eux. Notre position, c’est le vote stratégique », a insisté le porte-parole, réitérant une prise de position adoptée en 2014.

     

    Les membres de la FTQ seront à pied d’oeuvre pour appuyer le candidat néodémocrate, bloquiste ou même libéral le plus susceptible de l’emporter. Dans les circonscriptions où les conservateurs n’ont que des chances minimes de devenir députés, les membres de la FTQ pourront voter librement, à leur discrétion.

     

    Quoi qu’il en soit, il est plus envisageable que la FTQ offre son soutien à des candidats néodémocrates plutôt que bloquistes ou libéraux en raison du paysage politique en place depuis 2011, a reconnu M. Cadieux. Le NPD compte 54 députés au Québec, contre seulement 2 pour le Bloc québécois et 7 pour le Parti libéral.

     

    Deux syndicats affiliés à la FTQ regroupant près de 10 % des membres de la fédération appuient ouvertement le NPD, a toutefois été forcé de reconnaître le chef de l’organisation syndicale. Il s’agit de la section québécoise de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA) et des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC). D’autres pourraient théoriquement s’ajouter à la liste.

     

    Gilles Duceppe n’a pas paru ébranlé par cette prise de position inhabituelle de la FTQ. La formation n’a pu compter sur la centrale syndicale en 2004 et elle ne s’en est pas moins bien portée, selon lui. « Ce n’est pas une surprise, dit-il. Quand on a des appuis, on les prend, mais c’est le choix qu’ils ont pris. »













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