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    Inconduite sexuelle dans l’armée

    Un centre indépendant sera créé, promet Jason Kenney

    14 mai 2015 |La Presse canadienne | Canada

    Ottawa — Les Forces armées canadiennes (FAC) mettront sur pied un centre indépendant pour gérer les cas d’inconduite sexuelle, promet le ministre de la Défense, Jason Kenney.

     

    L’opposition a demandé des comptes, mercredi, après qu’il eut été révélé que le chef d’état-major des FAC, Tom Lawson, avait laissé entendre qu’il comptait faire fi de cette recommandation clé du rapport sur l’inconduite sexuelle, et ce, avant même le dépôt du document en question.

     

    Lorsqu’un député du Nouveau Parti démocratique (NPD) a demandé en Chambre si M. Kenney pouvait garantir qu’un centre indépendant serait créé, ce dernier s’est levé, a répondu « oui », puis s’est rassis.

     

    Un peu plus tard, à sa sortie d’un comité parlementaire, le ministre de la Défense a assuré qu’il avait toujours été clair dans son esprit — et dans celui de l’armée — que l’on se dirigeait vers la création d’un tel centre. « C’est la raison pour laquelle le chef d’état-major de la défense a confié en février au major-général Christine Whitecross le mandat de s’attaquer à ce dossier, pour éviter d’avoir à attendre le dépôt du rapport », a-t-il plaidé en point de presse.

     

    En février, le général Lawson écrivait à 21 hauts gradés que les « autorités judiciaires actuellement responsables des enquêtes sur les inconduites sexuelles resteront inchangées », selon un document obtenu par la CBC.

     

    Les FAC avaient alors entre les mains une version préliminaire du rapport sur l’inconduite sexuelle qui avait été commandé à l’ancienne juge de la Cour suprême du Canada Marie Deschamps.

     

    Mais il ne s’agissait pas là d’une directive contraignante, s’est défendu le numéro un des FAC par voie de communiqué, mercredi.

     

    « Ces hypothèses de planification ne devraient aucunement être perçues comme des contraintes qui lui sont imposées ou des ordres lui imposant d’ignorer les recommandations contenues dans le rapport final. Une telle supposition est tout simplement fausse », a-t-il soutenu.

     

    « Les comportements sexuels inappropriés n’ont pas leur place dans les Forces armées canadiennes d’aujourd’hui, et nous prendrons des mesures solides afin de susciter des changements positifs », a poursuivi le numéro un des FAC dans la même déclaration.

     

    Dans la version finale d’un rapport qui concluait à l’existence d’une « culture de sexualisation » qui est « hostile » aux femmes et aux minorités sexuelles, la juge à la retraite avait formulé dix recommandations.

     

    Lorsque le document a été rendu public le 30 avril dernier, l’armée a accepté deux recommandations sans réserve. Les huit autres — dont la création d’un centre libre de toute influence de la part de la chaîne de commandement — avaient été acceptées « en principe ».

     

    Et même si Mme Deschamps avait plaidé avec insistance en conférence de presse que cette recommandation était « essentielle », le général Lawson n’avait pas voulu s’engager formellement à aller dans cette direction.

     

    Le ministre Kenney a refusé de dire ce qui a bien pu se passer entre ce moment et celui où il s’est levé de son siège aux Communes pour répondre « oui » à la question du député Jack Harris. Ce dernier estime qu’il était tout simplement devenu nécessaire pour le gouvernement de corriger le tir en raison de la grogne populaire. « Je pense que la population a constaté les réticences de l’armée […] à s’engager à mettre des changements de l’avant », a-t-il suggéré en point de presse mercredi en fin de journée.

     

    Le NPD prudent

     

    M. Harris a tenu à préciser qu’il ne tenait rien pour acquis, malgré l’engagement formulé mercredi par le ministre de la Défense. Celui-ci n’a pas voulu spéculer sur le temps que la création d’une nouvelle entité indépendante pourrait prendre. Il a cependant affirmé que cela ne passerait pas forcément par des modifications législatives : « Ce n’est pas une question politique. C’est une question pour les Forces armées canadiennes », a dit M. Kenney.

     

    Les parlementaires seront toutefois bientôt invités à légiférer pour renforcer la protection des victimes qui sont membres des Forces armées, a révélé de manière tout aussi inopinée le ministre de la Défense lors d’un témoignage devant un comité parlementaire.

     

    « Je suis heureux d’annoncer que le gouvernement a l’intention de déposer un projet de loi pour modifier la Loi sur la Défense nationale », a lâché Jason Kenney, précisant que cette pièce législative s’apparenterait à la Loi sur la Charte des droits des victimes récemment adoptée.













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