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    Sécurité alimentaire des Canadiens - Les cyniques

    Serge Truffaut
    29 novembre 2013 |Serge Truffaut | Canada | Éditoriaux

    C'est à se demander s’il ne faudrait pas ordonner le bannissement de l’expression « le sens commun ». Car après avoir entendu les cris et chuchotements de la commission Charbonneau, après l’illustration et la défense de l’intérêt, le financier évidemment, du patron de Tourisme Montréal, après les mauvais écarts sur le flanc de la sécurité du pont Champlain, après avoir appris que tout ce qui pense, bouge et ose débattre est le sujet chéri des maîtres-espions de Washington, voilà qu’on vient d’apprendre que le ministère fédéral de la Santé se moque de la santé des Canadiens. Totalement ? Non. Pratiquement ? Sans l’ombre d’un doute.

     

    Voilà (bis) que grâce à l’enquête publiée ces jours-ci dans la revue Open Medicine, on apprend que la majorité des membres siégeant aux comités consultatifs de Santé Canada sont en conflit d’intérêts. Car soit ils détiennent des actions des entreprises agroalimentaires, soit ils perçoivent des redevances sous des formes diverses, soit ils travaillent en sous-traitance pour elles. Pour faire court, on reprendra ce commentaire du docteur Norm Campbell de l’Université de Calgary, et principal auteur de l’étude, les personnes honnêtes et sincèrement attachées au bien-être des citoyens « ne forment plus qu’une infime minorité. »

     

    Cela rappelé, on ne sera pas étonné d’apprendre que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pointe le laxisme, pour rester pondéré, du Canada en la matière. Plus exactement, l’OMS reproche aux autorités prétendument concernées de faire le service minimum. Prenons par exemple la malbouffe, réputée être responsable de milliers et de milliers de morts. Après des années d’études, le Groupe de travail sur le sodium avait recommandé une série de mesures afin de réduire le sel. Les scientifiques du Groupe avaient reçu l’aval de la société civile, des gouvernements provinciaux et autres. En vain. En mai dernier, les députés conservateurs votaient contre un projet de loi dont le but consistait, on le souligne mille fois plutôt qu’une, à améliorer la santé des Canadiens. Leur bien-être. Il faut savoir que la teneur en sel d’une foule de produits vendus ici est de loin supérieure à celle constatée en Europe et aux États-Unis. Par exemple, on compte 861 mg de sel dans les All Bran de Kellogg’s distribués au Canada, contre 258 mg aux États-Unis.

     

    Il en a été et il en va toujours ainsi parce que l’imputabilité a été érigée en pivot de la déontologie (sic) gouvernementale, ainsi qu’en témoignent les changements apportés en la matière en 2011. Il en va ainsi parce que les ministres de la Santé d’hier et d’aujourd’hui s’emploient à justifier la non-réglementation en martelant ne pas vouloir « ajouter au fardeau réglementaire de l’industrie ». Bref, la santé est considérée comme un rempart. À quoi ? Aux gains financiers.













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