Jean Chrétien: 40 ans de vie politique - Entre la passion et l'incompréhension
6 décembre 2003
Canada
Photo : Agence Reuters
«Pour Jean Chrétien, comme pour Trudeau d’ailleurs, l’élément définissant par excellence, ce sont les droits individuels», croit Alain G. Gagnon, de la chaire en études québécoises et canadiennes à l’UQAM.
Ottawa - Certains disent de lui qu'il aura été un leader de courte vue, faisant de la politique à la petite semaine. Pourtant, il y a au moins deux dossiers qui auront suivi Jean Chrétien pendant toute sa carrière politique étalée sur quatre décennies, deux sujets qu'il n'aborde jamais sans ardeur: les affaires indiennes et l'unité nationale. Mais les autochtones et les Québécois le lui rendent-ils bien? À lire les commentaires d'une presse québécoise qui aime le détester, à voir les manifestations que les autochtones ont multipliées au cours de la dernière année pour protester contre la plus récente initiative fédérale les concernant, on a envie de répondre par la négative. Regard sur les passions, teintées d'incompréhension, d'un homme qui tire sa révérence...
xiste, disent les juges, une obligation de négocier de la part du gouvernement fédéral si certaines conditions sont remplies, à savoir que la question et la réponse sont claires. Pour Jean Chrétien, dont les récentes biographies révèlent qu'il n'avait pas l'intention de négocier advenant un OUI en 1995, cela peut-il vraiment être une victoire? «Je sais par des sources à Ottawa qu'il ne pensait pas que ce serait ça, la réponse, soutient Claude Morin. Ça fait une brèche énorme dans les possibilités de défense de l'État central!»
Eddie Goldenberg, au contraire, soutient que Chrétien était ravi de la décision. «Il n'y a pas d'obligation de résultat [aux négociations] dans le jugement», fait-il remarquer...
C'est avec cet héritage — une loi sur la clarté ou encore une entente sur l'union sociale à laquelle refuse d'adhérer le Québec — que Jean Chrétien quitte la politique. Il a la tête haute, prétend son conseiller, parce qu'il a maintenant à son actif, grâce à des victoires aux élections partielles, une majorité de sièges au Québec.
«Ç'a été long, mais qui aurait prévu, après la soirée des élections de 1993, qu'il finirait par être l'homme politique le plus populaire au Québec avec une majorité de sièges 10 ans plus tard?», demande fièrement Eddie Goldenberg.
Il faut croire qu'il s'en trouvera toujours un pour le contredire. «Mon interprétation est qu'on ne peut pas donner le crédit au premier ministre pour la situation qui se calme au Québec. Cela est plutôt dû à des circonstances intérieures au Québec», conclut Norman Hillmer. La barre des 49,4 % est désormais fixée, croit-il, et aucun souverainiste ne voudra arriver en dessous...
xiste, disent les juges, une obligation de négocier de la part du gouvernement fédéral si certaines conditions sont remplies, à savoir que la question et la réponse sont claires. Pour Jean Chrétien, dont les récentes biographies révèlent qu'il n'avait pas l'intention de négocier advenant un OUI en 1995, cela peut-il vraiment être une victoire? «Je sais par des sources à Ottawa qu'il ne pensait pas que ce serait ça, la réponse, soutient Claude Morin. Ça fait une brèche énorme dans les possibilités de défense de l'État central!»
Eddie Goldenberg, au contraire, soutient que Chrétien était ravi de la décision. «Il n'y a pas d'obligation de résultat [aux négociations] dans le jugement», fait-il remarquer...
C'est avec cet héritage — une loi sur la clarté ou encore une entente sur l'union sociale à laquelle refuse d'adhérer le Québec — que Jean Chrétien quitte la politique. Il a la tête haute, prétend son conseiller, parce qu'il a maintenant à son actif, grâce à des victoires aux élections partielles, une majorité de sièges au Québec.
«Ç'a été long, mais qui aurait prévu, après la soirée des élections de 1993, qu'il finirait par être l'homme politique le plus populaire au Québec avec une majorité de sièges 10 ans plus tard?», demande fièrement Eddie Goldenberg.
Il faut croire qu'il s'en trouvera toujours un pour le contredire. «Mon interprétation est qu'on ne peut pas donner le crédit au premier ministre pour la situation qui se calme au Québec. Cela est plutôt dû à des circonstances intérieures au Québec», conclut Norman Hillmer. La barre des 49,4 % est désormais fixée, croit-il, et aucun souverainiste ne voudra arriver en dessous...
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