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    Élu, Trudeau éliminera la réforme électorale

    10 avril 2014 | Hélène Buzzetti - Correspondante parlementaire | Canada
    Le chef libéral Justin Trudeau
    Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Le chef libéral Justin Trudeau

    Le chef libéral Justin Trudeau promet qu’il révoquera en entier la réforme électorale, décriée de toutes parts, s’il est élu premier ministre du Canada. Il estime que les troupes de Stephen Harper ne parviennent plus à faire la « différence entre les intérêts du gouvernement du Canada et les intérêts du Parti conservateur » quand ils s’en prennent comme ils le font à Élections Canada, un des remparts démocratiques.

     

    « Le projet de loi sur l’intégrité électorale des conservateurs est nocif pour la démocratie. Il empêcherait un grand nombre de Canadiens de voter et c’est pourquoi je m’engage, si je deviens premier ministre, à révoquer dans leur entièreté ces changements à Élections Canada », a lancé M. Trudeau mercredi. D’ici là, il met au défi le gouvernement de permettre un vote libre.

     

    Le projet de loi C-23 met fin à la possibilité d’avoir recours à un répondant pour identifier un électeur qui n’aurait pas les documents nécessaires pour établir son identité ou son adresse. Le DGE évalue que 100 000 personnes perdraient ainsi leur droit de vote. C-23 élimine aussi la carte d’information à l’électeur envoyée par Élections Canada des documents admissibles pour établir son adresse. 400 000 personnes supplémentaires seraient concernées.

     

    39 pièces d’identité

     

    Le ministre de la Réforme démocratique, Pierre Poilievre, répète qu’il y a 39 pièces d’identité admissibles pour voter. Cependant, la vaste majorité de ces documents ne comportent pas d’adresse, élément requis. L’ex-vérificatrice générale du Canada Sheila Fraser a indiqué qu’en vertu de C-23, sa fille étudiante ne pourrait pas voter pour cette raison. En outre, seules les copies papier de factures sont acceptées.

     

    « Grâce à l’incapacité du Parti conservateur d’interdire la facturation des factures, de plus en plus de gens doivent payer pour obtenir une facture papier, a lancé le chef du NPD Thomas Mulcair. Le premier ministre croit-il que ces gens devraient avoir à payer pour voter ? » Stephen Harper n’a pas répondu à la question. Pas plus qu’il ne s’est dissocié de son ministre Poilievre après qu’il eut attaqué de manière virulente le DGE, Marc Mayrand.

     

    Le gouvernement réduit désormais le projet de loi au resserrement des règles d’identification et répète que ce resserrement « est raisonnable et les Canadiens sont d’accord avec nous ». Il n’est plus question des autres éléments de C-23 suscitant la controverse, telles que l’interdiction faite à Élections Canada de parler publiquement de cas de fraude ou encore l’autorisation accordée aux partis de dépenser de manière illimitée pour solliciter des dons auprès d’anciens donateurs, ce qui avantagera le Parti conservateur.

     

    L’opposition pourra-t-elle gagner un débat que le gouvernement plante comme opposant le gros bon sens des citoyens ordinaires aux critiques pointues des experts ? « Un des grands problèmes auquel on fait face dans cette institution ces jours-ci est une crise de confiance, a fait valoir M. Trudeau. Qu’un ministre s’engage dans une telle attaque partisane affaiblit la trame de notre démocratie et c’est absolument inacceptable. »













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