Christian Paradis ne se représentera pas

Christian Paradis a été de la première fournée conservatrice québécoise de 2006, réussissant à se faire élire dans Mégantic-L’Érable contre le bloquiste Marc Boulianne.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Christian Paradis a été de la première fournée conservatrice québécoise de 2006, réussissant à se faire élire dans Mégantic-L’Érable contre le bloquiste Marc Boulianne.

Le ministre conservateur du Québec Christian Paradis ne se représentera pas à l’élection cet automne. Celui qui était à Ottawa depuis 2006 tirera sa révérence politique, mais il conserve ses fonctions au Développement international d’ici là.

Christian Paradis, 41 ans, a été de la première fournée conservatrice québécoise de 2006, réussissant à se faire élire dans Mégantic-L’Érable contre le bloquiste Marc Boulianne. Dans une déclaration écrite, M. Paradis indique que sa décision « est personnelle ». « Il est temps de passer le flambeau et tourner sereinement la page afin d’écrire un nouveau chapitre de notre vie », dit-il à propos de sa famille. Il dit partir avec le sentiment du devoir accompli. « En politique, les gens qui n’accomplissent rien ne sont jamais critiqués. Je regarde en arrière avec fierté et sans regrets. En privé, en public, dans ma circonscription ou à Ottawa, j’ai toujours défendu ce que je considérais être juste, indépendamment de la rhétorique ou de la facilité. »

 

Shelly Glover part aussi

M. Paradis n’a pas accordé d’entrevue. Son départ a été éventé en même temps que celui de la ministre du Patrimoine canadien, Shelly Glover. Les deux conservent leur portefeuille d’ici le 19 octobre, permettant au premier ministre Harper de faire l’économie d’un autre remaniement ministériel en cette fin de mandat.

Le bureau du premier ministre a salué le travail des deux démissionnaires par courriel. « Nous remercions les ministres Paradis et Glover pour les années qu’ils ont passées au service de leur communauté et de leur pays. Nous comprenons tout à fait leur souhait de passer davantage de temps avec leur famille et nous leur offrons tous nos voeux. » M. Paradis a trois enfants et Mme Glover, cinq. Mme Glover avait révélé qu’elle avait été traitée pour un cancer de la peau l’année dernière, selon le réseau CTV. Elle a indiqué qu’elle souhaitait retourner à sa carrière de policière.

L’annonce de M. Paradis, la veille de Pâques, en a surpris plusieurs. Un collègue a confié au Devoir qu’il l’a vu récemment. « Il semblait satisfait de ses responsabilités à titre de ministre responsable de l’Agence canadienne de développement international [ACDI] et il se préparait » en vue de l’élection, se rappelle cette personne. D’ailleurs, après vérification, on constate que M. Paradis avait remporté son investiture en mai 2014, faisant de lui le candidat officiel du Parti conservateur dans Mégantic-L’Érable pour l’élection de cet automne.

Perte d’influence

Il faut dire que M. Paradis semblait avoir perdu de l’influence au sein du gouvernement. Au remaniement de 2013, il avait perdu l’important ministère de l’Industrie ainsi que son titre de lieutenant pour le Québec. « Le Québec compte pour le premier ministre. On veut faire mieux. On veut un nouveau souffle, une nouvelle paire d’yeux »,avait confié une source au Devoir à ce moment pour expliquer le remplacement de M. Paradis par Denis Lebel. On déplorait la timidité de M. Paradis et la difficulté à le convaincre de faire du terrain, en particulier à Montréal.

Cette perte d’influence était manifeste au cours des dernières semaines. Alors que le gouvernement répète que sa mission en Irak-Syrie comporte un important volet humanitaire, M. Paradis a joué un rôle plus que secondaire dans ce dossier. Il n’a même pas pris la parole pendant le débat sur l’extension de la mission cette semaine. Selon une source, les relations avec le bureau du premier ministre s’étaient énormément dégradées. L’entourage de M. Harper ne souhaitait pas accorder à M. Paradis davantage de responsabilités ou de visibilité. Ces deux annonces s’ajoutent à celle de John Baird, qui a démissionné de son poste en février dernier.

