Affaire Arar - La GRC ouvre une enquête
9 janvier 2004
Canada
La Gendarmerie royale du Canada a ouvert une enquête criminelle pour faire la lumière sur les fuites anonymes dans les médias par de hauts responsables canadiens à propos de Maher Arar, ce Canadien d'origine syrienne expulsé par les États-Unis.
C'est ce qu'a révélé au Devoir hier en entrevue la nouvelle ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Anne McLellan. «Je ne sais rien de plus sur ces fuites que ce que j'en lis dans les journaux, a dit la ministre. On fait référence à des sources anonymes, blablabla. Alors, ils [les agents de la GRC] mèneront une enquête criminelle comme ils le feraient dans tout autre dossier. [...] Il n'est pas clair d'où proviennent ces sources.»
Comme il est d'usage, la ministre n'a pas voulu en dire davantage afin de ne pas nuire à l'enquête. Mme McLellan ne peut même pas confirmer que ces sources anonymes travaillent à la GRC ou au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) dont elle est maintenant responsable.
C'est que les sources anonymes se sont multipliées dans les médias anglophones au sujet de Maher Arar. Toutes ces déclarations non attribuées visent à noircir M. Arar, à démontrer que le Canada le surveillait depuis quelque temps et à prouver que les États-Unis avaient de bonnes raisons de l'expulser vers la Syrie. M. Arar a été intercepté à New York par les autorités américaines le 26 septembre 2002 et, sous des soupçons d'appartenance au réseau al-Qaïda, il a été expulsé en Syrie même s'il voyageait avec un passeport canadien. Il est resté un an en prison et n'a jamais été accusé.
La dernière fuite incriminante remonte au 30 décembre dernier. Elle provient d'une source canadienne citée dans le National Post. «Cet homme n'est pas un saint», dit cette source. Les services de renseignement américains comme canadiens seraient à «100 % sûrs» que M. Arar s'est entraîné dans un camp en Afghanistan.
Dans ce même article, d'autres sources non identifiées prétendent que la GRC avaient posté six agents à l'aéroport de Dorval le 27 septembre 2002 pour cueillir Maher Arar à son retour au Canada. Il ne s'est jamais présenté puisque les Américains ont eu la même idée. Ces mêmes sources déplorent l'expulsion. «Les Américains ont fait toute une erreur en l'expulsant vers la Syrie. La meilleure façon aurait été de maintenir la surveillance sur lui.» Cette même source prétend que les Américains ont un volumineux dossier sur M. Arar. «Si les Américains déclassifiaient cette information, ça vous dresserait les cheveux sur la tête.»
M. Arar a été relâché cet automne par la Syrie comme il a été emprisonné: sans aucune raison apparente. Il est revenu à son domicile d'Ottawa où il n'a jamais été importuné par les autorités canadiennes.
Quelque temps avant son retour, d'autres sources citées par le réseau CTV et les quotidiens Ottawa Sun et Toronto Star ont noirci sa réputation. Il aurait fourni des informations à la Syrie concernant des cellules dormantes d'al-Qaïda au Canada et il connaissait des membres d'al-Qaïda, soutiennent ces informateurs sans visage. Selon le Toronto Star, c'est parce que le Canada ne voulait pas promettre que Maher Arar serait arrêté à son retour au pays que les États-Unis ont préféré l'expulser vers la Syrie.
Toutes ces fuites donnent une seule et même impression: les autorités canadiennes, critiquées pour avoir communiqué des informations sur Maher Arar aux Américains, tentent de démontrer qu'elles avaient raison de se méfier de cet homme. L'ex-solliciteur général Wayne Easter avait demandé que les fuites cessent, mais en vain. La classe politique a-t-elle le contrôle de ses agences policières? La nouvelle ministre se montre très prudente.
«Jamais je ne présumerais que des organisations comme le SCRS ou la GRC et les gens qui y travaillent retiendraient ou déformeraient délibérément des informations que j'aurais spécifiquement demandées, répond Mme McLellan. Je n'ai aucune raison de croire que les responsables de ces organisations sont autre chose qu'ouverts à partager l'information qu'ils détiennent.»
