Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Les gestes à poser pour rendre possible la réconciliation

    3 juin 2015 | Hélène Buzzetti - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    Depuis le début de ses travaux en 2008, la Commission de vérité et réconciliation a entendu près de 7000 témoignages, surtout de ces enfants aujourd’hui adultes qui ont dû renier leurs origines de <em>«sauvages»</em> dans le pensionnat qu’ils étaient forcés de fréquenter.
    Photo: Archives Des Châtelets Depuis le début de ses travaux en 2008, la Commission de vérité et réconciliation a entendu près de 7000 témoignages, surtout de ces enfants aujourd’hui adultes qui ont dû renier leurs origines de «sauvages» dans le pensionnat qu’ils étaient forcés de fréquenter.

    Plusieurs des 94 recommandations dévoilées mardi par la Commission de vérité et réconciliation (CVR) visent le même objectif : sensibiliser les Canadiens de tous horizons aux enjeux autochtones pour que s’ouvre un nouveau chapitre dans les relations avec les Premières Nations.

     

    Il est ainsi suggéré que la formation obligatoire des avocats, infirmières et journalistes en herbe inclue un cours sur les enjeux autochtones, l’histoire et l’impact des écoles résidentielles, les traités et la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. La CVR recommande que la formation du clergé inclue un cours sur le respect de la spiritualité autochtone. Que le curriculum des écoles primaires et secondaires de tout le pays inclue un enseignement sur les pensionnats autochtones. Et que l’histoire des traités autochtones et des pensionnats soit ajoutée au livret d’information sur le Canada donné aux nouveaux arrivants.

     

    Le rapport de la Commission rappelle que la réconciliation est difficile dans un contexte où de nombreux conflits persistent à propos de l’éducation autochtone ou encore la justice. « Trop de Canadiens savent peu ou prou des profondes racines historiques de ces conflits, est-il écrit. Ce manque de connaissances historiques a de sérieuses conséquences sur les Premières Nations, les Inuits et les Métis, et le Canada dans son ensemble. Dans les cercles gouvernementaux, cela mène à des politiques publiques de piètre qualité. Dans le domaine public, cela renforce les attitudes racistes et alimente la méfiance entre les peuples autochtones et les autres Canadiens. […] L’histoire joue un rôle important dans la réconciliation. Pour bâtir le futur, les Canadiens doivent regarder le passé en face et en tirer des leçons. »

     

    Certaines recommandations de la Commission seront probablement assez faciles à mettre en oeuvre, si tel est le désir du gouvernement. Par exemple, le rapport suggère de permettre aux enfants des pensionnats, qui avaient été affublés d’un nom à consonance plus européenne, de retrouver leur nom autochtone sans avoir à débourser les frais administratifs habituels. D’autres recommandations sont plus profondes, et à portée plus large. Ainsi, on demande de revoir le système de justice pour enrayer la surreprésentation autochtone derrière les barreaux. De la même manière, on exige que soit revu le régime de protection de l’enfance, où les enfants autochtones sont huit fois plus susceptibles de se retrouver que les non-autochtones, selon la commissaire Marie Wilson.

     

    « On doit arriver à faire des liens, dit Mme Wilson. On doit réaliser que plusieurs de ces enfants sont des survivants intergénérationnels, victimes des traumatismes vécus par leurs parents ou leurs grands-parents, qui sont passés par les écoles résidentielles. »

     

    À cet égard, la Commission recommande de placer les enfants dans un « environnement culturellement approprié » et de sensibiliser à la réalité des Premières Nations les travailleurs sociaux qui ont à intervenir dans des dossiers autochtones. La Commission va jusqu’à recommander « de reconnaître le droit des gouvernements autochtones d’établir et gérer leurs propres agences de protection de l’enfance ». La CVR demande qu’un rapport annuel national soit élaboré, en collaboration avec les provinces, sur le nombre de placements d’enfants autochtones et sur la manière de comparer ce chiffre au placement des autres enfants.

     

    Ce besoin de cumuler des données s’exprime dans d’autres sphères d’activité. En santé, la CVR propose la publication d’un rapport annuel établissant des données comparatives autochtones et non autochtones sur la mortalité infantile, la santé maternelle, le taux de suicide, la santé mentale, les dépendances, le taux de natalité et l’espérance de vie, entre autres.

     

    En matière culturelle, la Commission propose la création d’un poste de commissaire aux langues autochtones, qui veillerait à faire la promotion de ces langues en voie d’extinction et à assurer que le financement fédéral pour en assurer la pérennité soit adéquat.













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.