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    Près de 100 000 avortements par année au Canada

    Au Québec, le taux d’avortement par 100 naissances est passé de 7,3 en 1976 à 29,7 en 2011

    26 janvier 2013 |Hélène Buzzetti | Canada
    «On les a abandonnées. On ne s’est pas occupé d’elles.»
    — Diane Francœur, vice-présidente de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada
    Ottawa — Y a-t-il vraiment plus d’avortements au Québec que dans le reste du pays ? Pas selon les statistiques officielles. Leur nombre s’est élevé à 26 248 en 2011 dans la province et à 64 641 dans le reste du pays en 2010, dernière année pour laquelle les chiffres sont disponibles.

    Il se pratique au Québec beaucoup plus d’avortements aujourd’hui qu’en 1976, année où le gouvernement de René Lévesque a décidé de ne plus déposer d’accusations pour cet acte qui restait par ailleurs criminel en vertu de la loi canadienne. Cette année-là, il y avait eu un total de 7139 avortements. En 1989, première année complète à s’être déroulée sous l’auspice d’un Code criminel invalidé, il y en a eu 18 411.


    C’est en regardant les chiffres relatifs qu’on mesure mieux la progression. Alors qu’en 1976 le taux d’avortement par 100 naissances était de 7,3, il a atteint 29,7 en 2011. Le taux d’avortement par 1000 femmes de 15 à 44 ans, lui, est passé de 4,6 à 17,1. Notons qu’après une hausse ininterrompue des taux d’avortement, qui ont atteint leur sommet en 2002-2004, ceux-ci redescendent chaque année depuis. En 2002, il y avait 40 avortements par 100 naissances et en 2004, pour 1 000 femmes de 15 à 44 ans, 19 se faisaient avorter pendant l’année.


    Entre 20 et 24 ans


    C’est, et de loin, parmi les femmes de 20 à 24 ans que le nombre d’avortements est le plus élevé, avec presque 7700 interruptions de grossesse en 2011, suivies des 25-29 ans avec 5600 cas. Il en est d’ailleurs ainsi depuis que les statistiques existent en 1976. Le mythe que ce soit le lot de jeunes filles précoces en amour et écervelées est donc complètement déboulonné. En 2010 et en 2011, il y a même eu plus d’avortements chez les 30-34 ans (4726) que chez les 15-19 ans (4047). L’âge moyen des femmes obtenant une interruption volontaire de grossesse était de 27 ans en 1976… et de 26,93 ans en 2011.

     

    Contraception et stérilisation


    Pour la vice-présidente de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, Diane Francoeur, le taux important d’avortements chez les femmes de plus de 30 ans témoigne du peu d’attention qu’on leur a accordée. « On les a abandonnées. On ne s’est pas occupé d’elles », dit-elle. La Dre Francoeur note que ces femmes plus âgées sont de la « génération vasectomie ». Leur conjoint est vasectomisé et lorsqu’une rupture survient, elles ont perdu l’habitude de la contraception. « C’est dans le top 10 des raisons. »


    Il y a aussi, chez elles, la peur de la pilule contraceptive et de ses incidences perçues sur les risques de cancer.


    Les cas de stérilisation ont décliné de façon importante au cours de la même période. Alors qu’il y a eu 27 395 cas de ligature des trompes en 1976, ils n’étaient plus que 14 000 en 1989, et moins de 3000 en 2011. Le taux de vasectomies ne peut à lui seul compenser cette diminution. Alors qu’il y a eu 7771 cas en 1976, la procédure a atteint des sommets de popularité dans les années 1990, avec environ 20 000 cas par année, pour retomber en 2011 sous la barre des 14 000.













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