Lettre - Harper linguiste
Et ce, d’autant mieux que, loin de s’en tenir à leur habituelle camelote verbale, ils vont recruter des « scientifiques » complaisants pour tirer de leurs « recherches » la seule preuve préalablement commandée. L’altération totale du sens des mots permettra de fabriquer la version officielle de ce qui devra passer pour la réalité elle-même.
La première moitié du XXe siècle garde ouvert un chantier pour la pensée s’exerçant à discerner les procédés artificieux qui ont favorisé l’émergence des régimes totalitaires. On ferait bien de ne pas prendre à la légère des « tentations », toujours vivaces, auxquelles peut céder un pouvoir impatient de faire sauter les garde-fous démocratiques pour étendre son emprise. La falsification éhontée du langage et le fanatisme idéologique résolu à faire taire toute contestation, fut-elle la mieux documentée, manifestent sans équivoque, de la part du gouvernement Harper, la volonté de mettre au pas les citoyens, à commencer par les plus démunis.
Ce mot de Karl Kraus reste à l’ordre du jour : « Finalement, tous les César ont été au-dessus de la grammaire. »







