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    Kathleen Wynne élue en Ontario

    Malgré les scandales et l’usure du pouvoir, les libéraux sont reportés au pouvoir pour une quatrième fois depuis 2003

    13 juin 2014 |Philippe Orfali | Canada
    « Merci Ontario. Ce soir, vous avez voté pour l'emploi, pour la croissance, pour bâtir l'Ontario », a déclaré en français la chef libérale.
    Photo: Frank Gunn La Presse canadienne « Merci Ontario. Ce soir, vous avez voté pour l'emploi, pour la croissance, pour bâtir l'Ontario », a déclaré en français la chef libérale.

    Les Ontariens ont accordé jeudi un premier mandat majoritaire à la chef libérale Kathleen Wynne, parvenue à l’instar de Philippe Couillard à se dissocier des nombreux scandales ayant marqué le règne de son prédécesseur.

     

    La chef libérale — à la tête d’un gouvernement minoritaire hérité de Dalton McGuinty depuis quinze mois — a convaincu les Ontariens d’accorder une fois de plus leur confiance aux libéraux, cette fois-ci en lui offrant une confortable majorité. Pas mal pour une leader que plusieurs donnaient perdante au déclenchement des élections, le 2 mai.

     

    « Merci Ontario. Ce soir, vous avez voté pour l’emploi, pour la croissance, pour bâtir l’Ontario. Nous allons bâtir un futur solide pour tous les Ontariens », a déclaré en français la première ministre lors de son discours de victoire.

     

    Au moment de mettre sous presse, les libéraux étaient en avance dans 59 circonscriptions, contre 27 pour les progressistes-conservateurs de Tim Hudak et 21, pour le Nouveau parti démocratique d’Andrea Horwath, une majorité nécessitant 54 sièges.

     

    Le chef conservateur démissionne

     

    Les conservateurs partaient pourtant avec une nette longueur d’avance. Ils se retrouvent aujourd’hui avec dix sièges en moins qu’avant les élections. C’est à peu près le statu quo au NPD, qui perd toutefois la balance du pouvoir. Des résultats désastreux pour les deux chefs de l’opposition.

     

    Tim Hudak a annoncé hier soir qu’il quitte la chefferie du Parti PC. Andrea Horwath pourrait faire de même au cours de la prochaine année, selon les analystes.

     

    « C’est Mme Horwath qui a fait le choix de forcer des élections en annonçant qu’elle n’appuierait pas le budget de Mme Wynne », souligne le professeur de science politique Alexandre Brassard, de l’Université York. Et ce même si l’énoncé budgétaire contenait de nombreuses mesures « responsables mais compatissantes », comme la création d’un régime de retraite provincial, ou la hausse des prestations pour enfants et du salaire minimum, qui pourrait atteindre 11 $. Un budget résolument de centre-gauche qui devrait être déposé et adopté dès la reprise des travaux à Queen’s Park.

     

    Wynne met les scandales derrière elle

     

    Au déclenchement des élections, les libéraux étaient à la tête de l’Ontario depuis 2003, salis par les scandales et fatigués par l’usure du pouvoir.

     

    Croupissant dans l’opposition depuis l’ère de Mike Harris, les conservateurs devaient faire oublier deux campagnes électorales désastreuses pilotées par des chefs peu charismatiques. C’est peine perdue.

     

    Tous les analystes s’attendaient à ce que la campagne porte sur l’héritage laissé à Mme Wynne par Dalton McGuinty, à commencer par le scandale des centrales au gaz d’Oakville et Mississauga, dont l’annulation à des fins électoralistes en 2011 finira par coûter près de 1,1 milliard à la province.

     

    Et pourtant, c’est plutôt du plan conservateur — ou de ses lacunes — dont il a surtout été question ces cinq dernières semaines.

     

    Tim Hudak promettait à la fois de créer un million d’emplois d’ici huit ans, et d’en abolir rapidement 100 000 dans le secteur public. Un calcul farfelu aux yeux des analystes, « dangereux », selon Mmes Wynne et Horwath. « Le programme des conservateurs a été démoli en quelques jours à peine par les économistes. Le NPD a livré sa très courte plateforme assez tard dans la campagne », note M. Brassard.

     

    Une première

     

    Première lesbienne à diriger une province canadienne, Kathleen Wynne devient avec sa victoire la première première ministre LGBT élue dans un pays du Commonwealth. Un jalon accueilli dans la plus grande indifférence par les médias et le public ontarien, alors qu’André Boisclair avait dû, lui, essuyer des railleries homophobes lors de la campagne électorale de 2007.













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