5 commentaires
  • François Masseau - Abonné 4 avril 2015 09 h 46

    Quelle perte !

    Je ne sais pas si on va s'en remettre...

  • Marc Martel - Abonné 4 avril 2015 10 h 16

    Peur du jugement du peuple

    Ce type avait complètement perdu la face en tant que ministre des transports lors de la tragédie de Lac Mégantic. Il n'avait pas eu l'honneteté intellectuelle ou politique de démisionner. Il appartiendra à la population maintenant de rejeter ce gouvernement incompétent et responsable de cette tragédie.

  • Daniel Gagnon - Abonné 4 avril 2015 11 h 16

    Sans une larme....

    Voilà le ministre conservateur Christian Paradis qui quitte, sans réprimande aucune, après cet outrage et cette avanie.

    Lac-Mégantic, situé au coeur des forêts, est un joyau comme avec son lac et son mont comme il y en a peu.

    Quarante-sept jeunes dansant encore dans un petit café un samedi soir au centre-ville de la petite ville endormie ont péri dans une explosion monstre, digne du temps de guerre, et que l'inénarrable premier ministre Stephen Harper a comparé à un bombardement.

    Les Conservateurs, si négligents et si inconscients, avec leur goût immodéré pour l’or noir, de leur immorale et irresponsable déréglementation, ont infligé un grand drame à cette région de Lac-Mégantic, région si vivante et simple, encore formée de terres intouchées, d'air pur et d'eau douce, lieu sacré encore o l'on peut encore observer la nature en silence et rêver de ce qu'elle a pu être anciennement, du temps des Amérindiens.

    Et voilà qu’il s'en va le ministre député de Lac-Mégantic, Christian Paradis, sans un examen de conscience de la part des Conservateurs, sans une remontrance, sans un reproche, sans une larme, après cet outrage monstrueux.

    Son départ ne suscite en nous aucune larme, plutôt à la fois un dégoût pour autant d'impudence et de cynisme, et un soulagement pour l'espoir d'une nouvelle enquête pour faire toute la lumière sur cette catastrophe annoncée.

  • Claude Gélinas - Abonné 4 avril 2015 14 h 36

    Espérons que le mimétisme stimulera Denis Lebel à suivre son collègue !

    Une autre bonne nouvelle serait le départ de Denis Lebel. L'ineffable haut parleur de Stephen Harper qui comme son maître à penser répète à satiété économie et emplois comme s'il ne pouvait pas marcher et parler en même temps.

    L'exemple-type du politicien qui a appris à parler dans le vide pour ne pas se faire prendre au piège. Alors, il tourne en rond, reste en surface, esquive les questions tout en évitant de ne pas accumuler les bourdes sans jamais aller au fond des choses. Vivement le changement !

  • Daniel Gagnon - Abonné 4 avril 2015 14 h 55

    Sans une larme

    Voilà le ministre conservateur Christian Paradis qui tire sa révérence après cette outrageuse indifférence qu’il a affiché à la suite de la catastrophe ferroviaire monstre qui a frappé son comté de Lac-Mégantic.

    Lac-Mégantic, situé au coeur des forêts, est un joyau comme avec son lac et son mont comme il y en a peu.

    Quarante-sept jeunes dansant encore dans un petit café un samedi soir au centre-ville de la petite ville endormie ont péri dans une explosion monstre, digne du temps de guerre, et que l'inénarrable premier ministre Stephen Harper a comparé à un bombardement.

    Et voilà donc qu’il s'en va le ministre député conservateur de Lac-Mégantic, Christian Paradis.

    Il tire sa révérence sans un examen de conscience de sa part, sans une larme.
    Son départ ne suscite en nous aucune larme, mais plutôt un dégoût pour autant d’insensibilité, pour si peu, à la manière son chef Harper, de compassion.