Oléoduc Énergie Est - Harper promet un examen indépendant

Stephen Harper était de passage à Québec pour annoncer un investissement de 8,2 millions de dollars du fédéral dans un projet de réfection de la côte Gilmour. Il s’agissait de sa quatrième visite dans la région cette année.
Photo: Clément Allard - Le Devoir Stephen Harper était de passage à Québec pour annoncer un investissement de 8,2 millions de dollars du fédéral dans un projet de réfection de la côte Gilmour. Il s’agissait de sa quatrième visite dans la région cette année.

Québec — Pour convaincre les Québécois de laisser passer le pipeline Énergie Est, de TransCanada, le premier ministre Stephen Harper assure qu’avant d’être lancé, le projet sera évalué de façon indépendante. Or, pour l’opposition, l’exercice n’aura d’indépendant que le nom.

De passage à Québec vendredi, Stephen Harper s’est fait demander comment il allait convaincre les Québécois d’approuver le projet d’oléoduc dans le contexte de « l’après-Mégantic ». « Pour les projets d’oléoducs comme celui-ci, il y a des processus d’approbation indépendants », a-t-il répondu.

 

Or, l’opposition néodémocrate n’y croit pas un instant. Le gouvernement conservateur fonctionne plutôt par « diktats », selon le porte-parole en matière d’énergie, Peter Julian. Ce dernier réclame plutôt des « consultations réelles » et des « vérifications environnementales crédibles ».

 

C’est l’Office national de l’énergie qui aura à trancher dans ce dossier. Or, avec « l’Office national de l’énergie, il n’y a pas vraiment de consultation publique,souligne M. Julian. De toute façon, peu importe la décision de l’Office, le cabinet de M. Harper peut décider de prendre une autre direction. L’Office national de l’énergie n’a plus le pouvoir et l’indépendance pour prendre ces décisions-là. »

 

Le premier ministre Harper n’a d’ailleurs pas caché vendredi sa sympathie pour le projet de TransCanada. Après avoir insisté sur le processus « d’approbation indépendant », il a ajouté : « Mais évidemment, je pense que c’est important pour nous de vendre nos produits énergétiques […] et que c’est une bonne idée d’avoir des solutions pancanadiennes qui vont créer des emplois. »

 

Le premier ministre a en outre recours à l’argument de « la sécurité énergétique », et répète que les pipelines sont la façon la plus « sûre » de transporter le pétrole. Sur ce point aussi, le NPD met toutefois des bémols. « En ce qui concerne les oléoducs, on voit de plus en plus de fuites de pétrole », insiste le député Julian.

 

4400 kilomètres

 

Évalué à 12 milliards de dollars, le pipeline de TransCanada parcourrait 4400 kilomètres pour faire circuler plus d’un million de barils de pétrole par jour entre l’Alberta et le Nouveau-Brunswick, traversant au passage le Québec. Si dans l’Ouest, on prévoit transformer un gazoduc existant, il faudrait construire un nouveau pipeline sur une bonne partie du parcours québécois, entre Montréal et le Témiscouata.

 

À la hauteur de Québec, la compagnie prévoit en outre creuser dans le fleuve pour y faire passer l’oléoduc de la rive nord à la rive sud. On parle aussi de faire transiter du pétrole par bateau, d’un terminal de Lévis vers l’étranger.

 

Dans la région de Québec comme ailleurs, le projet est encore peu connu du grand public. Or, pendant l’été, les dirigeants de TransCanada ont fait le tour des élus de la région pour leur présenter le projet.

 

À ce jour, il n’a pas suscité de levée de boucliers, mais fait face à une certaine méfiance. Lundi, le maire de Donnacona disait craindre qu’on détruise des parcelles importantes de terres agricoles. Le préfet de la MRC de Portneuf s’attend pour sa part à ce que ça ne passe pas « comme une lettre à la poste ».

 

Quant au maire de Québec, Régis Labeaume, il a dit vendredi que cela ne relevait pas de sa juridiction, mais s’y est montré plutôt sympathique. « Si vous me laissez le choix entre un oléoduc ou continuer à transporter un pétrole par train, par bateau ou par citerne, je serai assez oléoduc, a-t-il dit avant de préciser que c’était une opinion personnelle. Si ça permet entre autres d’alimenter Ultramar […] et qu’il n’y avait plus de bateau qui viendrait à Québec en transportant du pétrole, moi, je pense que c’est une bonne idée. »

 

Courtiser le Québec

 

Stephen Harper était de passage à Québec pour annoncer un investissement de 8,2 millions de dollars du fédéral dans un projet cher au maire de Québec : la réfection de la côte Gilmour. Il s’agit de sa quatrième visite dans la région cette année.

