Le nouveau chef du Parti libéral - Martin pourrait surprendre les analystes financiers
17 novembre 2003
Canada
Photo : Agence Reuters
Le nouveau chef libéral et futur premier ministre, Paul Martin, s’est acquis l’appui de Bay Street en se montrant intraitable sur le contrôle des dépenses et sur les baisses d’impôt, mais, en même temps, il s’est vanté devant son parti d’
Ottawa — Les analystes financiers ne savent pas grand-chose sur les véritables objectifs politiques et économiques de celui qui vient d'être choisi chef du Parti libéral du Canada et qui deviendra le futur premier ministre du pays, Paul Martin.
Comme ministre des Finances, M. Martin a bataillé ferme contre le déficit et pour le remboursement de la dette nationale, mais comme premier ministre, il pourrait fort bien viser de nouvelles cibles.
Promouvoir le développement économique des Premières Nations par exemple, ou investir davantage dans le système de santé, pourrait contribuer à tisser des liens plus solides entre les Canadiens, estime Don Drummond, économiste principal du groupe Banque TD.
Pour l'essentiel, la réputation de M. Martin dans les milieux d'affaires tient à son rôle comme ministre des Finances dans la lutte contre le déficit, dans les années 1990. Une réputation méritée si l'on considère qu'il a contribué à l'élimination d'un déficit qui atteignait à l'époque 42 milliards.
Pour M. Drummond, qui était alors fonctionnaire au ministère des Finances, la décision de s'attaquer au déficit était une affaire ponctuelle, une réaction à une situation difficile plutôt qu'une philosophie.
Pour le reste, ajoute-t-il, les gens ont tendance à voir ce qu'ils veulent dans le futur premier ministre, et ils s'attendent aussi à ce qu'il réponde à leurs demandes individuelles.
«Je ne crois pas que Bay Street ou quiconque sache ce que M. Martin va faire», dit-il.
Récemment, M. Martin a répété qu'il fallait continuer de s'attaquer au déficit, réduire les impôts et la dette, celle-ci se maintenant autour des 25 % du produit intérieur brut qu'elle était à la fin des années 1960. Et il a tenu le même discours samedi lors de sa première conférence de presse après avoir été élu chef du parti.
Les promesses
Si tout cela est doux aux oreilles des gens d'affaires, il ne faut pas pour autant ignorer les autres engagements qu'il a pris.
«Et prendre soin de ces autres engagements coûtera de l'argent», signale M. Drummond.
M. Martin a bel et bien fait des promesses à tout le monde, mais il ne faut pas s'en surprendre, estime pour sa part le critique de l'Alliance canadienne en matière de finances, Monte Solberg.
Le richissime politicien s'est acquis l'appui de Bay Street en se montrant intraitable sur le contrôle des dépenses et sur les baisses d'impôt, mais en même temps, il s'est vanté devant son parti d'avoir augmenté les dépenses de 30 milliards en quatre ans, signale M. Solberg.
«Il sera malgré tout soumis aux mêmes pressions que Jean Chrétien pour augmenter les dépenses et lancer de nouveaux programmes.»
L'économiste principal adjoint de la Banque de Montréal, Rick Egelton, n'en est toutefois pas convaincu.
«À mon avis, il continuera les transferts aux provinces dans les champs de la santé et de l'éducation, mais je serais surpris de le voir s'embarquer dans de grandes initiatives sociales», dit-il.
Dans son discours d'adieu, Jean Chrétien a lui-même rappelé aux délégués libéraux qu'ils devaient continuer de s'en tenir à leur conscience sociale.
«Les Canadiens doivent se méfier des politiciens de droite qui ne pensent qu'à réduire les impôts et ne croient pas à un gouvernement central fort, capable d'agir comme agent de promotion du progrès social, a dit M. Chrétien. S'il y a une chose à retenir de mon discours de ce soir, c'est qu'il ne faut jamais oublier la conscience sociale de notre parti.»
Quoi qu'il en soit, M. Drummond estime que le nouveau premier ministre devra immédiatement réduire de trois à cinq milliards les dépenses des ministères pour financer certaines de ses promesses. Selon M. Drummond, M. Martin pourra d'ailleurs se justifier en évoquant la récente mise à jour des finances de l'État annoncée il y a deux semaines par le ministre des Finances, John Manley.
