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    Le français quasi-absent du congrès du PLC

    Les ateliers se déroulent en anglais, et ce, même si plusieurs intervenants sont bilingues

    22 février 2014 |Hélène Buzzetti | Canada
    Justin Trudeau a quitté l’atelier mené par quatre panélistes, dont Mélanie Joly, sur le Québec en 2017 pour rejoindre les militants qui regardaient la fin du match de hockey Canada–États-Unis.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Justin Trudeau a quitté l’atelier mené par quatre panélistes, dont Mélanie Joly, sur le Québec en 2017 pour rejoindre les militants qui regardaient la fin du match de hockey Canada–États-Unis.

    Le congrès bisannuel du Parti libéral du Canada (PLC) se tient peut-être à Montréal, mais c’est surtout en anglais qu’il se déroule. Au point où certains délégués se demandent si cela témoigne d’un manque de vitalité du PLC dans la province ou d’une trop faible représentation québécoise dans l’entourage rapproché du chef Justin Trudeau.

     

    Dans les trois ateliers de discussion des résolutions politiques auxquels Le Devoir a assisté, tout s’est déroulé en anglais, mis à part quelques bribes de phrases ici et là. Toutes les résolutions portant sur la santé et les garderies ont été lues en anglais seulement, et les militants ont été invités à voter en anglais. Dans l’atelier portant sur la classe moyenne, un des deux coprésidents de la séance était la députée bilingue Joyce Murray. Elle a lu une résolution sur deux en français, mais a donné les instructions principalement en anglais. Dans cet atelier, cinq résolutions ont fait l’objet d’un débat et tous les intervenants se sont exprimés en anglais, sans exception. Lorsque des pépins sont survenus pour retirer une résolution ou reprendre un vote, toutes les instructions ont été données en anglais.

     

    Militants surpris

     

    Ironie du sort, cet atelier avait débuté par une mise en garde d’un militant francophone. « Je viens du Québec et je vous parlerais français, mais je ne suis pas certain que tout le monde me comprendrait », a dit au micro Gérard Côté, délégué de Sherbrooke. « Si vous ne comprenez pas le français, s.v.p., procurez-vous l’équipement [pour l’interprétation] parce que je voudrais passer au français. Et puisque nous sommes à Montréal, je suis certain qu’il y en a d’autres personnes outre que moi qui ne sont pas capables de prendre la parole en anglais et qui ne se sentent pas confortables de prendre la parole parce qu’ils ne seront pas compris. »

     

    Un militant québécois s’est dit « surpris » de l’absence du français à l’événement. Un autre, qui refuse d’être identifié, a de lui-même approché Le Devoir pour dire qu’il était « surpris, dans le mauvais sens du terme ». Cette personne se demande si cela est le reflet de l’absence de militants québécois dans le PLC ou seulement dans le cercle restreint du chef. Une autre militante québécoise qui a longtemps été dans l’organisation du parti tranche : « Il faudra une équipe québécoise forte » autour de M. Trudeau pour veiller au grain.

     

    Les nombreuses conférences qui ponctuent ce congrès ont elles aussi été très majoritairement données en anglais. Le lieutenant-général à la retraite Andrew Leslie, pourtant bilingue, a discouru pendant 23 minutes, dont seulement une en français. La salle était comble pendant son discours qui se déroulait pourtant pendant le match de hockey olympique Canada–États-Unis, mais celle-ci s’est vidée lorsque Mélanie Joly et trois autres Québécois ont pris le relais pour parler du Québec en 2017. Il n’est resté qu’environ 200 personnes.

     

    Un député qui refuse d’être identifié reconnaît avoir interrogé les organisateurs sur le fait que les séances n’étaient pas présidées dans les deux langues. Il disait espérer l’arrivée de Québécois en fin de journée vendredi pour faire contrepoids.

     

    Notons que la résolution préconisant la réduction du nombre d’armes à feu en circulation a été défaite après un débat (entièrement en anglais) ayant opposé militants de milieux urbains et militants de régions rurales.

    ***

    Le lieutenant-général réplique aux tirs ennemis

    Le lieutenant-général à la retraite Andrew Leslie a charmé les militants libéraux réunis à Montréal et a profité de son discours pour répliquer aux attaques conservatrices dont il a fait l’objet cette semaine parce que son déménagement d’une maison d’Ottawa à une autre, payé par les Forces armées canadiennes, a coûté plus de 72 000 $. « Cette politique est sous gestion conservatrice depuis huit ans. Elle est gérée par le ministre de la Défense, c’est sa politique. Je suis ouvert à sa revue. J’ai cette image du ministre se regardant dans le miroir en se disant : “ Qu’est-ce que j’ai fait ? ” » M. Leslie est pressenti pour se porter candidat dans Ottawa-Orléans contre le député conservateur Royal Galipeau. Il a reconnu avoir été en discussion avec « plusieurs formations politiques » pour se lancer en politique, dont le Parti conservateur. Il n’a pas voulu confirmer ou infirmer l’allégation des conservateurs voulant que ce soit lui qui ait fait les premiers pas. Est-ce pour se venger que les conservateurs l’ont ainsi attaqué ? « Je n’ai aucune preuve. »

     
     
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