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    Le Bloc après Daniel Paillé - Existence nécessaire

    Antoine Robitaille
    17 décembre 2013 |Antoine Robitaille | Canada | Éditoriaux

    On dirait que le sort s’acharne sur le Bloc québécois. Déjà fragile après sa dégelée de mai 2011, il a traversé depuis quelques séances de rafting éprouvantes : enquête sur les dépenses de Gilles Duceppe (ce dernier a été blanchi) ; expulsion déchirante de Maria Mourani autour du difficile débat sur la charte des valeurs québécoises. Et maintenant, voilà que son chef Daniel Paillé doit laisser sa place en raison de son état de santé précaire.

     

    Plusieurs acteurs politiques ont évidemment mis la partisanerie de côté afin de souhaiter à M. Paillé de juguler la satanée maladie qui l’afflige. Saluons ici l’ardeur avec laquelle, depuis 2011, ce dernier a travaillé (souvent dans l’ombre) à relancer le Bloc. Non sans certains succès : les finances du parti s’améliorent ; début mars un transfuge néodémocrate, Claude Patry, passait au Bloc après un débat essentiel sur la loi sur la clarté.

     

    M. Paillé n’était pas un chef charismatique, mais avait eu le leadership nécessaire pour définir un plan de redressement du Bloc. Les sondages n’ont rien des années fastes, mais le Bloc réussit quand même beaucoup mieux que d’autres partis québécois, à d’autres paliers, dont on ne remet pourtant pas constamment l’existence en question : QS et la CAQ, notamment.

     

    Plusieurs se réjouissent secrètement : le départ de M. Paillé serait le dernier clou dans le cercueil du Bloc. Le Québécois honteux est prompt à se dire « tanné » de voir les siens « toujours chialer » à Ottawa. Or, no taxation without representation : il y a encore quelque 40 % de souverainistes au Québec. Ceux-là ont le droit d’être représentés dans tous les Parlements où ils ont des élus. À un moment charnière du Canada, le rapatriement de la Constitution, Pierre Elliott Trudeau a pu soutenir qu’avec ses 74 députés québécois, il avait une légitimité égale à l’Assemblée nationale. Ne l’oublions pas.

     

    Au surplus, l’affront qui a conduit à la naissance du Bloc (le rejet de Meech) n’a jamais été réparé. Certains rétorqueront que c’est là la preuve que ce parti a failli. Or, si les vingt ans où le Bloc a été un parti reconnu à la Chambre des communes nous apprennent quelque chose, c’est que sa critique inlassable a eu une grande utilité : le déséquilibre fiscal, le scandale des commandites, combien de dossiers où il a agi comme dénonciateur ? Depuis 2011, le NPD — alors que les initiatives fédérales unilatérales se multiplient — démontre qu’il est incapable de jouer pleinement ce rôle. Et il ne faut pas compter sur Justin Trudeau en ces matières… L’existence du Bloc demeure donc nécessaire. Avec un nouveau (disons Pierre Curzi), il pourrait rendre de grands services au Québec.













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