À quoi ressemblera ce bouclier?
Le Canada et les États-Unis peuvent bien discuter du bouclier antimissiles, mais le projet américain a des contours si flous et compte tellement d'éléments expérimentaux que personne ne peut décrire avec certitude ce à quoi il ressemblera dans quelques années.
Le système antimissiles envisagé par le président George Bush est bien différent de l'Initiative de défense stratégique (IDS, ou «guerre des étoiles») dont rêvait Ronald Reagan au début des années 80. Le projet actuel ne cherche pas à stopper une attaque massive mais seulement un lancement accidentel ou une attaque isolée en provenance d'un État dit voyou.
Contrairement à l'IDS, entièrement déployée dans l'espace, le système de défense antimissiles du président Bush s'appuie avant tout sur des intercepteurs basés au sol ou en mer. Le volet spatial, quant à lui, se limite pour l'instant à des satellites de détection.
Le volet spatial est au coeur du débat car si les militaires sont déjà présents dans l'espace avec leurs satellites, ils n'y ont pas encore déployé d'armes. Or le déploiement des intercepteurs spatiaux mènerait à l'«arsenalisation» de l'espace, ce que rejettent le Canada et la quasi-totalité des pays.
«Il n'y a pour l'instant aucun plan visant à déployer des intercepteurs basés dans l'espace. On se concentre pour le moment sur le système au sol et en mer. Le volet spatial est en veilleuse car le financement que nous avons obtenu est seulement suffisant pour soutenir les intercepteurs au sol et en mer, pas ceux dans l'espace. La recherche se poursuit quand même car elle dure depuis longtemps, et on ne va pas tout abandonner comme ça», explique Rick Lehner, porte-parole de la Missile Defense
Agency, à Washington.
Les États-Unis n'écartent donc pas l'idée d'un déploiement d'intercepteurs spatiaux. Ils attendent toutefois, en plus des fonds, les développements technologiques et scientifiques nécessaires.
Le principe du bouclier est relativement simple bien que très difficile à réaliser d'un point de vue technologique. Il s'agit de lancer un missile balistique pour en détruire un autre grâce à la seule puissance de l'impact. C'est un peu comme si on voulait arrêter une balle de fusil avec une autre.
Les Américains ont réalisé huit tests d'interception au-dessus du Pacifique, dont cinq réussis, mais le dernier, effectué il y a plus d'un an, a échoué. Malgré cela, six jours plus tard, soit le 17 décembre 2002, le président Bush annonçait le début du déploiement d'un système antimissiles destiné à évoluer au gré des développements technologiques. Le programme a bénéficié d'un budget de 10,5 milliards $CAN en 2003. De 2003 à 2007 inclusivement, il totalisera 56 milliards.
La première étape consiste à déployer, pendant la deuxième moitié de 2004, six intercepteurs de missiles intercontinentaux (portée supérieure à 5500 kilomètres) à Fort Greely, en Alaska, et à en installer quatre sur la base aérienne Vanderberg, en Californie. Quatorze autres intercepteurs seront déployés en Alaska en 2005.
Toujours en 2005, jusqu'à 20 intercepteurs de missiles de courte portée (moins de 800 kilomètres) et de moyenne portée (de 800 à 2400 kilomètres) seront installés sur des croiseurs équipés du système d'armement Aegis. Des missiles Patriot de troisième génération, basés au sol, seront aussi intégrés au système.
Des système de détection au sol, en mer et dans l'espace seront utilisés. Il s'agit de satellites existants, de radars qui seront mis à niveau cette année, situés aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Groenland, ainsi que de nouveaux radars à haute définition qui doivent être construits d'ici la fin 2005.
D'autres éléments de plus en plus perfectionnés s'ajouteront au fil des ans, mais aucun n'a été mis à l'essai à ce jour. En fait, même le système actuel n'a pas été entièrement testé. Un seul test a eu lieu dans le cas du système installé sur les croiseurs. Les intercepteurs au sol ont tous été mis à l'épreuve avec des missiles Minuteman alors qu'un nouveau missile sera utilisé en Alaska et en Californie. Ce missile d'Orbital Science subira son premier test seulement en avril ou mai.
Le projet du président Bush est plus complexe que l'IDS du président Reagan car il vise à intercepter tous les types de missiles balistiques, pas seulement les missiles intercontinentaux. De plus, on cherche à le doter de la capacité de les arrêter à toutes les étapes de leur trajectoire, soit au moment de la propulsion, à mi-parcours et lors de la phase de descente.
La technologie actuelle ne fonctionne qu'à mi-parcours, la portion la plus longue et la plus prévisible de la trajectoire du missile. Le hic, c'est que pendant cette phase, des leurres et des mesures de diversion peuvent aussi être utilisés, rendant la détection du véritable missile à peu près impossible. Le système actuel n'a jamais été testé dans ces conditions.
Quant au projet d'interception en phase de propulsion, celle en laquelle Washington fondait beaucoup d'espoir, elle a reçu beaucoup de plomb dans l'aile l'été dernier avec la publication d'un rapport scientifique dévastateur de l'American Physical Society. Selon ses auteurs, l'interception est possible, mais le délai disponible est si court qu'il faudrait baser l'intercepteur trop près de la cible, voire sur le territoire ennemi.
