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    Victoire néodémocrate en Alberta

    Une vague orange nommée Rachel Notley

    7 mai 2015 |Philippe Orfali | Canada

    La vague orange a bel et bien déferlé sur l’Alberta, mardi, engloutissant tout ou presque du gouvernement conservateur sur son passage. Une victoire éclatante pour le NPD et pour sa charismatique leader Rachel Notley, dont les répercussions pourraient se faire sentir à l’échelle de la fédération au cours des mois à venir.

     

    Le Nouveau Parti démocratique de l’Alberta et sa chef ont accompli ce qui paraissait invraisemblable il y a quelques semaines à peine en évinçant la dynastie conservatrice au pouvoir depuis quatre décennies, faisant élire une majorité de 53 députés néodémocrates sur les 87 que compte l’Assemblée.

     

    Le Wildrose, à la droite de l’échiquier politique, est lui aussi parvenu à arracher des sièges aux conservateurs afin de former l’opposition officielle à Edmonton, avec 21 élus. Au pouvoir sans interruption depuis octobre 1971, le parti est relégué au troisième rang, la plupart de ses ministres ayant été battus par des inconnus.

     

    Pour le premier ministre Jim Prentice, en poste depuis à peine huit mois et à l’origine du déclenchement hâtif des élections, la défaite et l’humiliation sont totales. Réélu dans sa circonscription, l’ex-ministre a aussitôt annoncé sa démission comme chef et comme député et son retrait de la vie politique. Son pari de déclencher des élections un an à l’avance, en invoquant le marasme économique de la province, s’est retourné contre lui.

     

    Cette victoire du NPD est avant tout celle de Rachel Notley, ont estimé mercredi plusieurs observateurs. Élue à la chefferie il y a quelques mois, la future première ministre a su se démarquer par son discours sensé et pragmatique, venu ajouter une bonne dose de crédibilité à la formation, analyse le sondeur Bruce Cameron, de la firme Research-on-Insight.

     

    « On l’a vu tout au long de la campagne : les gens l’aiment, peuvent lui faire confiance, la trouvent rassurante. Surtout, son ton et son image contrastaient tellement avec les autres leaders, tous des hommes d’un certain âge », résume-t-il. Même si Mme Notley a commis une importante bourde en cours de campagne en sous-évaluant de 1 milliard le coût de son plan budgétaire, « elle n’a pas hésité à reconnaître son erreur dès le lendemain. Cette honnêteté, plutôt que de la discréditer, lui a permis de faire gonfler ses chiffres encore davantage », analyse celui qui avait prévu à tort une remontée des conservateurs.

     

    Répercussions au fédéral

     

    Cette nouvelle est de bon augure pour le NPD fédéral de Thomas Mulcair, selon lui. « Si les Albertains, qu’on prétend conservateurs, peuvent élire un gouvernement NPD, pourquoi le Canada ne le ferait-il pas ? »

     

    Il faudra toutefois voir si la lune de miel se poursuit jusqu’aux élections d’octobre, souligne pour sa part Tom Flanagan, politologue à l’Université de Calgary et ex-proche collaborateur de Stephen Harper. Cet intellectuel ajoute que le NPD a largement bénéficié de la division du vote de droite entre les troupes de Jim Prentice et le Wildrose, et de la désintégration des appuis dont jouissaient les libéraux. « Le NPD n’a pas d’expérience du pouvoir, son caucus est relativement pauvre. Il faudra que Mme Notley réconcilie les éléments les plus à gauche de son parti et le vote de ces autres albertains qui ont placé leur confiance en elle pour ramener la province vers la prospérité. C’est un jeu d’équilibre. »

     

    Tant dans la province de l’énergie qu’à Ottawa, plusieurs s’inquiétaient des répercussions possibles d’un gouvernement de gauche à la tête de la troisième réserve mondiale de pétrole. La future première ministre a d’ailleurs consacré une bonne partie de son point de presse de mercredi à rassurer les pétrolières. Quoi qu’il arrive, « les décisions seront faites avec l’industrie, la principale créatrice d’emplois dans la province », a-t-elle dit, ce qui a semblé rassurer l’Association canadienne des producteurs pétroliers, qui rencontrera sous peu la première ministre. La victoire semble avoir mené à une baisse de 2,75 % des titres du secteur de l’énergie à la Bourse de Toronto, qui a terminé la séance en repli de 1 %. Mais la TD a annoncé que l’élection d’un gouvernement néodémocrate en Alberta ne « modifie pas les prévisions économiques » de la province, en dépit des éventuelles hausses d’impôt et de taxes prévues par les néodémocrates.













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