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Le SCRS s'intéresse à Amir Khadir

9 janvier 2004  Canada
Un militant opposé à la mondialisation a eu droit mercredi à une visite impromptue d'une vingtaine de minutes à son domicile de la part de deux agents du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

Guillaume Tremblay y a vu une tentative d'intimidation à son endroit et d'insinuation au sujet d'un collègue de lutte politique, Amir Khadir.

Pour dissuader le SCRS de revenir le voir et afin d'encourager d'autres militants qui ont vécu la même situation à la dénoncer publiquement, M. Tremblay a tenu une conférence de presse hier dans les locaux de l'Union des forces progressistes (UFP).

MM. Tremblay et Khadir se connaissent bien, ayant tous deux été candidats pour l'UFP aux élections générales d'avril 2003.

Selon M. Tremblay, l'agent Philippe Thibault et une collègue se disant spécialiste des affaires terroristes pour le SCRS auraient dit être à la recherche des noms et numéros de téléphone de personnes ayant des comportements violents au sein du mouvement altermondialiste.

Ils auraient également demandé à M. Tremblay s'il avait l'adresse et le numéro de téléphone du militant Jaggi Singh et s'il croyait qu'Amir Khadir faisait partie d'un groupe terroriste.

Ils auraient affirmé qu'ils étaient prêts à payer pour ces informations, a rapporté M. Tremblay, et qu'ils ne s'occupaient que du groupe altermondialiste et non du groupe indépendantiste.

«Parce que j'ai participé à une manif, le SCRS débarque chez moi. Ça soulève des questions sur les libertés civiles», a dit M. Tremblay.

Pour sa part, Amir Khadir considère que cette façon de faire traduit la volonté du gouvernement canadien «de participer au délire sécuritaire qui frappe nos voisins du Sud».

«Nous trouvons que c'est un prétexte pour intimider les gens qui militent légitimement contre une mondialisation marchande et injuste», a-t-il fait valoir.

Amir Khadir et Guillaume Tremblay, tous deux candidats de l'UFP aux dernières élections québécoises, ont également été arrêtés en juillet dernier en marge des travaux menés à Montréal par l'Organisation mondiale du commerce.

Guillaume Tremblay avait aussi été arrêté en mai 1998 lors de l'opération SalAMI pour dénoncer les travaux sur l'Accord multilatéral sur l'investissement. Il avait alors été accusé d'attroupement illégal et d'entrave au travail policier. Il avait payé une amende et séjourné en prison.






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