Le système antimissiles envisagé par le président George Bush est bien différent de l'Initiative de défense stratégique (IDS, ou «guerre des étoiles») dont rêvait Ronald Reagan au début des années 80. Le projet actuel ne cherche pas à stopper une attaque massive mais seulement un lancement accidentel ou une attaque isolée en provenance d'un État dit voyou.
Contrairement à l'IDS, entièrement déployée dans l'espace, le système de défense antimissiles du président Bush s'appuie avant tout sur des intercepteurs basés au sol ou en mer. Le volet spatial, quant à lui, se limite pour l'instant à des satellites de détection.
Le volet spatial est au coeur du débat car si les militaires sont déjà présents dans l'espace avec leurs satellites, ils n'y ont pas encore déployé d'armes. Or le déploiement des intercepteurs spatiaux mènerait à l'«arsenalisation» de l'espace, ce que rejettent le Canada et la quasi-totalité des pays.
«Il n'y a pour l'instant aucun plan visant à déployer des intercepteurs basés dans l'espace. On se concentre pour le moment sur le système au sol et en mer. Le volet spatial est en veilleuse car le financement que nous avons obtenu est seulement suffisant pour soutenir les intercepteurs au sol et en mer, pas ceux dans l'espace. La recherche se poursuit quand même car elle dure depuis longtemps, et on ne va pas tout abandonner comme ça», explique Rick Lehner, porte-parole de la Missile Defense
Agency, à Washington.
Les États-Unis n'écartent donc pas l'idée d'un déploiement d'intercepteurs spatiaux. Ils attendent toutefois, en plus des fonds, les développements technologiques et scientifiques nécessaires.
Le principe du bouclier est relativement simple bien que très difficile à réaliser d'un point de vue technologique. Il s'agit de lancer un missile balistique pour en détruire un autre grâce à la seule puissance de l'impact. C'est un peu comme si on voulait arrêter une balle de fusil avec une autre.
Les Américains ont réalisé huit tests d'interception au-dessus du Pacifique, dont cinq réussis, mais le dernier, effectué il y a plus d'un an, a échoué. Malgré cela, six jours plus tard, soit le 17 décembre 2002, le président Bush annonçait le début du déploiement d'un système antimissiles destiné à évoluer au gré des développements technologiques. Le programme a bénéficié d'un budget de 10,5 milliards $CAN en 2003. De 2003 à 2007 inclusivement, il totalisera 56 milliards.
La première étape consiste à déployer, pendant la deuxième moitié de 2004, six intercepteurs de missiles intercontinentaux (portée supérieure à 5500 kilomètres) à Fort Greely, en Alaska, et à en installer quatre sur la base aérienne Vanderberg, en Californie. Quatorze autres intercepteurs seront déployés en Alaska en 2005.
Toujours en 2005, jusqu'à 20 intercepteurs de missiles de courte portée (moins de 800 kilomètres) et de moyenne portée (de 800 à 2400 kilomètres) seront installés sur des croiseurs équipés du système d'armement Aegis. Des missiles Patriot de troisième génération, basés au sol, seront aussi intégrés au système.
Des système de détection au sol, en mer et dans l'espace seront utilisés. Il s'agit de satellites existants, de radars qui seront mis à niveau cette année, situés aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Groenland, ainsi que de nouveaux radars à haute définition qui doivent être construits d'ici la fin 2005.
D'autres éléments de plus en plus perfectionnés s'ajouteront au fil des ans, mais aucun n'a été mis à l'essai à ce jour. En fait, même le système actuel n'a pas été entièrement testé. Un seul test a eu lieu dans le cas du système installé sur les croiseurs. Les intercepteurs au sol ont tous été mis à l'épreuve avec des missiles Minuteman alors qu'un nouveau missile sera utilisé en Alaska et en Californie. Ce missile d'Orbital Science subira son premier test seulement en avril ou mai.
Le projet du président Bush est plus complexe que l'IDS du président Reagan car il vise à intercepter tous les types de missiles balistiques, pas seulement les missiles intercontinentaux. De plus, on cherche à le doter de la capacité de les arrêter à toutes les étapes de leur trajectoire, soit au moment de la propulsion, à mi-parcours et lors de la phase de descente.
La technologie actuelle ne fonctionne qu'à mi-parcours, la portion la plus longue et la plus prévisible de la trajectoire du missile. Le hic, c'est que pendant cette phase, des leurres et des mesures de diversion peuvent aussi être utilisés, rendant la détection du véritable missile à peu près impossible. Le système actuel n'a jamais été testé dans ces conditions.
Quant au projet d'interception en phase de propulsion, celle en laquelle Washington fondait beaucoup d'espoir, elle a reçu beaucoup de plomb dans l'aile l'été dernier avec la publication d'un rapport scientifique dévastateur de l'American Physical Society. Selon ses auteurs, l'interception est possible, mais le délai disponible est si court qu'il faudrait baser l'intercepteur trop près de la cible, voire sur le territoire ennemi.
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