Trudeau lance la campagne québécoise en attaquant Thomas Mulcair

Justin Trudeau et les candidats du Parti libéral du Canada au Québec, lundi matin, au canal Lachine.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Justin Trudeau et les candidats du Parti libéral du Canada au Québec, lundi matin, au canal Lachine.

Conscient du travail qui l’attend pour tenter de reconquérir l’électorat québécois, le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, a lancé lundi la campagne de son parti au Québec en braquant ses attaques vers son adversaire néo-démocrate Thomas Mulcair, qui, à son avis, n’en a pas fait assez pour défendre les intérêts de la province.
 

Entouré de son équipe montréalaise aux abords du canal Lachine, M. Trudeau s’est dit troublé par le travail effectué par le Nouveau Parti démocratique (NPD) depuis le déferlement de la vague orange lors du scrutin de 2011 qui avait permis à la formation alors dirigée par Jack Layton de faire élire 59 députés.

« M. Mulcair dit une chose au Québec [en français] et autre chose dans le reste du Canada [en anglais] et n’a pas de plan pour créer de la croissance économique », a affirmé M. Trudeau, au cours d’un point de presse.

Pour le chef des libéraux fédéraux, les promesses des néo-démocrates pour l’instauration d’un système national de garderies ainsi que celle d’un salaire minimum de 15 $ l’heure à l’échelle du pays n’interpellent tout simplement pas les électeurs québécois.

« Il [M. Mulcair] n’est pas en train de travailler pour une vision économique en promettant aux Québécois un programme de garderies que l’on a déjà ici ainsi qu’une promesse pour un salaire minimum qui ne s’appliquera pas à plus de 99 % des Québécois », a-t-il affirmé.

M. Trudeau a également critiqué la décision du chef néo-démocrate de ne participer à aucun débat qui n’impliquerait pas le premier ministre sortant Stephen Harper d’ici la fin de la campagne électorale.

Le chef du PLC n’a pas détaillé en profondeur la stratégie que le PLC — qui n’a fait élire que sept députés au Québec lors de la dernière élection — comptait mettre de l’avant pour reconquérir les électeurs de la province à l’extérieur de la grande région métropolitaine, affirmant qu’il allait faire la « promotion de son plan » au cours des 10 prochaines semaines.

Discours référendaire 

Il a également ramené à l’avant-scène la position de son adversaire néo-démocrate à l’effet qu’une majorité simple (50 % plus un vote) serait reconnue par Ottawa en cas d’un référendum sur la souveraineté en affirmant qu’elle ne visait qu’à gagner des « points politiques ».

« M. Mulcair a choisi de ramener cet enjeu-là pour faire des gains au Québec, a affirmé M. Trudeau. La réalité, c’est que les Québécois ont besoin d’un nouveau premier ministre conscient de la réalité des défis et [capable de] rassembler le pays au complet. »

Sur cette question, le chef du PLC s’est vanté d’être clair, rappelant que la Cour suprême avait dit que « les chiffres » devront être fixés lors d’un prochain référendum.

Lors du premier débat des chefs, la semaine dernière, la question de la clarté référendaire avait donné lieu à un échange mordant entre M. Mulcair et M. Trudeau, ce dernier accusant son rival de diriger un parti qui menace l’unité nationale en raison de sa position.

S’il a surtout dirigé ses attaques à l’endroit du chef du NPD, M. Trudeau a également décoché quelques flèches à l’endroit de son rival conservateur Stephen Harper, soulignant entre autres que son plan économique ne fonctionnait pas puisque le pays est aux portes de la récession.

Le chef libéral a par ailleurs critiqué la volonté de M. Harper de prendre des mesures législatives pour afin de contrer ce qu’il appelle le « tourisme terroriste », ce qui interdirait aux Canadiens le droit de voyager dans les régions du monde contrôlées par des groupes terroristes.

« M. Harper n’a pas répondu aux nombreuses questions entourant cela, a dit M. Trudeau. Pour nous, ce n’est qu’une proposition électoraliste. »

D’après lui, cette sortie du chef conservateur démontre qu’il est « désespéré » de parler de « n’importe quoi » afin de ne pas aborder l’échec de son plan économique des dernières années.

6 commentaires
  • Raymond Labelle - Abonné 10 août 2015 10 h 32

    Garderies: le PLC accordrait-il la même compensation financière.au Québec que le NPD?


    Le programme pancanadien du NPD de garderies aurait pour effet que le Québec obtiendrait une compensation financière pour ce programme qu'il applique déjà.

    Dire que cela "n'intéresse pas les Québécois" car ceux-ci bénéficient déjà du programme ne mentionne pas cette compensation financière pour le Québec et procède d'une simplification outrancière.

    La question pertinente: le PLC a-t-il l'intention d'accorder la même compensation financière au Québec que celle qu'accorderait le NPD pour appliquer son programme de garderies? Le silence de M Trudeau à ce sujet suggère une réponse à cette question. Il serait intéressant qu'un journaliste la lui pose.

