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    Le Partenariat transpacifique sera de la prochaine campagne électorale

    30 juillet 2015 | Lina Dib - La Presse canadienne à Ottawa | Canada
    Gilles Duceppe et Pierre Karl Péladeau ont enfourché leurs vélos mercredi pour une tournée préélectorale liant Repentigny et Trois-Rivières.
    Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Gilles Duceppe et Pierre Karl Péladeau ont enfourché leurs vélos mercredi pour une tournée préélectorale liant Repentigny et Trois-Rivières.

    Alors que les négociateurs canadiens s’apprêtent à signer une entente sur une île hawaïenne, au Québec néodémocrates et bloquistes se préparent à faire campagne contre cette entente si elle sacrifie la gestion de l’offre.

     

    Aux dernières heures de la négociation du Partenariat transpacifique (PTP), à Hawaï, Ottawa serait en pourparlers pour permettre l’entrée d’une certaine quantité de produits laitiers américains au Canada, rapporte The Globe and Mail.

     

    Avant d’enfourcher son vélo pour une tournée préélectorale le menant de Repentigny à Trois-Rivières — avec le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau —, Gilles Duceppe a lu le journal torontois mercredi.

     

    « S’ils pensent s’en sortir en disant [que c’est réglé] avant la campagne électorale […] moi, je leur rappelle que [viendra] le temps de la mise en oeuvre [du PTP]. Et on va en parler aux Québécois en disant [que] vous êtes bien mieux d’envoyer [à Ottawa] des gens qui vont se lever pour défendre la gestion de l’offre et pas des gens qui disent “ nous, on est prêts à laisser tomber ça parce qu’on ne veut pas perdre des votes dans l’Ouest canadien  », a insisté M. Duceppe, qui dit viser à la fois les néodémocrates, les libéraux et les conservateurs.

     

    Dans l’ouest du pays, les producteurs bovins et de grains lorgnent le PTP comme une clé d’accès aux vastes marchés asiatiques. Mais n’en déplaise au chef bloquiste, le NPD affiche la même détermination que lui à défendre la gestion de l’offre et les agriculteurs québécois qui en bénéficient.

     

    « Ici, c’est une très grande préoccupation. On se promène sur les chemins et les agriculteurs ont sorti les voitures à foin avec des grosses affiches : “ Notre système de gestion de l’offre, on y tient  », raconte Myriam Beaulieu, gestionnaire agricole et candidate néodémocrate dans Richmond-Arthabaska.

     

    Mme Beaulieu rappelle que son parti dénonce depuis le début le manque de transparence dans les négociations du PTP. Et elle assure que si l’accord imposait l’abandon de la gestion de l’offre en tout ou en partie, les néodémocrates n’en resteraient pas là.

     

    « Si on permet des brèches à ça, si on ne peut plus gérer l’offre de lait, on ne sera plus capable de garantir aux agriculteurs un revenu stable […]. On ne pourra pas non plus garantir des prix stables aux consommateurs », s’enflamme Mme Beaulieu à l’autre bout du fil.

     

    Les libéraux aussi réclament que le gouvernement conservateur protège la gestion de l’offre dans ses négociations sur le PTP. Mais la députée libérale Chrystia Freeland, porte-parole de son parti en matière de commerce, préfère ne pas s’aventurer sur le terrain de M. Duceppe et Mme Beaulieu.

     

    Les libéraux seraient-ils prêts à faire du PTP un enjeu des élections si la gestion de l’offre n’est pas protégée intégralement ? « Je ne crois pas qu’il serait très productif en ce moment de répondre à des questions hypothétiques », a indiqué Mme Freeland, jointe au téléphone.

     

    Les agriculteurs québécois, inquiets du possible sacrifice de la gestion de l’offre sur l’autel du PTP, ont manifesté ces derniers jours devant les bureaux de deux ministres conservateurs : Denis Lebel et Maxime Bernier.

     

    Si, vendredi, le ministre Bernier s’est fait très rassurant, affirmant que le mandat des négociateurs canadiens est de « préserver le système de gestion de l’offre de façon intégrale, avec ses trois piliers, c’est-à-dire le contrôle de la production, le contrôle des prix et le contrôle des importations », trois jours plus tard, son collègue Lebel ne s’engageait plus à grand-chose.

     

    « Le résultat de la négociation, je ne suis pas capable de vous le promettre. Il n’y a pas un parti qui va promettre une chose qu’il n’est pas capable de livrer. Mais soyez certains, certains, que votre message va être porté aujourd’hui », disait M. Lebel lundi.

     

    À Ottawa, le premier ministre Stephen Harper est resté vague au cours d’une entrevue accordée à Bloomberg. « Nous allons lutter pour les divers intérêts de nos industries, y compris la gestion de l’offre. Ces industries ont des intérêts différents et nous tentons de les appuyer tous. »

     

    Son intention de signer le PTP à tout prix est cependant évidente. « Nous ne pouvons pas être exclus de ce genre d’accord commercial », a-t-il confié au journaliste de Bloomberg.













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