«La seule opposition de M. Martin viendra de la droite à la prochaine élection générale. Alors c'est le moment idéal pour M. Martin de couper dans les dépenses», de dire l'économiste de la Banque TD.
Dans son énoncé, M. Manley avait déclaré que le surplus de l'État en 2003 avait pratiquement disparu à cause notamment de la maladie de la vache folle et de la crise du SRAS.
Comme ministre des Finances, M. Martin a bataillé ferme contre le déficit et pour le remboursement de la dette nationale, mais comme premier ministre, il pourrait fort bien viser de nouvelles cibles.
Promouvoir le développement économique des Premières Nations par exemple, ou investir davantage dans le système de santé, pourrait contribuer à tisser des liens plus solides entre les Canadiens, estime Don Drummond, économiste principal du groupe Banque TD.
Pour l'essentiel, la réputation de M. Martin dans les milieux d'affaires tient à son rôle comme ministre des Finances dans la lutte contre le déficit, dans les années 1990. Une réputation méritée si l'on considère qu'il a contribué à l'élimination d'un déficit qui atteignait à l'époque 42 milliards.
Pour M. Drummond, qui était alors fonctionnaire au ministère des Finances, la décision de s'attaquer au déficit était une affaire ponctuelle, une réaction à une situation difficile plutôt qu'une philosophie.
Pour le reste, ajoute-t-il, les gens ont tendance à voir ce qu'ils veulent dans le futur premier ministre, et ils s'attendent aussi à ce qu'il réponde à leurs demandes individuelles.
«Je ne crois pas que Bay Street ou quiconque sache ce que M. Martin va faire», dit-il.
Récemment, M. Martin a répété qu'il fallait continuer de s'attaquer au déficit, réduire les impôts et la dette, celle-ci se maintenant autour des 25 % du produit intérieur brut qu'elle était à la fin des années 1960. Et il a tenu le même discours samedi lors de sa première conférence de presse après avoir été élu chef du parti.
Les promesses
Si tout cela est doux aux oreilles des gens d'affaires, il ne faut pas pour autant ignorer les autres engagements qu'il a pris.
«Et prendre soin de ces autres engagements coûtera de l'argent», signale M. Drummond.
M. Martin a bel et bien fait des promesses à tout le monde, mais il ne faut pas s'en surprendre, estime pour sa part le critique de l'Alliance canadienne en matière de finances, Monte Solberg.
Le richissime politicien s'est acquis l'appui de Bay Street en se montrant intraitable sur le contrôle des dépenses et sur les baisses d'impôt, mais en même temps, il s'est vanté devant son parti d'avoir augmenté les dépenses de 30 milliards en quatre ans, signale M. Solberg.
«Il sera malgré tout soumis aux mêmes pressions que Jean Chrétien pour augmenter les dépenses et lancer de nouveaux programmes.»
L'économiste principal adjoint de la Banque de Montréal, Rick Egelton, n'en est toutefois pas convaincu.
«À mon avis, il continuera les transferts aux provinces dans les champs de la santé et de l'éducation, mais je serais surpris de le voir s'embarquer dans de grandes initiatives sociales», dit-il.
Dans son discours d'adieu, Jean Chrétien a lui-même rappelé aux délégués libéraux qu'ils devaient continuer de s'en tenir à leur conscience sociale.
«Les Canadiens doivent se méfier des politiciens de droite qui ne pensent qu'à réduire les impôts et ne croient pas à un gouvernement central fort, capable d'agir comme agent de promotion du progrès social, a dit M. Chrétien. S'il y a une chose à retenir de mon discours de ce soir, c'est qu'il ne faut jamais oublier la conscience sociale de notre parti.»
Quoi qu'il en soit, M. Drummond estime que le nouveau premier ministre devra immédiatement réduire de trois à cinq milliards les dépenses des ministères pour financer certaines de ses promesses. Selon M. Drummond, M. Martin pourra d'ailleurs se justifier en évoquant la récente mise à jour des finances de l'État annoncée il y a deux semaines par le ministre des Finances, John Manley.
«La seule opposition de M. Martin viendra de la droite à la prochaine élection générale. Alors c'est le moment idéal pour M. Martin de couper dans les dépenses», de dire l'économiste de la Banque TD.
Dans son énoncé, M. Manley avait déclaré que le surplus de l'État en 2003 avait pratiquement disparu à cause notamment de la maladie de la vache folle et de la crise du SRAS.
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