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    Transferts fédéraux en santé

    Les provinces doivent forcer Ottawa à faire marche arrière

    Le Conseil des Canadiens demande aux politiciens provinciaux de «faire preuve de leadership»

    13 juillet 2015 |Anabel Cossette Civitella | Canada

    Les transferts fédéraux en matière de santé seront amputés de 36 milliards en 10 ans, dénonce le Conseil des Canadiens, qui demande aux premiers ministres provinciaux d’aborder ce problème lors du Conseil de la fédération, la semaine prochaine.

     

    Pour Michael Butler, responsable de la campagne pour la santé auprès de l’organisation, les 36 milliards en moins ouvrent la porte à la privatisation du système de santé au Canada. « Déjà, les coupes se font sentir », dit-il.

     

    Le 31 mars 2014, l’accord fédéral sur la santé a pris fin. Si autrefois on prévoyait une hausse du financement de 6 % par année, avec la fin de l’accord fédéral sur la santé, dès 2017, les transferts en santé n’augmenteront qu’avec la croissance du PIB, avec un seuil minimum de 3 %.

     

    Le Conseil des Canadiens déplore le fait que les transferts fédéraux prendront en compte uniquement la population des provinces plutôt que les différences entre les données démographiques, le salaire moyen, la géographie, etc.

     

    Pour Michael Butler, le gouvernement conservateur est en train de détruire le legs des dernières décennies. « C’est un démantèlement structurel, s’insurge-t-il. Trop de gens ont travaillé trop longtemps et trop fort pour que le régime d’assurance maladie universel glisse entre les mains des générations futures. »

     

    Selon les chiffres du Syndicat canadien de la fonction publique, l’argent dépensé en santé par le fédéral dans les 10 prochaines années devrait tomber sous les 19 cents pour chaque dollar investi, soit deux fois moins que dans les années 1960 et 1970.

     

    Murray Rankin, porte-parole en matière de santé au Nouveau Parti démocratique, déplore cette détérioration du financement en santé. Le député de Victoria croit que les changements passeront par les élections, à l’automne. « Nous, on remettra en place les 36 milliards de transferts fédéraux aux provinces », assure-t-il. Pour combler le manque à gagner, Murray Rankin soulève qu’il y aurait maintes manières d’améliorer le système de santé public.

     

    Plus de leadership

     

    Pour contrecarrer les plans du gouvernement fédéral, le Conseil des Canadiens demande aux premiers ministres provinciaux de faire preuve de leadership et de forcer Ottawa à revenir sur ses pas.

     

    « Si le gouvernement fédéral ne veut pas sauver le système de santé public, ce sont aux premiers ministres provinciaux de le faire, car ils savent ce que ça aura comme répercussions », indique Michael Butler. Pour lui, l’enjeu des transferts fédéraux en santé est l’éléphant dans la pièce. Il craint que les politiciens, en Conseil de la fédération la semaine prochaine, fuient ce sujet épineux pour parler d’autres enjeux, comme le prix du pétrole et son effet sur l’économie, par exemple. Pourtant, pour le Québec, on parle d’une perte de 8 milliards, rappelle M. Butler. « C’est énorme ! »

     

    Idéologie de privatisation

     

    Se dirige-t-on vers un système de santé privé ? « Les loups sont déjà aux portes », illustre M. Butler, qui est conscient que tous les premiers ministres qui se rencontreront en conseil n’ont pas nécessairement à coeur le système public en santé. Le Québec et la Colombie-Britannique sont d’ailleurs les champions de la privatisation au Canada, estime le Conseil des Canadiens.

     

    Dans le contexte, que peut-on attendre d’une rencontre entre les premiers ministres des provinces ? « J’aurais plus confiance si on avait un gouvernement provincial qui voulait, lui, investir en santé », souligne Isabelle Leblanc, présidente de Médecins québécois pour le régime public.

     

    Pour elle, le désengagement du fédéral dans les soins de santé aura pour effet d’encourager davantage la désassurance de certains actes médicaux au Québec. Elle anticipe aussi des coupes en santé publique, par exemple en prévention.

     

    Néanmoins, Mme Leblanc reste optimiste. « Le milieu va se mobiliser, que ce soit les infirmières, les pharmaciens ou les citoyens… et peut-être que le gouvernement libéral va finir par les écouter. »













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