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    Projet de loi C-36

    Les prostituées continuent d’écoper, déplorent des organismes

    6 juin 2014 |Caroline Montpetit | Canada
    Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir
    Sous la loupe de la Cour suprême ?

    Le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois suggèrent à Ottawa de soumettre en renvoi à la Cour suprême son projet de loi sur la prostitution pour tester sa constitutionnalité. Les deux partis pensent qu’Ottawa n’a pas trouvé la bonne solution législative pour éviter aux prostituées de mettre leur vie en danger. « Va-t-on revivre Bedford 2 ? C’est pourquoi ce serait prudent de déférer la question à la Cour suprême », a dit la néodémocrate Françoise Boivin. Le bloquiste Jean-François Fortin croit que le projet de loi « passe à côté de l’essentiel. Il ne permettra pas de protéger les femmes. » Son objectif est peut-être louable, dit-il, mais il « engendrera le contraire, en forçant les femmes vers la clandestinité ». Le Parti vert dénonce lui aussi le projet de loi C-36 et pense qu’il est temps de songer à décriminaliser et réglementer la prostitution. Les libéraux ne se sont pas encore prononcés. Ni Thomas Mulcair ni Justin Trudeau n’ont jusqu’à présent dit comment eux répondraient à la décision de la Cour suprême.

    Hélène Buzzetti

    La Coalition des femmes pour l’abolition de la prostitution se réjouit de voir les clients criminalisés, en vertu du projet de loi C-36 déposé par le gouvernement fédéral cette semaine. Elle est cependant très déçue que les prostituées de rue, qui sont pourtant les plus exposées aux arrestations, demeurent criminalisées.

     

    Pour Diane Matte, de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle, le gouvernement fédéral n’offre qu’une mauvaise application du modèle nordique de lutte contre la prostitution, entre autres parce qu’il ne s’attaque pas aux causes de la prostitution, dont la pauvreté.

     

    Il est aussi clair selon elle que les lois actuelles pénalisent largement les femmes et les hommes qui se prostituent, plutôt que ceux qui en profitent. Selon elle, « tout le monde sait » que la police, à travers le Canada, traque les femmes qui se prostituent mais tolèrent les bordels. « Les proxénètes et les clients peuvent courir et exploiter des femmes de tous les âges impunément », dit-elle.

     

    Lee Lakeman, de l’Association canadienne des centres contre les agressions à caractère sexuel, va dans le même sens.

     

    « La vigilance sera de mise pour vérifier que la loi sera imposée aux hommes qui achètent du sexe et non aux femmes qui en vendent. Les propositions de peines accrues dans cette situation sont à la fois désolantes et peu convaincantes puisque les hommes ne sont presque jamais arrêtés et encore moins condamnés efficacement. »

     

    Exploitation

     

    La Confédération des syndicats nationaux considère elle aussi que la prostitution est une forme d’exploitation des femmes et de violence envers elles. Pour Marie-France Benoît, de la CSN, on ne doit pas pouvoir acheter le corps d’une femme, de la même façon qu’on ne peut pas acheter des organes humains, dit-elle. Michelle Audette, de l’Association des femmes autochtones du Canada, réitère que « la prostitution exploite les femmes et aggrave les inégalités fondées sur le sexe, la race, l’âge, les handicaps et la pauvreté ».













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