L'affaire Arar sera revue avec les yeux d'une nouvelle équipe
27 novembre 2003
Canada
Ottawa - C'est parce qu'il a été informé davantage par l'appareil gouvernemental du dossier de Maher Arar que Paul Martin a décidé mardi de se montrer plus catégorique. Il semble que l'information que trouvait satisfaisante l'équipe de Jean Chrétien pour décider qu'une enquête publique n'était pas nécessaire ne le soit pas aux yeux de la nouvelle équipe Paul Martin.
«Oui, il est entré en possession de faits supplémentaires. Pas autant qu'il l'aurait souhaité, et toutes ses questions n'ont pas encore trouvé réponse, mais on peut dire qu'il en savait plus [mardi] que vendredi dernier», a expliqué au Devoir un proche conseiller de Paul Martin.
Ces informations auraient été fournies au futur premier ministre dans le cadre du processus de transition. Ce processus prend la forme de conversations entre des gens de l'entourage de Paul Martin et le greffier du Conseil privé qui les éclaire à propos des dossiers chauds.
Le sujet Maher Arar aurait été vidé avec le greffier puisque, selon ce même conseiller, Paul Martin devra attendre au 12 décembre pour assouvir sa curiosité. «Je ne crois pas qu'il y aura plus de clarification d'ici à ce qu'il devienne premier ministre.» C'est donc dire que le condensé des informations circulant au niveau ministériel ne satisfait pas Paul Martin.
On se rappellera que, vendredi dernier, Paul Martin avait été questionné sur le dossier de Maher Arar, ce Canadien d'origine syrienne expulsé par les États-Unis vers la Syrie. M. Martin avait alors simplement déclaré que le récit de M. Arar était «tragique et convaincant», mais qu'il pouvait «certainement comprendre la position des Américains». (Les Américains prétendent qu'ils ont agi dans le respect de leurs lois.) Quatre jours plus tard, M. Martin s'est montré beaucoup plus cinglant. Sans qu'aucun journaliste ne lui pose de questions à ce propos, il a choisi de revenir lui-même sur le sujet en qualifiant l'imbroglio d'«inacceptable».
«Le passeport canadien doit être respecté, a martelé Paul Martin. M. Arar est un citoyen canadien. Au moment de son expulsion, les agents consulaires canadiens s'attendaient à pouvoir traiter de ce cas, ils s'attendaient à ce qu'il soit retourné au Canada. Je crois que ce qui est arrivé est tout simplement inacceptable. Si nous voulons continuer ce genre d'échanges d'information dans le futur, échanges qui sont importants pour la sécurité de l'Amérique du Nord, il doit y avoir un entente que le passeport canadien sera respecté et que les droits fondamentaux seront respectés.»
Paul Martin a ajouté qu'une fois premier ministre, il ferait tout pour aller «au fond des choses». Il n'a pas exclu la tenue d'une enquête publique. Celui qui dit vouloir améliorer les relations canado-américaines n'est pas content de la tournure des événements dans ce dossier, a expliqué son conseiller. «Les États-Unis font valoir que, techniquement, il y a un fondement à ce qu'ils ont fait avec M. Arar. Je ne sais pas si techniquement ou légalement on peut contester cela, mais en regard des opérations bilatérales de deux pays aussi proches que les nôtres, on peut certainement poser un jugement de valeur et dire si ce qui est arrivé est acceptable ou non.»
«Oui, il est entré en possession de faits supplémentaires. Pas autant qu'il l'aurait souhaité, et toutes ses questions n'ont pas encore trouvé réponse, mais on peut dire qu'il en savait plus [mardi] que vendredi dernier», a expliqué au Devoir un proche conseiller de Paul Martin.
Ces informations auraient été fournies au futur premier ministre dans le cadre du processus de transition. Ce processus prend la forme de conversations entre des gens de l'entourage de Paul Martin et le greffier du Conseil privé qui les éclaire à propos des dossiers chauds.
Le sujet Maher Arar aurait été vidé avec le greffier puisque, selon ce même conseiller, Paul Martin devra attendre au 12 décembre pour assouvir sa curiosité. «Je ne crois pas qu'il y aura plus de clarification d'ici à ce qu'il devienne premier ministre.» C'est donc dire que le condensé des informations circulant au niveau ministériel ne satisfait pas Paul Martin.
On se rappellera que, vendredi dernier, Paul Martin avait été questionné sur le dossier de Maher Arar, ce Canadien d'origine syrienne expulsé par les États-Unis vers la Syrie. M. Martin avait alors simplement déclaré que le récit de M. Arar était «tragique et convaincant», mais qu'il pouvait «certainement comprendre la position des Américains». (Les Américains prétendent qu'ils ont agi dans le respect de leurs lois.) Quatre jours plus tard, M. Martin s'est montré beaucoup plus cinglant. Sans qu'aucun journaliste ne lui pose de questions à ce propos, il a choisi de revenir lui-même sur le sujet en qualifiant l'imbroglio d'«inacceptable».
«Le passeport canadien doit être respecté, a martelé Paul Martin. M. Arar est un citoyen canadien. Au moment de son expulsion, les agents consulaires canadiens s'attendaient à pouvoir traiter de ce cas, ils s'attendaient à ce qu'il soit retourné au Canada. Je crois que ce qui est arrivé est tout simplement inacceptable. Si nous voulons continuer ce genre d'échanges d'information dans le futur, échanges qui sont importants pour la sécurité de l'Amérique du Nord, il doit y avoir un entente que le passeport canadien sera respecté et que les droits fondamentaux seront respectés.»
Paul Martin a ajouté qu'une fois premier ministre, il ferait tout pour aller «au fond des choses». Il n'a pas exclu la tenue d'une enquête publique. Celui qui dit vouloir améliorer les relations canado-américaines n'est pas content de la tournure des événements dans ce dossier, a expliqué son conseiller. «Les États-Unis font valoir que, techniquement, il y a un fondement à ce qu'ils ont fait avec M. Arar. Je ne sais pas si techniquement ou légalement on peut contester cela, mais en regard des opérations bilatérales de deux pays aussi proches que les nôtres, on peut certainement poser un jugement de valeur et dire si ce qui est arrivé est acceptable ou non.»
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