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    Pipelines - Pétrole contre bélugas?

    Jean-Robert Sansfaçon
    26 novembre 2013 |Jean-Robert Sansfaçon | Canada | Éditoriaux

    La nouvelle court depuis quelques semaines : la société TransCanada, qui projette de construire un oléoduc pour transporter le pétrole albertain jusqu’au Nouveau-Brunswick, veut y ajouter des installations d’entreposage et de transbordement à Cacouna, près de Rivière-du-Loup.

     

    Pour la compagnie, le projet a ses avantages puisque le BAPE s’est déjà prononcé en faveur d’un terminal pour superméthaniers à cet endroit. Le projet avait d’ailleurs été accepté sans réserve par le gouvernement Charest. Mais comme à Lévis, il n’a pas vu le jour à cause de la chute du prix du gaz naturel provoquée par la découverte du gaz de schiste.

     

    Si l’idée d’un port méthanier avait reçu l’appui d’une majorité de citoyens de la région, il n’est pas certain qu’il en sera de même pour un port pétrolier. À Lévis, on a récemment dit non à de nouvelles installations destinées au pétrole des sables bitumineux.

     

    Pour le moment, les élites de la région de Cacouna y semblent favorables, en raison des retombées économiques importantes durant la phase de construction. Mais comme le nouveau quai serait situé à plus de 600 mètres de la rive dans une zone que l’on dit fréquentée par les bélugas au moment de mettre bas, les choses risquent de se compliquer.

     

    Tout ça pour quelques poissons ? s’exclameront en choeur les curés de la création-de-la-richesse ? Pas si vite : de un, baleines et bélugas font partie des attraits touristiques majeurs de la région ; de deux, nous avons le devoir de protéger ces espèces menacées contre les agressions de l’industrialisation. Imaginez la campagne mondiale de dénigrement qui suivrait la simple rumeur d’une décision canadienne mettant en péril l’existence d’une colonie de baleines !

     

    Pendant des années, les Québécois se sont crus à l’abri des effets secondaires de l’exploitation des gisements pétroliers de l’Ouest. Il nous était facile, à nous qui étions fiers de notre hydroélectricité « propre », de critiquer de loin l’exploitation des sables bitumineux. Les choses ont changé.

     

    Aux prises avec d’énormes difficultés à exporter un pétrole considéré comme sale par plusieurs, dont leurs plus proches voisins américains, les compagnies pétrolières et les provinces de l’Ouest se tournent aujourd’hui vers l’Est pour rejoindre les marchés étrangers avec l’appui militant du gouvernement Harper.

     

    Non satisfait de tuer l’industrie manufacturière à petit feu sous la pression d’un dollar gonflé à l’hormone noire, Ottawa n’hésite plus à utiliser le rouleau compresseur législatif pour écarter ses adversaires.

     

    Quant au gouvernement du Québec, il ne sait pas ce qu’il veut.

     

    Tant mieux si les études en viennent à démontrer que le passage d’un pipeline et la construction d’un port pour superpétroliers ne présentent aucun risque. Pour le moment, la preuve reste à faire.













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