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    Oléoduc Énergie Est - Harper promet un examen indépendant

    3 août 2013 |Isabelle Porter | Canada
    Stephen Harper était de passage à Québec pour annoncer un investissement de 8,2 millions de dollars du fédéral dans un projet de réfection de la côte Gilmour. Il s’agissait de sa quatrième visite dans la région cette année.
    Photo: Clément Allard - Le Devoir Stephen Harper était de passage à Québec pour annoncer un investissement de 8,2 millions de dollars du fédéral dans un projet de réfection de la côte Gilmour. Il s’agissait de sa quatrième visite dans la région cette année.
    Québec — Pour convaincre les Québécois de laisser passer le pipeline Énergie Est, de TransCanada, le premier ministre Stephen Harper assure qu’avant d’être lancé, le projet sera évalué de façon indépendante. Or, pour l’opposition, l’exercice n’aura d’indépendant que le nom.

    De passage à Québec vendredi, Stephen Harper s’est fait demander comment il allait convaincre les Québécois d’approuver le projet d’oléoduc dans le contexte de « l’après-Mégantic ». « Pour les projets d’oléoducs comme celui-ci, il y a des processus d’approbation indépendants », a-t-il répondu.

     

    Or, l’opposition néodémocrate n’y croit pas un instant. Le gouvernement conservateur fonctionne plutôt par « diktats », selon le porte-parole en matière d’énergie, Peter Julian. Ce dernier réclame plutôt des « consultations réelles » et des « vérifications environnementales crédibles ».

     

    C’est l’Office national de l’énergie qui aura à trancher dans ce dossier. Or, avec « l’Office national de l’énergie, il n’y a pas vraiment de consultation publique,souligne M. Julian. De toute façon, peu importe la décision de l’Office, le cabinet de M. Harper peut décider de prendre une autre direction. L’Office national de l’énergie n’a plus le pouvoir et l’indépendance pour prendre ces décisions-là. »

     

    Le premier ministre Harper n’a d’ailleurs pas caché vendredi sa sympathie pour le projet de TransCanada. Après avoir insisté sur le processus « d’approbation indépendant », il a ajouté : « Mais évidemment, je pense que c’est important pour nous de vendre nos produits énergétiques […] et que c’est une bonne idée d’avoir des solutions pancanadiennes qui vont créer des emplois. »

     

    Le premier ministre a en outre recours à l’argument de « la sécurité énergétique », et répète que les pipelines sont la façon la plus « sûre » de transporter le pétrole. Sur ce point aussi, le NPD met toutefois des bémols. « En ce qui concerne les oléoducs, on voit de plus en plus de fuites de pétrole », insiste le député Julian.

     

    4400 kilomètres

     

    Évalué à 12 milliards de dollars, le pipeline de TransCanada parcourrait 4400 kilomètres pour faire circuler plus d’un million de barils de pétrole par jour entre l’Alberta et le Nouveau-Brunswick, traversant au passage le Québec. Si dans l’Ouest, on prévoit transformer un gazoduc existant, il faudrait construire un nouveau pipeline sur une bonne partie du parcours québécois, entre Montréal et le Témiscouata.

     

    À la hauteur de Québec, la compagnie prévoit en outre creuser dans le fleuve pour y faire passer l’oléoduc de la rive nord à la rive sud. On parle aussi de faire transiter du pétrole par bateau, d’un terminal de Lévis vers l’étranger.

     

    Dans la région de Québec comme ailleurs, le projet est encore peu connu du grand public. Or, pendant l’été, les dirigeants de TransCanada ont fait le tour des élus de la région pour leur présenter le projet.

     

    À ce jour, il n’a pas suscité de levée de boucliers, mais fait face à une certaine méfiance. Lundi, le maire de Donnacona disait craindre qu’on détruise des parcelles importantes de terres agricoles. Le préfet de la MRC de Portneuf s’attend pour sa part à ce que ça ne passe pas « comme une lettre à la poste ».

     

    Quant au maire de Québec, Régis Labeaume, il a dit vendredi que cela ne relevait pas de sa juridiction, mais s’y est montré plutôt sympathique. « Si vous me laissez le choix entre un oléoduc ou continuer à transporter un pétrole par train, par bateau ou par citerne, je serai assez oléoduc, a-t-il dit avant de préciser que c’était une opinion personnelle. Si ça permet entre autres d’alimenter Ultramar […] et qu’il n’y avait plus de bateau qui viendrait à Québec en transportant du pétrole, moi, je pense que c’est une bonne idée. »

     

    Courtiser le Québec

     

    Stephen Harper était de passage à Québec pour annoncer un investissement de 8,2 millions de dollars du fédéral dans un projet cher au maire de Québec : la réfection de la côte Gilmour. Il s’agit de sa quatrième visite dans la région cette année.

     

    Aux médias qui y voyaient une tentative de courtiser les électeurs québécois, il a défendu son bilan. « Je pense que nous avons beaucoup fait pour cette région pendant les années passées. Mais comme j’ai dit à plusieurs reprises, c’est ma ville jumelle [Québec est jumelée à Calgary]. Je suis déterminé à poursuivre mes projets qui vont bénéficier àcette région. »

     

    De toute évidence, les conflits entre le maire Labeaume et le fédéral dans le dossier de l’amphithéâtre sont chose du passé. « Ça fait quand même quelques années, a réagi le maire à ce propos. À un moment donné, il faut pas virer fous. L’important, c’est qu’ils livrent. »

     
     
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