 

Aux médias qui y voyaient une tentative de courtiser les électeurs québécois, il a défendu son bilan. « Je pense que nous avons beaucoup fait pour cette région pendant les années passées. Mais comme j’ai dit à plusieurs reprises, c’est ma ville jumelle [Québec est jumelée à Calgary]. Je suis déterminé à poursuivre mes projets qui vont bénéficier àcette région. »

 

De toute évidence, les conflits entre le maire Labeaume et le fédéral dans le dossier de l’amphithéâtre sont chose du passé. « Ça fait quand même quelques années, a réagi le maire à ce propos. À un moment donné, il faut pas virer fous. L’important, c’est qu’ils livrent. »

32 commentaires
  • Jean-Marc Simard - Abonné 3 août 2013 05 h 31

    Accro au pétrole

    Harper est content du projet de construire un oléoduc trans-canadien. Un nouveau Canada est-t-il en train de naître ? Le chemin de fer de McDonald a fait le Canada de 1867. Est-ce que le projet d'oléodoc va consolider l'appartenance canadienne ? De toute façon la vie moderne canadienne est accro au pétrole, malgré les risques environnementaux. Du moins, c'est ce que l'on croit et c'est ce que les pétrolières et Harper veulent nous faire croire. Pourtant les technologies alternatives existent. Exemple le moteur roue qui fonctionnait très bien dont le projet a été saboté par les pétrolières.Quand nos politiciens seront-ils capable de dire non aux pétrolières? QUAND ? L'avenir canadien ne passe pas par le pétrole tueur de vies, mais par les technologies alternatives... Ne manque que la volonté politique pour ce faire. Mais malheureusement nos politiciens n'ont pas cette volonté. Seraient-ils des couillards?

    • Normand Ouellet - Inscrit 3 août 2013 11 h 28

      Ouais! un peu facile de traiter l'autre de couillard surtout que c'est aussi un nom d'un politicien aspirant à prendre le bâton de pellerin des Québécois.

      Il faut vraiment revenir au concept que consommer c'est voter. On ne peut s'offusquer si en bout de ligne nous consommons le pétrole. Quel que soit le réseau d'approvisionnement, la cause première de la manipulation de matières dangereuses dans nos beaux paysages et dans notre air que nous respirons à grands poumons, c'est notre soif insatiable pour la ressource. Alors ceux qui se déresponsabilisent en déléguant leurs problèmes à des politiciens sont peut être aussi en train de passer leur frustation d'impuissance à ces chers politiciens, souvent des boucs émissaires idéaux. Chacun de nos gestes comptent ...

    • Jacques Moreau - Inscrit 3 août 2013 12 h 05

      Votre "moteur roue" fonctionne comment? Avec de l'électricité, je crois.
      Cette électricité pour les auto est emmagasin dans des accumulateurs fabriqués avec des produit chimique, pas nécessairement écologique comme l'eau de source. En attendant les autos électriques, qui pourront parcourir 500 km sur l'accumulateur, recharger en 15 minutes et être coûter pas plus cher qu'un véhicule au pétrole; nous serons "accroc" au pétrole.

    • Mario Paquette - Inscrit 3 août 2013 13 h 25

      Quelle est le lien entre les conservateurs et les pétrolières!!!!!!!!!!!
      Le pétrole des sables bitimineux et a 70 % acquis a des intérets étrangers!!! (Chinois, Britannique etc.....)
      Le gouvernement Harper accorde des subventions de 1,3 milliard $ à l’industrie des combustibles fossiles par ans.

      Exprimez-vous !!!!!!!!!!!!!!!!!

      Les cadeaux aux pétrolières, ça suffit
      http://petition.npd.ca/petrolieres

    • Rodrigue Guimont - Inscrit 4 août 2013 10 h 02

      Dire non aux pétrolières nos politiciens?

      La CAQ et le PLQ vont avec joie être contents-contents du projet puisqu’un rien les contente, des petits bonbons dans des enveloppes, quelques tapes dans le dos et c’est autorisé au nom du sacro-saint progrès!

      D’ailleurs, avez-vous remarqué comment les grandes compagnies privées ou publiques s’y prennent pour annoncer de mauvaises nouvelles, comme des coupures d’emploi, des licenciements, des baisses de salaire, des fermetures d’usine, des augmentations de tarifs ou quand on cherche à faire accepter des projets inacceptables aux yeux de la population? Ils utilisent de jolies femmes, jeunes de préférence, diplômées en relations humaines.

      Côté social, côté humain, ils pensent que la mauvaise nouvelle passera mieux si la messagère est socialement avenante et qu’elle démontre un tant soit peu d’empathie. Et hop! On n’y voit que du feu!

  • Victor Raiche - Inscrit 3 août 2013 07 h 02

    Franglais: à l'année longue



    Les expressions à la journée longue, à la semaine longue et à l'année longue sont des calques de l'anglais. En français, il faut dire à longueur de journée, ...

    www.radio-canada.ca/radio/francaismicro/descriptio

    • Christian Fleitz - Inscrit 5 août 2013 06 h 41

      exact, c'est comme le '' il n'ya pas personne'' qui en logique veut dire qu'il y a quelqu'un....

  • Yves Perron - Inscrit 3 août 2013 07 h 24

    Des nanannes

    Comme toujours le Canada nous promet le paradis dès qu'il veut nous faire un bébé dans le dos, ensuite il nous donne des miettes et passe à un autre appel.