  • Raymond Labelle - Abonné 10 août 2015 10 h 49

    M. Mulcair dirait une chose en français et une autre en anglais. Vraiment? Quoi? Où? Quand?

    M. Trudeau, lorsqu'il accuse M. Mulcair de dire des choses différentes en français et en anglais sur certains sujets, devrait être plus spécifique: qu'est-ce que M. Mulcair a dit de différent au Québec et dans le reste du Canada? En français et en anglais? Quand? Où? Quoi?

    Si M. Trudeau ne peut documenter son affirmation sur un sujet important (on peut accorder une indulgence de distraction sur les peccadilles), c'est que son affirmation est calomnieuse et il devrait s'en excuser formellement.

    Au récent débat anglais, M. Mulcair a réitéré son appui au principe du droit à l’autodétermination du Québec et selon lequel une majorité de 50% + 1 permettait d’y accéder. En campagne en Ontario, il a aussi réitéré, en anglais ce principe, il y a peu. Il y a quelques mois, il a déploré, en anglais, en entrevue publiée dans des journaux anglophones de l’Alberta, le phénomène du mal hollandais, celui qui fait en sorte que l'industrie manufacturière souffre de la hausse du dollar causée par l'économie pétrolière (à l'époque, le pétrole ça allait bien).

    On peut être d’accord ou non avec M. Mulcair sur le pipeline, mais à ma connaissance, il dit la même chose en français et en anglais : il faudra tout d’abord voir si la chose peut se faire de façon sécuritaire et passer le test des examens environnementaux.

    Donc, M. Trudeau peut-il démontrer son affirmation comme quoi M. Mulcair dit des choses différentes en français et en anglais? Sinon, c’est que l’affirmation est une calomnie et M. Trudeau devrait s’en excuser publiquement.

    • Loraine King - Abonnée 11 août 2015 07 h 45

      Vraiment ? Où ? Quoi ?

      M. Mulcair dit qu'il appuie et déposera une nouvelle loi fondée sur la déclaration de Sherbrooke, soit que le "NPD reconnaîtrait une décision majoritaire (50 % plus 1) des Québécoises et des Québécois".

      Où est le mot "vote" ? 50 % plus 1 des Québécoises et des Québécois ce n'est pas 50 % 1 des suffrages exprimés, c'est 50 % des Québécoises et Québécois. Présumons 6 millions d'électeurs éligibles, au taux de participation de 1995 (93,5 %), il faudrait 195,000+1 votes de plus que 50 % des suffrages exprimés pour que le Canada soit obligé d'entamer cette négociation. Enfin, c'est ce qui est écrit dans la déclaration de Sherbrooke que M. Mulcair appuie. Si l'on voulait tenir compte des suffrages exprimés on l'écrirait clairement.

      Quoique....

      Quoi ? C-470. M. Mulcair a rédigé avec M. Scott un projet de loi déposé en janvier 2013 aux communes, surnommé Loi sur l'unité. On y retrouve les conditions qui obligeraient le gouvernement du Canada d'entamer des négocier avec le Québec, incluant :

      c) la majorité des voix validement exprimées est en faveur de la modification proposée.

      http://www.parl.gc.ca/HousePublications/Publicatio

      Où est le 50 % plus 1 dans cette formulation? Le projet de loi que M. Mulcair appuyait ne qualifie pas cette majorité. Elle pourrait être simple comme elle pourrait être qualifiée autrement, mais ce serait une majorité, donc plus de 50 %, qualifiée au gré du gouvernement du Canada.

      Je comprends que M. Trudeau juge que la position de M. Mulcair est surtout de flatter (pandering) l'électorat québécois !

      Vraiment, il y a une chose de claire dans tout ceci c'est que ni M. Mulcair ni M. Trudeau ne dirigera le gouvernement du Canada qui entamerait cette négociation.

  • Sylvain Rivest - Inscrit 10 août 2015 11 h 05

    Et sa position sur le Québec?

    Ah oui, le Québec doit rester incarcéré dans la fédération néo canadienne quel que soit leur souhait. Car au fond le multiculturalisme prime sur la nation, tant canadienne que québécoise. Bref, nous avons été évincés politiquement depuis longtemps tout comme les peuples autochtones d'ailleurs. Le discours des trois prétendants nous le démontre sans ambiguïté.

    Le vrai fiston à son papa

  • Mathieu des Ormeaux - Inscrit 10 août 2015 11 h 20

    Nouvelle Parade

    Au-delà des beaux discours et des apparences, ces messieurs ne daigneront certainement pas s'attaquer au dogmes du système économique et ont donc, sur le fonds, des stratégies presques identiques qui continueront à nous obliger de contracter nos emprunds sur les marchés financiers, à des taux d'intérêts exorbitants, pour le grand plaisir des banquiers. La subordination de notre politique étrangère à Washington (et à un moindre degré Londres) par l'entremise de l'Otan ne sera certainement pas discutée non plus.

  • Normand Renaud - Inscrit 10 août 2015 11 h 38

    Trudeau et le Québec

    Non mais je rêve! Trudeau et le PLC à la défense du Québec alors que depuis les années 70 les gouvernements du PLC ont tout fait pour nuire aux intérêts du Québec, rapatriement de la Constitution, lois, règlements et dénigrements à l'encontre de l'Assemblée Nationale.
    Le PLC à défaut d'avoir de la substance, ont décidé de nommer un beau ti'pit qui porte le nom de son père pour aller chercher des votes.