Affaire Arar - Paul Martin garde confiance en la GRC
10 janvier 2004
Canada
Ottawa - Inacceptables, mais pas incontrôlables. Le premier ministre Paul Martin perçoit en ces termes les multiples fuites dans les médias par de hauts responsables canadiens à propos de Maher Arar. M. Martin veut que ces fuites cessent, mais il ne croit pas que celles-ci soient la preuve d'un manque de contrôle du pouvoir politique sur les forces policières fédérales.
«Je suis convaincu que nous avons le contrôle et que nous allons avoir les faits», a déclaré hier M. Martin, au terme d'une rencontre du cabinet des ministres. «Ces fuites, je les trouve totalement inacceptables et je donne beaucoup d'importance à la conclusion de ces enquêtes parce que ce genre de fuites là touchent des Canadiens.»
Le Devoir révélait hier que la GRC a ouvert une enquête criminelle sur l'identité de ces fameuses «sources anonymes canadiennes» citées dans les journaux anglophones depuis quelques mois. Ces personnes sans visage véhiculent des informations noircissant la réputation de Maher Arar, ce Canadien d'origine syrienne qui a été expulsé en Syrie par les États-Unis.
M. Martin dit avoir confiance de pouvoir obtenir toutes les informations nécessaires de la GRC et du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) pour aller au fond des choses, même si de nouvelles révélations démontrent que son prédécesseur, Jean Chrétien, n'avait pas pu obtenir tous les faits.
Dans son édition d'hier, le Globe and Mail fait en effet état d'une note obtenue par la famille Arar démontrant que la classe politique n'était pas capable d'obtenir certaines informations de la GRC. Ainsi, le greffier du Conseil privé, Alex Himelfarb — le grand patron de la fonction publique —, a rédigé une note de trois pages à l'intention du premier ministre 10 jours après l'expulsion de Maher Arar. Selon le Globe and Mail, ce document relate tous les efforts diplomatiques déployés dans ce dossier mais indique qu'on ne sait rien de l'implication de la GRC. «On ignore à ce moment-ci si M. Arar fait l'objet d'une enquête criminelle de la GRC», est-il écrit.
Ces nouvelles révélations ont ravivé les demandes pour une enquête publique indépendante. Kerry Pither, qui représente M. Arar, croit qu'une telle enquête serait beaucoup plus utile que le dédoublement de démarches auquel on assiste (l'enquête criminelle s'ajoutant aux enquêtes internes à la GRC et au SCRS). Elle se dit toutefois heureuse que les fuites soient enfin prises au sérieux. «La GRC et le SCRS traversent une crise de crédibilité avec cette affaire. Et ces organisations tentent de se blanchir aux yeux du public avec ces fuites. On tente très clairement de discréditer Maher Arar.»
Même son de cloche du côté du Bloc québécois. On sourcille à l'idée que ce soit la GRC qui enquête sur les fuites, provenant probablement... d'agents de la GRC! La porte-parole et députée Francine Lalonde note en outre que la note n'est pas la première preuve du flou entourant les activités de la GRC.
«Rappelons que l'ancien solliciteur général, Wayne Easter, ne savait même pas si la GRC avait fourni de l'information aux Américains. C'est plutôt Colin Powell qui a informé le gouvernement fédéral de la participation de la GRC dans cette affaire. C'est un peu fort! Si personne ne sait quoi que ce soit sur ce que fait la GRC, ça signifie qu'il y a un sérieux problème.»
Cotler peut parler
Par ailleurs, le ministre de la Justice, Irwin Cotler, a reçu le feu vert du conseiller en éthique, Howard Wilson, pour se prononcer sur le cas de Maher Arar. M. Cotler a reconnu avoir déjà oeuvré à titre de conseiller légal pour l'épouse de M. Arar alors qu'il était député. Il dit l'avoir fait gratuitement, mais il voulait savoir si, maintenant qu'il est le ministre de la Justice, cela le plaçait en conflit.
Pas du tout, a tranché M. Wilson hier après-midi. Du moment que M. Cotler se montre solidaire des décisions prises par le cabinet, il n'y a pas de problème. «Parce que cette question de M. Arar est une question politique, explique M. Wilson. Ce serait différent si M. Cotler, comme avocat, avait représenté une personne dans une action contre le gouvernement du Canada. Pour moi, c'est une distinction clé.» Le fait qu'il n'ait pas été payé a aussi pesé dans la balance, reconnaît M. Wilson.
