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    À l'appel des Nations unies

    Le Canada accueillera 10 000 réfugiés syriens

    8 janvier 2015 | Marie Vastel - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    Le ministre de l’Immigration Chris Alexander a affirmé que l’accueil de réfugiés ne sera pas fait « parce que nous le pouvons, mais parce que c’est juste ».
    Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le ministre de l’Immigration Chris Alexander a affirmé que l’accueil de réfugiés ne sera pas fait « parce que nous le pouvons, mais parce que c’est juste ».

    Il aura fallu quelques semaines, mais le Canada a finalement répondu à l’appel des Nations unies, qui réclament depuis des mois l’aide de la communauté internationale face au débordement de réfugiés syriens et irakiens qui fuient les violences dans leurs pays. Ottawa a promis d’accueillir 10 000 réfugiés syriens d’ici trois ans et 3000 Irakiens l’an prochain. Une cible qui s’inscrira toutefois dans les quotas d’immigration déjà prévus par le fédéral et qui, de surcroît, sera transférée en grande partie aux organismes privés, ont dénoncé des intervenants auprès de réfugiés.

     

    Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés estime que 3,2 millions de Syriens cherchent aujourd’hui asile. Les pays voisins peinent à répondre à cette demande. Depuis l’été dernier, l’ONU somme le monde de leur venir en aide et d’accueillir encore 100 000 réfugiés syriens. La réponse du ministre canadien de l’Immigration, Chris Alexander, est venue mercredi. « Nous faisons cela non seulement parce que nous le pouvons, mais parce que c’est juste », a fait valoir le ministre à La Presse canadienne. Ottawa a ainsi annoncé qu’il recevrait, sur trois ans, 10 000 Syriens qui ont fui au Liban et en Jordanie.

     

    Un chiffre qui ne s’ajoutera cependant pas aux quotas d’immigration prévus, a précisé le ministère au Devoir en fin de journée. « Si c’est le cas, on n’a pas vraiment à féliciter le gouvernement. […] Ça veut dire que des Congolais, ou d’autres, devront attendre plus longtemps », a critiqué Janet Dench, directrice du Conseil canadien des réfugiés.

     

    Ottawa relègue son engagement

     

    Environ 40 % des réfugiés syriens seront parrainés par le gouvernement, 60 % devront être pris en charge par des organismes privés.

     

    Or, les groupes d’intervenants auprès de réfugiés peinaient déjà à remplir leur mandat. Le Canada avait promis dans un premier temps d’accueillir 1300 Syriens avant la fin de 2014 — 200 parrainés par le fédéral, 1100 par le privé. Mais des organismes de réfugiés avaient avisé le ministère de l’Immigration qu’ils ne parviendraient pas à atteindre cette cible, faute de temps notamment pour organiser la prise en charge des demandeurs d’asile. Car ces groupes doivent loger, nourrir, vêtir les réfugiés pendant un an ainsi que les aider à intégrer leur société d’accueil, et donc à trouver un emploi ou une école pour leurs enfants.

     

    Qu’Ottawa prenne encore des engagements en leur nom, sans leur accord et sans les prévenir, est « inacceptable » selon Janet Dench. « Le ministre fixe l’objectif pour les groupes de parrainage, et ensuite ce sont ces groupes qui sont critiqués si l’objectif n’est pas atteint », a-t-elle déploré en entretien avec Le Devoir, en rappelant que ces types de parrainage se font de surcroît « aux frais des groupes » et non du gouvernement.

     

    Autre bémol, le fédéral a promis l’accueil de Syriens sur trois ans, alors que l’ONU réclamait une aide sur deux ans. « Dans deux ans, il y en aura d’autres [réfugiés]. […] On pourrait faire mieux », a critiqué Stephan Reichhold, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes.

     

    En date de lundi, Ottawa avait accueilli 1075 des 1300 réfugiés syriens attendus avant la fin de 2014. Les demandeurs manquants devraient arriver « dans les prochaines semaines », prédit-on au gouvernement.

     

    Les conservateurs se sont attiré maintes critiques, en décembre, lorsque le secrétaire parlementaire du ministre Alexander, Costas Menegakis, a indiqué que son gouvernement allait « prioriser les minorités ethniques et religieuses, celles qui sont menacées » en Syrie.

     

    Le Québec prêtera main-forte

     

    Les 10 000 autres réfugiés qu’accueillera le Canada seront-ils issus de ces minorités ? « Les personnes qui sont exposées à des risques parce qu’elles appartiennent à une minorité religieuse, à une minorité sexuelle ou parce qu’elles ont été victimes d’un viol sont et demeureront notre priorité », a réitéré le bureau de M. Alexander.

     

    Une grande part de la communauté canado-syrienne s’est installée au Québec. Le gouvernement provincial n’avait pas été avisé de l’annonce d’Ottawa mercredi. Mais la province saura répondre aux demandes d’asile qui lui seront présentées. « On est prêts », a-t-on indiqué au bureau de la ministre de l’Immigration Kathleen Weil.













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