    Depuis les débuts de cette soi-disant confédération qu'on nous fait passer des vessies pour des lanternes. Du scandale du chemin de fer trans-Canadien payé par nous , le don du Labrador à Terre-Neuve, le financement du transport hydro électrique de Terre-Neuve, bientôt le vol d'Old Harry dans le Golfe ,Le pacte de l'automobile pour l'Ontario,j'oubliais le renflouage de la faillite du Haut Canada par le Bas Canada, etc....

    Moi j'ai une suggestion pour nos élites. Pourquoi pas explorer notre propre pétrole nous même ? Tant qu'à prendre des risques de faire passer du pétrole sale partout au Québec , aussi bien risquer et contrôler le notre?

    • Christian Fleitz - Inscrit 3 août 2013 09 h 58

      En voilà des évidences ? Et l'intérêt des provinces déjà pollueuses ? Voulez-vous les affamer ? Quel manque d'esprit ''fédéral'' ! C'est vrai que, tant qu'à faire, autant être soit-même responsable de ses pollutions, voilà une belle preuve de souveraineté ! Et puis, au moins, en cas d'incident ou de catastrophe, on a la satisfaction d'en être responsable.

    • Alexie Doucet - Inscrit 3 août 2013 13 h 02

      Moi, j'ai une autre solution: la séparation du Québec! Là on sera en mesure de négocier les tarifs de passage, de faire respecter nos lois, et de produire le type d'énergie qu'on voudrait avoir. Tout ce qui manque c'est un leadership digne de ce nom.

  • Julie Carrier - Inscrite 3 août 2013 07 h 43

    Hypocrisie

    J'implore la population de ne pas se laisser berner par les propos tompeurs de ce premier ministre. Nous savons tous qu'il n'a aucun respect pour l'environnement, le climat et les problèmes connextes. Nous savons tous que son but est le développement de cette énergie sale et qu'il en est le plus grand défenseur. Je porte l'espoir d'un refus de ces oléoducs par les autorités locales et les gouvernements provinciaux.

    • Laurel Thompson - Inscrite 3 août 2013 09 h 47

      Justice Climatique de Montreal a une résolution qui dit Non aux sables bitumineux pour toutes les arrondissements de Montréal.
      justiceclimatiquemontréal.ca. Il y a aussi les pétitions. Nous pouvons arreter l'arrivée de cette énergie sale au Quebec mais il faut que nous soyons actives

    • Julie Carrier - Inscrite 3 août 2013 09 h 48

      Mes excuses à M. François Dugal qui publie de temps à autres dans cette rubrique ses savoureux commentaires dont les " enrichissons notre vocabulaire ".. Je vous imite kpour une fois mais juste pour une fois, c'est plus fort que moi..;-)..

      Alors, Enrichissons notre vocabulaire :

      HYPOCRISIE :

      Défaut consistant à cacher ses véritables sentiments et à feindre des opinions et des vertus que l'on n'a pas .

    • Christian Fleitz - Inscrit 3 août 2013 09 h 51

      '' Au armes, Citoyens !''

    • Daniel Gagnon - Abonné 3 août 2013 12 h 50

      Et l'ineffable trublion RégisLabeaume venu à Lac-Mégantic accuser à grands coups de gueule la MMA, mais serrant la main en secret le lendemain à l'église du député/ministre Christian Paradis et celle de Monsieur Harper, les responsables des la honteuse déréglementation...

      Et voilà qu'on lui a donné son gros suçon au petit maire comploteur, le huit millions point deux pour sa côte Gilmour... on se tient les côtes pour ne pas rire.. ou plutôt pour ne pas pleurer devant un tel cynisme, devant une telle utilisation immorale et insolente de la tragédie de Lac-Mégantic!

  • Marcel Bernier - Inscrit 3 août 2013 08 h 08

    Un grand projet de société...

    S'engager dans le chantier de la pollution, du réchauffement climatique autour de l'axe central du pétrole sale des sables bitumineux afin d'affermir son pouvoir et pouvoir mettre en oeuvre ses politiques rétrogrades; essayer de rallier les Québécois et les Québécoises à une vision d'un Canada uni autour d'oléoducs transcanadiens, comme autrefois on a pu le faire avec le rail, et tout ça pour que règle cette idéologie néoconservatrice, empruntée aux républicains américains, qui fait la part belle au créationnisme, à la Bible et aux valeurs protestantes en guise d'énoncés politiques. Non, merci!

    • Christian Fleitz - Inscrit 3 août 2013 09 h 50

      Néoconservatisme, mais surtout idéologiquement néolibérale économiquement : tout pour le profit qui revient au ''privé'', les coûts des déficits et des réparations relevant incombant au public. Quel bonheur pour les compagnies ! Transcanada doit, bien sur, être une société philanthropique ! La pollution de l'environnement ? Une vue de l'esprit sans fondement d'enragés politiquement rétrogrades ! Qui peut affirmer que le gouvernement fédéral ne veut pas le bien de ses administrés, au moins pour ses compagnies ''amies'' ?

    • Simon Pelchat - Abonné 4 août 2013 10 h 15

      Commentaires judicieux que je partage.