«Je suis convaincu que nous avons le contrôle et que nous allons avoir les faits», a déclaré hier M. Martin, au terme d'une rencontre du cabinet des ministres. «Ces fuites, je les trouve totalement inacceptables et je donne beaucoup d'importance à la conclusion de ces enquêtes parce que ce genre de fuites là touchent des Canadiens.»
Le Devoir révélait hier que la GRC a ouvert une enquête criminelle sur l'identité de ces fameuses «sources anonymes canadiennes» citées dans les journaux anglophones depuis quelques mois. Ces personnes sans visage véhiculent des informations noircissant la réputation de Maher Arar, ce Canadien d'origine syrienne qui a été expulsé en Syrie par les États-Unis.
M. Martin dit avoir confiance de pouvoir obtenir toutes les informations nécessaires de la GRC et du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) pour aller au fond des choses, même si de nouvelles révélations démontrent que son prédécesseur, Jean Chrétien, n'avait pas pu obtenir tous les faits.
Dans son édition d'hier, le Globe and Mail fait en effet état d'une note obtenue par la famille Arar démontrant que la classe politique n'était pas capable d'obtenir certaines informations de la GRC. Ainsi, le greffier du Conseil privé, Alex Himelfarb — le grand patron de la fonction publique —, a rédigé une note de trois pages à l'intention du premier ministre 10 jours après l'expulsion de Maher Arar. Selon le Globe and Mail, ce document relate tous les efforts diplomatiques déployés dans ce dossier mais indique qu'on ne sait rien de l'implication de la GRC. «On ignore à ce moment-ci si M. Arar fait l'objet d'une enquête criminelle de la GRC», est-il écrit.
Ces nouvelles révélations ont ravivé les demandes pour une enquête publique indépendante. Kerry Pither, qui représente M. Arar, croit qu'une telle enquête serait beaucoup plus utile que le dédoublement de démarches auquel on assiste (l'enquête criminelle s'ajoutant aux enquêtes internes à la GRC et au SCRS). Elle se dit toutefois heureuse que les fuites soient enfin prises au sérieux. «La GRC et le SCRS traversent une crise de crédibilité avec cette affaire. Et ces organisations tentent de se blanchir aux yeux du public avec ces fuites. On tente très clairement de discréditer Maher Arar.»
Même son de cloche du côté du Bloc québécois. On sourcille à l'idée que ce soit la GRC qui enquête sur les fuites, provenant probablement... d'agents de la GRC! La porte-parole et députée Francine Lalonde note en outre que la note n'est pas la première preuve du flou entourant les activités de la GRC.
«Rappelons que l'ancien solliciteur général, Wayne Easter, ne savait même pas si la GRC avait fourni de l'information aux Américains. C'est plutôt Colin Powell qui a informé le gouvernement fédéral de la participation de la GRC dans cette affaire. C'est un peu fort! Si personne ne sait quoi que ce soit sur ce que fait la GRC, ça signifie qu'il y a un sérieux problème.»
Cotler peut parler
Par ailleurs, le ministre de la Justice, Irwin Cotler, a reçu le feu vert du conseiller en éthique, Howard Wilson, pour se prononcer sur le cas de Maher Arar. M. Cotler a reconnu avoir déjà oeuvré à titre de conseiller légal pour l'épouse de M. Arar alors qu'il était député. Il dit l'avoir fait gratuitement, mais il voulait savoir si, maintenant qu'il est le ministre de la Justice, cela le plaçait en conflit.
Pas du tout, a tranché M. Wilson hier après-midi. Du moment que M. Cotler se montre solidaire des décisions prises par le cabinet, il n'y a pas de problème. «Parce que cette question de M. Arar est une question politique, explique M. Wilson. Ce serait différent si M. Cotler, comme avocat, avait représenté une personne dans une action contre le gouvernement du Canada. Pour moi, c'est une distinction clé.» Le fait qu'il n'ait pas été payé a aussi pesé dans la balance, reconnaît M. Wilson.
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