Le modèle suédois s’imposera-t-il?

Ne rien faire. Interdire la prostitution. Interdire l’achat de sexe comme en Suède. Telles semblent être les trois options s’offrant à Ottawa pour répondre d’ici 12 mois à l’historique décision rendue par la Cour suprême du Canada vendredi matin. L’idée de criminaliser, non pas les prostituées, mais leurs clients semble toutefois avoir la cote.

 

La Suède a choisi, à la fin des années 1990, de déplacer les projecteurs policiers des prostituées vers leurs clients. Ce qu’on désigne désormais comme le « modèle nordique » a inspiré la Norvège et est en voie de devenir loi en France, non sans un déchirant débat. L’idée consiste à raréfier la demande en imposant aux clients des amendes proportionnelles à leurs revenus. Des peines de prison d’un maximum de six mois sont possibles, quoique peu infligées.

 

La Cour suprême du Canada n’a pas dit qu’il était inconstitutionnel d’encadrer la pratique de la prostitution. Elle a plutôt dit que les balises actuelles poussent les femmes à travailler dans des conditions dangereuses (endroits isolés, sans protecteur, sans possibilité de trier les clients), ce qui brime leur droit à la vie et à la sécurité. Il suffirait donc à Ottawa de trouver un nouveau régime réglementaire qui évite cet écueil.

 

Janine Benedet, l’avocate qui a représenté la Coalition des femmes pour l’abolition de la prostitution dans cette cause, estime que le modèle nordique permet justement cela. « Il est temps que le Parlement commence à suivre la tendance internationale qui émerge et qui consiste à reconnaître que le vrai tort en prostitution est causé par les clients et les proxénètes. […] Le haro doit être sur les hommes. Il doit être sur les clients, il doit être sur le proxénète et les profiteurs. » L’Evangelical Fellowship of Canada et l’Association des sociétés Elizabeth Fry, intervenants aussi dans la cause, appuient ce modèle nordique.

 

Le Conseil du statut de la femme a lui aussi invoqué ce modèle vendredi comme solution de remplacement. Sa présidente, Julie Miville-Dechêne, se dit « préoccupée des conséquences possibles de ce jugement qui facilitera la vie des clients et des proxénètes ». Le Conseil exhorte donc Québec à faire pression sur Ottawa pour que soit criminalisé l’achat d’actes sexuels.

 

Ce modèle pourrait plaire au gouvernement conservateur. Déjà, vendredi, la députée Joy Smith a diffusé un communiqué de presse pour enjoindre au gouvernement de l’adopter. « Je suis convaincue que la meilleure route à suivre pour s’attaquer à la prostitution et au trafic de sexe est de s’attaquer à la demande en visant les acheteurs de sexe », écrit-elle, ajoutant plus loin que « les pays comme la Suède et la Norvège, qui ont adopté le modèle nordique de prostitution, ont vu une diminution significative de la prostitution et du trafic du sexe ». Benjamin Perrin, jusqu’à récemment conseiller juridique du premier ministre Stephen Harper privilégie aussi ce modèle.

 

Les femmes derrière la cause Bedford ne partagent pas du tout cet avis. « Le gouvernement fédéral ne devrait pas réécrire les lois ou mettre en place le modèle nordique raté et extrêmement dangereux, estime Valerie Scott. Ses effets sont exactement les mêmes que ceux de l’actuel régime. […] Si le gouvernement fédéral réécrit les lois, elles échoueront. Et la prochaine génération de travailleuses du sexe sera de retour ici. Alors, ne soyons pas stupides. Faisons quelque chose de progressif. » Ottawa ne devrait rien faire du tout, à son avis.

 

Katrina Pacey, l’avocate de plusieurs intervenants dans la cause, estime que le modèle suédois « reproduira tous les méfaits que l’on voit avec le système actuel » et qu’il mettra donc autant les femmes en danger qu’avant. Selon elle, si les clients craignent d’être pincés, la discrétion sera encore de mise : les femmes se déplaceront vers des lieux isolés, ne pourront pas négocier longtemps sur la place publique et ne pourront pas tenir une maison close, car les policiers n’auront qu’à épingler les clients à leur sortie. La directrice du groupe montréalais Stella, Émilie Laliberté, pense la même chose et parle d’un modèle « hypocrite ».