C'est ce qu'a révélé au Devoir hier en entrevue la nouvelle ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Anne McLellan. «Je ne sais rien de plus sur ces fuites que ce que j'en lis dans les journaux, a dit la ministre. On fait référence à des sources anonymes, blablabla. Alors, ils [les agents de la GRC] mèneront une enquête criminelle comme ils le feraient dans tout autre dossier. [...] Il n'est pas clair d'où proviennent ces sources.»
Comme il est d'usage, la ministre n'a pas voulu en dire davantage afin de ne pas nuire à l'enquête. Mme McLellan ne peut même pas confirmer que ces sources anonymes travaillent à la GRC ou au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) dont elle est maintenant responsable.
C'est que les sources anonymes se sont multipliées dans les médias anglophones au sujet de Maher Arar. Toutes ces déclarations non attribuées visent à noircir M. Arar, à démontrer que le Canada le surveillait depuis quelque temps et à prouver que les États-Unis avaient de bonnes raisons de l'expulser vers la Syrie. M. Arar a été intercepté à New York par les autorités américaines le 26 septembre 2002 et, sous des soupçons d'appartenance au réseau al-Qaïda, il a été expulsé en Syrie même s'il voyageait avec un passeport canadien. Il est resté un an en prison et n'a jamais été accusé.
La dernière fuite incriminante remonte au 30 décembre dernier. Elle provient d'une source canadienne citée dans le National Post. «Cet homme n'est pas un saint», dit cette source. Les services de renseignement américains comme canadiens seraient à «100 % sûrs» que M. Arar s'est entraîné dans un camp en Afghanistan.
Dans ce même article, d'autres sources non identifiées prétendent que la GRC avaient posté six agents à l'aéroport de Dorval le 27 septembre 2002 pour cueillir Maher Arar à son retour au Canada. Il ne s'est jamais présenté puisque les Américains ont eu la même idée. Ces mêmes sources déplorent l'expulsion. «Les Américains ont fait toute une erreur en l'expulsant vers la Syrie. La meilleure façon aurait été de maintenir la surveillance sur lui.» Cette même source prétend que les Américains ont un volumineux dossier sur M. Arar. «Si les Américains déclassifiaient cette information, ça vous dresserait les cheveux sur la tête.»
M. Arar a été relâché cet automne par la Syrie comme il a été emprisonné: sans aucune raison apparente. Il est revenu à son domicile d'Ottawa où il n'a jamais été importuné par les autorités canadiennes.
Quelque temps avant son retour, d'autres sources citées par le réseau CTV et les quotidiens Ottawa Sun et Toronto Star ont noirci sa réputation. Il aurait fourni des informations à la Syrie concernant des cellules dormantes d'al-Qaïda au Canada et il connaissait des membres d'al-Qaïda, soutiennent ces informateurs sans visage. Selon le Toronto Star, c'est parce que le Canada ne voulait pas promettre que Maher Arar serait arrêté à son retour au pays que les États-Unis ont préféré l'expulser vers la Syrie.
Toutes ces fuites donnent une seule et même impression: les autorités canadiennes, critiquées pour avoir communiqué des informations sur Maher Arar aux Américains, tentent de démontrer qu'elles avaient raison de se méfier de cet homme. L'ex-solliciteur général Wayne Easter avait demandé que les fuites cessent, mais en vain. La classe politique a-t-elle le contrôle de ses agences policières? La nouvelle ministre se montre très prudente.
«Jamais je ne présumerais que des organisations comme le SCRS ou la GRC et les gens qui y travaillent retiendraient ou déformeraient délibérément des informations que j'aurais spécifiquement demandées, répond Mme McLellan. Je n'ai aucune raison de croire que les responsables de ces organisations sont autre chose qu'ouverts à partager l'information qu'ils détiennent.»
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