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    Constitution - Trudeau n’entend pas «rouvrir de vieilles batailles»

    Le favori dans la course à la chefferie du PLC est peu ouvert à l’idée qu’Ottawa publie ses archives

    12 avril 2013 |La Presse canadienne | Canada
    Justin Trudeau estime qu’en soulevant une controverse au sujet du rapatriement de la Constitution, les souverainistes essaient « de retrouver un niveau de pertinence, de présence, dans l’esprit public ».
    Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Justin Trudeau estime qu’en soulevant une controverse au sujet du rapatriement de la Constitution, les souverainistes essaient « de retrouver un niveau de pertinence, de présence, dans l’esprit public ».

    Ottawa — Justin Trudeau est loin d’être favorablement disposé envers la demande de Pauline Marois qu’Ottawa rende publiques ses archives pour faire la lumière sur de possibles irrégularités entourant le rapatriement de la Constitution.


    En entrevue à la Presse canadienne, le favori de la course au leadership du Parti libéral du Canada a confié qu’il n’avait pas l’intention de « sombrer dans de vieilles chicanes ».


    « À moins que je commence à entendre beaucoup de gens, partout au Québec, [dire] que c’est leur plus grande préoccupation, moi, je ne vais pas utiliser de mon temps, de mon capital politique, pour rouvrir de vieilles batailles », a-t-il tranché.


    Selon lui, les souverainistes sont « en train d’essayer à tout prix de retrouver un niveau de pertinence, de présence, dans l’esprit public ».


    « Ils cherchent des excuses pour ramener de vieilles chicanes. Pour moi, ce n’est pas de ça que les gens parlent. »


    Dans son livre La bataille de Londres, l’historien Frédéric Bastien avance que le principe de la séparation des pouvoirs entre le judiciaire et l’exécutif a été bafoué lors de cet épisode charnière de l’histoire du pays. La Cour suprême du Canada a laissé savoir qu’elle allait examiner le dossier, alors que le juge en chef de l’époque, Bora Laskin, aurait pu avoir donné des informations privilégiées aux gouvernements canadien et britannique.


    Pierre Elliott Trudeau était alors premier ministre du Canada. Aujourd’hui, son fils aîné avoue être « curieux » de voir les conclusions que tirera le plus haut tribunal au pays dans ce dossier, sans toutefois avoir l’intention de « jouer à la petite politique là-dessus ».


    Centraliser ou pas?


    Pour Justin Trudeau, les compétences des provinces et du fédéral ne semblent pas être coulées dans un moule étanche et immuable.


    Sur la question de la gouvernance souverainiste chère à la première ministre péquiste Pauline Marois, l’aspirant chef libéral laisse entendre que cette dernière ne se heurterait pas systématiquement à une porte fermée s’il entrait au 24 Sussex.


    « Que n’importe quel premier ministre vienne me voir avec une demande précise sur cet enjeu-ci ou cet enjeu-là, je vais toujours l’écouter, je vais toujours évaluer ce qui est dans le meilleur intérêt du Canada et même de cette province-là », a avancé ce fédéraliste convaincu.


    « Je vais regarder les justifications, l’argumentaire, et je vais voir : est-ce que c’est juste un outil pour avancer la cause souverainiste - avec laquelle je ne suis pas d’accord - ou est-ce qu’il y a un enjeu réel ? »


    Justin Trudeau a fait de l’éducation postsecondaire l’un des thèmes phares de sa campagne et il ne cache pas qu’il aimerait qu’Ottawa ait davantage son mot à dire dans ce domaine qui relève exclusivement des provinces.


    « Mais je ne suis pas pour dire que, oui, le gouvernement fédéral doit travailler plus avec les provinces en matière d’éducation sans dire qu’il y a peut-être d’autres enjeux dans lesquels le gouvernement provincial pourrait avoir plus de pouvoirs, a-t-il illustré. Je ne suis pas dogmatique dans mon approche à ce niveau-là. »


    Inévitables attaques


    Le député montréalais, élu pour la première fois en 2008, sait qu’il lui reste toute une pente à gravir pour regagner le coeur des Québécois. Il comprend aussi que l’opinion des électeurs de la province est souvent polarisée à son égard. « J’ai commencé ma carrière dans Papineau avec beaucoup de gens qui avaient une perception très négative de moi », s’est-il rappelé.


    Mais à force de porte-à-porte et de travail sur le terrain, il a ravi la circonscription de la respectée bloquiste Vivian Barbot, puis s’est fait réélire en 2011 malgré la vague orange.


    « Même si je dérange les « usual suspects » de la souveraineté, je sens une ouverture et un engouement positif partout où je vais, que ce soit au Saguenay, que ce soit à Petite-Rivière-Saint-François, que ce soit en Outaouais ou en Gaspésie. »


    Quant aux publicités négatives qui ne manqueront pas de s’abattre sur lui, il assure qu’il ripostera, même si pour l’instant le plan de sa contre-attaque n’est pas encore finalisé.


    Il assure toutefois qu’il « ne descendra pas » au niveau des conservateurs, parce qu’à son avis, les électeurs sont fatigués de ce genre de tactiques.


    Le nom du nouveau chef libéral sera dévoilé à Ottawa dimanche soir.













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