Débat au Parlement

 

Il est difficile de prédire quelle orientation prendra le Parlement. Autant le Nouveau Parti démocratique que le Parti libéral se disent prudents et ouverts à débattre de la meilleure approche à adopter.

 

« Je ne peux pas prétendre avoir de préférence », reconnaît la critique en matière de Justice Françoise Boivin. Le NPD, dit-elle, n’a pas de position arrêtée sur la question et le caucus est divisé : certains disent qu’il faut enrayer la prostitution, d’autres qu’il faut offrir aux travailleuses du sexe les conditions optimales de pratique. Mme Boivin propose de mettre sur pied un comité parlementaire qui étudierait cette question en laissant la partisanerie à la porte, comme Québec l’a fait pour « Mourir dans la dignité ». La libérale Carolyn Bennett penche pour le modèle suédois, mais reconnaît que son caucus est divisé aussi.

16 commentaires
  • Paul Michaud - Abonné 21 décembre 2013 08 h 45

    Arrêter la prostitution !?!

    Arrêter la prostitution comme on a arrêté la consommation d'alcool avec la Prohibition?
    Comme on a éradiqué la consommation de drogues par la répression et l'emprisonnement?
    Comme on a empêché l'adultère dans certaines sociétés en punissant par lapidation?
    Well, well, well, bonne chance!

    • Didier Bois - Inscrit 23 décembre 2013 15 h 17

      On ne peut comparer le trafic d'alcool ou d'héroïne avec la prostitution. Boire de l'alcool est il responsable d'une mortalité par homicide 18 fois supérieure à la moyenne ? Non, alors que la prostitution Oui (J J Poterat, 2003). Boire de l'alcool provoque t-il 170fois plus de tentatives de suicide que la population générale ? Non, alors que la prostitution Oui (A Teixeira, 2011). (15% des suicides dans les hôpitaux américains sont le fait de personnes prostituées, P. Chester, 1994)

      La prostitution a des conséquences profondes qu’on ne retrouve dans aucune autre activité (Rapport sur la prostitution et ses conséquences du Parlement européen, 2012). Dépression, anxiété, insomnies, dégradation de l'image de soi, troubles psychotraumatiques chez 60 à 80%, idées suicidaires récurrentes, anesthésie physique (elles ne ressentent plus leur corps et arrivent en consultation avec des maladies très avancées) et psychique (indifférence à tout, incapacité d'éprouvé des affects)...

      L'étude internationale suivante sur plus de 800 personnes prostituées a montré que les séquelles psychologiques graves inhérentes à la prostitution sont indépendantes des conditions d'exercice et de la législation du pays: 68% des personnes prostituées souffrent d'un état de stress post traumatique, (deux fois plus que les vétérans du Vietnam), ( Farley, M., Cotton PsyD, A., Lynne MSD, J., Zumbeck PhD in psychological, S., Spiwak...)
      http://www.prostitutionresearch.com/pdf/Prostituti

      Le 6 février 2013, le Parlement Européen a reconnu la prostitution comme une violence à l'encontre des femmes et notait comme conséquences de la prostitution:
      "des séquelles psychologiques graves et provoque des dommages ou des souffrances physiques ou sexuelles… porte atteinte à l'état de santé général des femmes et des jeunes filles".

