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    Sites d’injection supervisée : Ottawa resserre les règles

    Sur le Web, le Parti conservateur invite par ailleurs les citoyens qui veulent « garder l’héroïne loin de chez eux » à se manifester

    Le site d’injection supervisée Insite, à Vancouver. Selon le nouveau projet de loi conservateur déposé jeudi, pour rester ouvert, Insite devra notamment fournir des preuves de son acceptabilité sociale.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Darryl Dyck Le site d’injection supervisée Insite, à Vancouver. Selon le nouveau projet de loi conservateur déposé jeudi, pour rester ouvert, Insite devra notamment fournir des preuves de son acceptabilité sociale.
    À considérer

    Point de vue des intervenants (ministre de la Santé et de la Sécurité, autorités municipales, chef de police, direction de la santé publique)
    Rapport des consultations avec les ordres professionnels des médecins et des infirmières et avec un vaste éventail de groupes communautaires
    Indication de viabilité financière
    Vérification des casiers judiciaires
    du personnel
    Éléments scientifiques probants appuyant les bénéfices d’un site d’injection supervisée
    Possibles effets sur la sécurité publique

    Au moment où Ottawa déposait un projet de loi imposant entre autres « l’acceptabilité sociale » pour l’ouverture et le maintien d’un site d’injection supervisée (SIS), le Parti conservateur lançait jeudi un site Web invitant les citoyens à s’opposer à de tels projets.


    Sous le titre « Garder l’héroïne loin de chez nous », il invite les citoyens à laisser leur nom, leur courriel et leur code postal pour ajouter leur voix à une « liste croissante de Canadiens qui veulent avoir leur mot à dire avant qu’un site de consommation de drogue supervisée soit ouvert près de là où vit [leur] famille ». On y voit une photographie d’une seringue souillée laissée sur le bitume.


    Le même jour, resserrant un processus déjà complexe, Ottawa a déposé la Loi sur le respect des collectivités, qui obligera les SIS à fournir à Santé Canada des documents supplémentaires, dont des preuves de l’acceptabilité du projet par la communauté. Les SIS existants, comme Insite à Vancouver, devront aussi se soumettre à la nouvelle loi.


    En conférence de presse à Ottawa, la ministre fédérale de la Santé Leona Aglukkaq a joué les cartes de la loi et l’ordre et de l’acceptabilité sociale, tout en reconnaissant que « les toxicomanes ont besoin d’être aidés ».


    Dans un communiqué de presse envoyé jeudi, la ministre affirme que « la création d’un endroit permettant la consommation de drogues obtenues de sources illicites pourrait causer beaucoup de tort au sein de la collectivité », raison pour laquelle les citoyens doivent pourvoir « se faire entendre avant qu’une exemption puisse être prise en considération ».


    Un courriel envoyé aux militants conservateurs est plus explicite. « Voulez-vous d’un centre de consommation de drogue supervisée dans votre communauté ? Je n’en veux pas près de chez moi », écrit la directrice de campagne Jenni Byrne. Elle ajoute : « Oui, au moment où j’écris ces lignes, des groupes d’intérêts tentent d’ouvrir de tels sites d’injection supervisée dans des villes partout au Canada - faisant fi des objections des résidants et des forces de l’ordre. » Elle invite ensuite les militants à se rendre sur le site Web du parti pour ajouter leur nom à la banque de données des opposants.


    Ottawa assure que « les nouvelles mesures tiennent compte de la décision rendue en 2011 par la Cour suprême », qui avait statué que le centre Insite de Vancouver devait pouvoir poursuivre ses opérations. À cette époque, la ministre Aglukkaq s’était dite « déçue » de la décision unanime du tribunal.


    Le milieu inquiet


    Montréal planche depuis plusieurs années sur un projet comprenant plusieurs SIS. L’organisme Cactus et le directeur de la santé publique, le Dr Richard Massé, craignent que leurs démarches se complexifient.


    « Jusqu’à quel point des groupes minoritaires auront une écoute dans le cadre du projet de loi ? demande le Dr Massé. Ces services sauvent des vies. C’est trop tôt pour dire ce qui va se passer, mais ça m’apparaît mettre des barrières très hautes, alors que la Cour suprême a clairement dit que ne pas l’offrir contrevenait aux droits de la personne. »


    L’Association médicale canadienne a dit y voir un projet de loi qui « repose sur une idéologie ». « Il semble que les balises proposées par le MSSS concordent avec le projet de loi du gouvernement fédéral », réagit de son côté le ministère de la Santé du Québec. « Quant à l’information disant que “la création d’un endroit permettant la consommation de drogues obtenues de sources illicites pourrait causer beaucoup de tort au sein de la collectivité”, ce n’est pas ce que démontrent les études faites sur le sujet. Il nous faudra par contre étudier davantage le projet de loi notamment avec le ministère de la Justice du Québec », indique Karine White.













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