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    Nouveau guide de citoyenneté - Plus de monarchie, moins d’histoire

    La refonte met l’accent sur des conseils pratiques pour les nouveaux arrivants

    3 avril 2013 |Marie Vastel | Canada
    Le ministre de l’Immigration, Jason Kenney
    Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Le ministre de l’Immigration, Jason Kenney
    Rectificatif du 5 avril 2013
    Nous avons confondu deux documents d’Immigration Canada. Le guide de citoyenneté Découvrir le Canada, remanié il y a deux ans par le gouvernement fédéral, est toujours le document officiel remis aux immigrants pour les préparer à leur examen en vue d’obtenir leur citoyenneté. Le dépliant dévoilé mardi, Bienvenue au Canada, se veut un outil pratique pour préparer les nouveaux arrivants lorsqu’ils atterrissent en sol canadien. Il est donc inapproprié de comparer les deux documents comme nous l’avons fait. La nouvelle version du guide Bienvenue au Canada compte 148 pages de renseignements pratiques pour quiconque se prépare à s’installer au Canada, dont quatre paragraphes qui présentent les peuples fondateurs du pays — autochtones, Canadiens français, Canadiens anglais. Le guide de citoyenneté — qui retrace l’histoire du pays sur une dizaine de pages — est toujours distribué aux demandeurs de citoyenneté. Nos excuses pour ce malentendu.

    Ottawa — Le gouvernement canadien s’est doté d’un nouveau guide de citoyenneté, qui se veut un carnet de conseils pratiques pour les nouveaux arrivants. Mais le document escamote en revanche tout le cours d’histoire qui était offert aux futurs immigrants, tout en consacrant une pleine page à leur apprendre que le Canada fait partie d’une monarchie constitutionnelle.


    « Ce nouveau guide est deux fois plus long que sa version précédente, avec beaucoup plus d’informations pratiques », s’est réjoui le ministre de l’Immigration Jason Kenney, lors d’un point de presse pour dévoiler son nouveau guide à Vancouver, mardi, loin des médias nationaux.


    La nouvelle mouture, qui aura coûté 400 000 $ à préparer, contient effectivement toute une série de renseignements visant à préparer les nouveaux immigrants en vue de leur arrivée. Des chapitres détaillent ce qu’il faut faire avant d’arriver, les documents importants à se procurer, comment améliorer son français ou son anglais, et des sections du document de 148 pages sont consacrées aux réalités de l’emploi, de l’éducation, du logement, des soins de santé et des finances en sol canadien. On y explique comment se trouver un travail, louer un appartement ou s’acheter une première maison, le système d’éducation, la reconnaissance de compétences ou de diplômes d’études, et la liste des droits et libertés.


    Des pans de l’histoire escamotés


    Le guide expose en outre ce que sont l’assurance-emploi canadienne, les régimes de retraite, les régimes d’épargne-étude, l’assurance maladie, le système d’impôts, l’assurance automobile et les règles de conduite au pays, entre autres.


    Or, si le guide est deux fois plus long, la dizaine de pages qui retraçaient dans l’ancienne brochure l’histoire canadienne ont été escamotées. Le fascicule de 2009 présentait en effet les peuples fondateurs du pays - autochtones, francophones, anglophones - et expliquait l’arrivée des premiers colons européens, l’arrivée de colons français en Nouvelle-France, la guerre que se sont livrée la France et l’Angleterre ainsi que la bataille des plaines d’Abraham, l’Acte constitutionnel qui forme le Haut-Canada et le Bas-Canada, l’abolition de l’esclavage, la guerre de 1812, la Confédération en 1867, la migration vers l’Ouest et la construction du chemin de fer, les deux Guerres mondiales, le droit de vote accordé aux femmes en 1917. Quatre autres pages présentaient « le Canada moderne » - les rôles internationaux du pays, ses arts et sa culture, les découvertes et inventions qui y ont vu le jour. Tout cela n’est plus transmis.


    Le nouveau manuel n’évoque les peuples fondateurs que sur quatre paragraphes, mentionnant rapidement que les « Québécois ont conservé une langue, une culture et une identité uniques. En 2006, le Parlement canadien a reconnu que les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni. »


    Des pratiques culturelles refusées


    Si le patrimoine canadien n’a pas survécu à la refonte du guide du ministère de l’Immigration - tout comme les paroles de l’hymne national -, la « monarchie constitutionnelle » et les « liens personnels entre le Canada et la reine Elizabeth II » ont eu droit, de leur côté, à une pleine page, avec portrait officiel de Sa Majesté et photographies de sa visite à Toronto avec son mari en 1951, de même que de celle de son petit-fils William avec son épouse Kate en juillet 2011.


    L’opus 2013 du document met en outre l’accent sur certains dossiers de loi et d’ordre desquels le gouvernement conservateur a fait grand cas, comme l’opposition du Canada à la traite de personnes, et souligne de surcroît que la violence familiale et la maltraitance des enfants sont illégales, tout comme les mariages multiples.


    Le guide de citoyenneté précise par ailleurs que le Canada refuse des « pratiques culturelles barbares » comme « les crimes d’honneur, la mutilation sexuelle des femmes, les mariages forcés ou d’autres actes de violence fondés sur le sexe » et rappelle la légalité du mariage gai. « Le mariage est une des pierres d’assise d’une société forte et prospère », souligne le texte.

     
     
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