  • Pierrette Chevalier - Inscrite 21 décembre 2013 09 h 36

    modèle suédois

    Je me souviens que dans les années 50-60 la Suède devint le pays de la libération sexuelle.. Justifiant ainsi toutes les dérives découlant de certains comportements dangereux. Avec le temps, la Suède a ramassé les dégâts et compris l'importance de combattre la demande pour diminuer l'offre.. Bonne et logique solution faisant suite à l'expérience ! ☺♥♪♫

    • Hélène Thompson - Inscrit 23 décembre 2013 09 h 36

      Cette loi est très critiquée en suède encore aujourd'hui. Ça fais juste mettre un gros tapis sur le problème et ne change absolument rien au résultat pour les prostituées. C'est à dire qu'elles se cachent pour protéger leurs clients. Alors ça a l'air tout beau, mais dans les faits on en retrouve autant dans les conteneurs à déchets. Pourquoi ça passe ailleurs alors? Parce que les élus n'en ont pas grands choses à faire sauf pour acheter du capital politique. Alors ils cèdent à l'ignorance populaire et gagnent leurs élections sur le dos des prostituées. Mais ce n'est pas grave, car en politique, le baril n'a pas de fond.

    • Didier Bois - Inscrit 23 décembre 2013 15 h 29

      Mme Lise Tamm, procureure au Parquet international de Stockholm, devant la Commission spéciale prostitution en France 5 novembre 2013, a affirmé qu'en suède depuis la loi de pénalisation des acheteurs, les personnes prostituées ne sont pas poussées à la clandestinité.

      « En 1999, quand la loi est passée en Suède, on avait les mêmes arguments que vous avez maintenant (clandestinité, danger). Maintenant, on vit cette loi depuis pas mal d’années, on n’a absolument pas remarqué que les personnes prostituées sont plus en danger. Absolument pas. Au contraire, elles sont plus aidées par les services sociaux, par la police. 
      C’est donc un mythe et il n’y a aucune preuve. Moi, je ne l'ai jamais vu [parmi tous les dossiers de proxénétisme...] et je suis sur le terrain. C’est pas les prostituées qui sont visées. elles ne font absolument rien qui est interdit." 
      http://rememberresistdonotcomply.wordpress.com/201

      Karin Sidenvall, travailleuse sociale au Centre de prostitution de Stockholm (public et gratuit), estime comme la procureure Lise Tamm, que l’idée d’une détérioration des conditions des prostitués à cause de la pénalisation des clients est «un mythe» :
      « Les personnes qui viennent nous voir ne nous parlent pas de conditions détériorées. Et on ne m’a jamais parlé de clients plus violents depuis la pénalisation. Nous remarquons en revanche qu’elles sentent que la loi est un type de reconnaissance de leur souffrance. Pour elles, cette loi reconnaît que la prostitution est une violence qui leur est faite. »
      Et elles sont toujours au centre ville de Stockholm, rue Malmskills Gatan.

      L'association de prostituées suédoise PRIS approuve l'interdiction d'achat des actes sexuels (la pénalisation des clients) et appelle les autres pays du monde à adopter ce modèle. 

  • Mayra Dionne - Inscrite 21 décembre 2013 11 h 26

    @M. Michaud

    Le modèle suédois est un merveilleux exemple faisant bien la part des choses. Je souhaite que c'est ce qui déboulera en fin de compte. En passant, la femme n'est pas un objet comme la drogue, l'alcool et la prostitution est loin d'être comparable à l'adultère. "Payer" pour une femme est un mépris total de l'égalité des sexes. Les femmes ne sont pas des marchandises. Et je trouve complètement délirant de devoir le préciser en 2013.

    • Benjamin Dobie - Inscrit 21 décembre 2013 12 h 56

      On ne parle ici de "payer pour une femme", mais bien de payer pour un service. Il ne s'agit également absolument pas d'un problème d'égalité des genres, puisque la prostitution n'a pas qu'un sexe; bien que leur nombre soit proportionnellement moindre, il existe des hommes qui pratiquent ce métier. Enfin, tel que mentionné par Mme Pacey dans l'article, le modèle suédois est redondant dans la mesure où il ne changera absolument rien au système et ne permettra pas aux prostitués de se sentir en sécurité, ce qui contredit le but de l'exercice de révision de la loi.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 22 décembre 2013 05 h 39

      Mme Dionne, y a l'offre et la demande. Je ne veux surtout pas être méchant, mais quand une femme «s'étale» pour vendre un service, elle s'attend d'être payée; elle ne fait pas du bénévolat ! Tout travail mérite salaire ! J'ajouterais même «respect», ce qui est loin d'être le cas ! Ce que plusieurs hommes ne comprennent pas car obnubilés par leurs pulsions tellement fortes que ça les empêche de réfléchir ! C'est les japonais qui avaient raison, la geisha était très respectée !

