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    Des agentes dénoncent le sexisme de la GRC

    La Cour suprême de la Colombie-Britannique doit décider cette semaine si elle autorise une action collective de 362 membres de la force policière

    1 juin 2015 | Tamsyn Burgmann - La Presse canadienne à Vancouver | Canada
    Depuis 2012, plus de 100 femmes ont déposé leur témoignage pour nourrir l’action collective.
    Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir Depuis 2012, plus de 100 femmes ont déposé leur témoignage pour nourrir l’action collective.

    La Québécoise Johanne Mayer se souvient très bien de son accueil, à 22 ans, au sein de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), à Gibson, en Colombie-Britannique. Le sergent lui a serré la main, tout en lui disant ouvertement que les femmes ne devraient pas être dans la police fédérale, « surtout pas des francophones ».

     

    Ce n’était pas la fin de ses épisodes de discrimination sexuelle. Mme Mayer affirme avoir passé deux ans à effectuer des « tâches sexistes », comme préparer le café de ses collègues ou faire le ménage des voitures de patrouille.

     

    Vingt-cinq ans plus tard, la policière a décidé de se joindre en 2012 à plusieurs centaines d’autres agentes ou anciennes agentes de la GRC pour intenter une action collective en lien avec des allégations de discrimination, d’intimidation et de harcèlement auprès des employées du corps policier.

     

    C’est lundi que l’audience de cinq jours pour certifier ou non l’action collective des 362 femmes commencera à la Cour suprême de la Colombie-Britannique.

     

    Regroupées

     

    « Je n’ai jamais confié à mes parents ou à personne ce qui m’est arrivé. Je suis passée à travers seule », a indiqué Mme Mayer, qui partira d’Ottawa pour aller en cour à Vancouver.

     

    Johanne Mayer a décidé de passer à l’action après avoir entendu l’histoire de Janet Merlo, cette policière comptant 19 ans d’expérience, originaire de la Colombie-Britannique, qui avait partagé sa propre expérience de discrimination dans la GRC.

     

    « Je me suis alors dit : “Moi aussi, j’ai vécu ça, peut-être que ce n’était pas de ma faute.” Honnêtement, j’avais refoulé tout ça. Je ne comprenais pas ce qui se passait à l’époque et j’avais trop peur pour le dénoncer », a expliqué Mme Mayer.

     

    Entre 2012 et aujourd’hui, une firme d’avocats a pu rassembler les témoignages de plus de 100 femmes avec des expériences concrètes, a souligné l’avocat David Klein. « Elles ont un lien en commun malheureux. Elles ont été soumises à du harcèlement systématique, de l’intimidation et de la discrimination sur une longue période de temps », a-t-il constaté.

     

    Me Klein devra justifier pourquoi il est nécessaire d’intenter une action collective plutôt que des poursuites individuelles. « En réalité, certaines requêtes sont trop mineures pour motiver une action individuelle. La seule façon que toutes ces femmes accèdent au système de justice civil passe par une action collective», a-t-il précisé.

     

    Aucune des requêtes n’a encore subi le test des tribunaux.

     

    Des mesures

     

    L’avocat reconnaît que la GRC a mis en place de nombreuses mesures pour diminuer la discrimination à l’égard des femmes, mais celles qui sont lésées persistent à avoir de la difficulté à dénoncer ces pratiques.

     

    Le porte-parole du ministère de la Sécurité publique Jeremy Laurin n’a pas voulu commenter le cas précis puisqu’il est devant les tribunaux. Il a toutefois rappelé que le gouvernement prenait cet enjeu très au sérieux. « Tous les membres de la GRC devraient se sentir en sécurité et respectés par leurs collègues et leurs patrons. Les Canadiens s’attendent à ce que leur police fédérale ait une conduite exemplaire et professionnelle », a-t-il déclaré dans un communiqué.













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