      PL

    • Hélène Thompson - Inscrit 23 décembre 2013 09 h 41

      Les geisha n'étaient pas des prostituées même si certaines pouvaient offrir ce service en fin de soirée. Elles étaient des "entertainers". Musique, dance, théatre, dance, poésie, elles maîtrisaient différentes forme d'art pour plaire à leurs clients et leurs faire passer une bonne soirée. Même une escorte n'en est pas prêt. Elles avaient le respect due aux artistes.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 23 décembre 2013 11 h 28

      Très bien pour la geisha ! Mais que dites-vous sur «Tout travail mérite salaire», Mme Thompson ?

      « Les femmes ne sont pas des marchandises.» comme dit Mme. Dionne, mais elles offrent tout de même un «service».

      PL

    • Amélie Jolie - Inscrite 23 décembre 2013 13 h 12

      Depuis plusieurs année au Québec beaucoup de travailleuse du sexe emploie d'autre terme pour se décrire, un qui nous plait et qui donne le ton justement sur une relation plus respectueuse, c'est le mot courtisane. Si vous regarder dans certaines annonce de femme qui font ce travail, ce terme revient souvent. Par ce mot on souhaite aussi attirer une clientèle respectueuse, gentleman. -- Les courtisanes on troqué la vie de château pour la vie d'hôtels? Certaine on dit que les courtisanes n'existait plus, on va devoir les faire revivre. -- Fille de joie, accompagnatrice, partenaire de remplacement, courtisane, escorte, il existe des mots plus positif pour nous décrire. On est plusieurs à les utiliser.

    • Hélène Thompson - Inscrit 23 décembre 2013 15 h 39

      Pierre Lefebvre: Je n'ai pas beaucoup d'opinion sur le sujet en général puisque je n'ai jamais pris de temps pour y réfléchir... Par contre je conçois difficilement que tout travail ne mérite pas salaire, effectivement. Je crois qu'on peut facilement souligner que les prostituées ne reçoivent souvent que pour salaire de ne pas manger de voler de leur proxénète...
      Aussi la prostitution est un domaine très large. Des services spécialisés (sado maso, fétiche, etc) à la fellation de ruelle, les prostituées n'ont pas les mêmes rapports avec leurs clients.
      Le problème de ce métier c'est que la vie personnelle en prend un coup... Qui voudrait être en couple avec une prostituée? Même aux delà de la catégorisation social, avoir des rapports sexuels avec autant d'hommes par jours, quel homme pourrait tolérer ça? La prostitution bouffe toute ta vie, il n'en reste rien... Alors on pourrait revoir la question, combien ça vaut, ça?

  • Amélie Jolie - Inscrite 22 décembre 2013 20 h 58

    Avoir une loi cohérente

    -4e option- Si la prostitution est légale au Canada, il serait logique d'avoir une lois cohérente! Avoir une loi juste et intelligente qui est capable de faire la distinction entre adulte et mineur, entre travail choisi et exploitation non choisi, entre client et agresseur, entre employeur et exploiteur.

    Le modèle Suédois à des grosses failles, regardez un peu la monté des viols par chez eux, ok serte ce n'est «peut-être» pas relié à la pénalisation du client, mais avec tout ce qui se passe là bas, ce n'est pas ce qu'on pourrait appeler un modèle à suivre.

    Arrêtez toute les violences envers les travailleurs et travailleuses du sexe c'est aussi d'arrêter de nous insulter verbalement. Les mots blèses c'est bien connu. Arrêtez de nous traiter d'objets sexuelle, de marchandises, de nous victimiser sans cesse, d'essayé de faire croire aux gens qu'on est aliéné qu'on est incapable de faire des choix. À la longue, ceux qui disent vouloir nous défendre instaurent un discourt négatif et réducteur autour de nous. Ça envoie le message à la population qu'on est des moins que rien. On éduquent les gens à nous détester et les insultes pleuvent, ça en devient normal d'insulter une prostituée, on nous fait subir violence verbale, on nous méprisent et ridiculisent. C'est le début de l'intimidation ça? Non? N'oubliez jamais qu'on est un être humain. Même si on fait ce travail, on ne mérite pas les insultes.

    Que la loi doit s'attaque aux bonnes cibles. Les mineures qu'on exploitent, les Pimps, les exploiteurs sexuelle et les agresseurs.

    Pourquoi ne pas nous permettre de travailler dans des bonnes conditions de travail qu'on a choisi? Certaines les ont déjà, dont moi. Avoir le droit de travailler dans des beaux appartements propre, sécuritaire et si on a un problème avec un agresseur, un pimp qu'on puisse pouvoir avoir accès au service de police sans être jugé et sans menace de leur part.

    • Didier Bois - Inscrit 23 décembre 2013 17 h 54

      La suède a élargi sa définition du viol pour prendre en compte des actes qui n'étaient pas considéré comme viols autrefois, et qui ne sont pas considérés comme viol dans d'autres pays. Les statistiques viennent de là. «Lotti Helström, médecin-chef n’est pas convaincue que la hausse du nombre de plaintes reflète l’augmentation des viols. Au contraire. «Les discussions sur le sujet, le durcissement de la loi, ainsi que l’ouverture du centre ont contribué à ce que ce ne soit plus aussi tabou et honteux d’en parler», dit-elle. «Si les chiffres sont mauvais en Suède, c’est principalement parce que les victimes osent plus souvent porter plainte», explique Christian Diesen, soulignant que «ce n’est plus socialement stigmatisant de s’identifier à la victime d’un viol». La modification du code pénal, en 2005, y est pour beaucoup.
      http://www.liberation.fr/monde/0101564572-la-suede

      En France moins de 8% des femmes violées portent plainte (2008). Mais que se passerait-il si demain, 10% portent plainte, puis 12%, 14%... ? Il n'y aurait pas plus de viols mais seulement plus de femmes qui portent plainte. On ne peut relier le nombre de plaintes au nombre de viols, ni aux nombres de personnes prostituées.
      De plus, en Suède, la plupart des violeurs identifiés ne sont pas des suédois, comme le font remarquer beaucoup de monde...

      Je récuse fermement l'argument "sans prostitution les viols augmenteront". Je ne vois pas en quoi le fait de pouvoir assouvir un "besoin" sexuel contre quelques billets renforce chez l'homme le respect de l'autre. Au contraire, la prostitution envoie aux hommes le signal inverse, que le corps des femmes est toujours disponible et que leur désir à eux peuvent être satisfait en toute circonstance. Et c'est ce que l'on constate au Nevada, seul État US à autoriser la prostitution où le taux de viols est deux fois plus élevé que dans l’État de New York et 4 fois plus que dans l’ensemble des États-Unis.

  • Denis Beland - Inscrit 23 décembre 2013 12 h 10

    Pénaliser le client??

    On arrêtera jamais de vouloir faire fonctionner la petite mafia governementale sur le dos de la protitution. On gagne nos élections sur le dos de la prostitution comme mentionné dans un des commentaires et on aime faire fonctionner la roue des avocats et des juges aux frais des nos taxes. Tout ça et beaucoup plus profitable pour le governement que de regarder la situation en face d' une façaon intélligente et de constater que ce phénomène est un des plus vieux métier de la planète et pourquoi pas le rendre le plus sécuritaire tout en absorbant des taxes et utiliser une portion de ses revenues pour la réhabilitation pour des femmes qui veulent tout simplement s' en sortir. Vivont-il dans une société super hypocrite? Allez-voir le modèle en Hollande et vous verrais que ce modèle est assez bien balancer.