Haïti: les États-Unis et l'ONU déçus par les propos de Fantino

Ottawa — Des fonctionnaires américains et les Nations unies demandent au ministre canadien de la Coopération internationale de retirer ses propos controversés concernant la révision de l'aide offerte à Haïti.

Julian Fantino a dit la semaine dernière qu'il voulait geler l'aide octroyée à Haïti. L'Agence canadienne de développement international a ensuite rectifié le tir, expliquant qu'elle menait un examen approfondi de la contribution de 1 milliard que le Canada accorde à ce pays des Antilles.

Un haut fonctionnaire du département d'État américain a déclaré qu'il considérait le Canada comme un partenaire précieux à Haïti et qu'il ne voulait pas le voir modifier un de ses programmes.

Pour sa part, une haute fonctionnaire du Programme des Nations unies pour le développement a dit être «attristée» par l'attitude de M. Fantino, puis a indiqué qu'il y avait peut-être plusieurs éléments qui lui avait échappé lors de son premier voyage dans ce pays.

À la suite de sa récente visite à Haïti, M. Fantino s'était dit déçu par le manque de progrès et avait ajouté qu'il désirait trouver une meilleure façon d'aider à la reconstruction du pays.

Le ministre a fait ces remarques quelques jours avant le troisième anniversaire du tremblement de terre dévastateur qui a fait environ 300 000 morts et laissé le pays en ruines.
10 commentaires
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 9 janvier 2013 18 h 40

    Le problème fondamental d'Haïti

    Le problème fondamental d´Haiti est la surpopulation (actuellement plus de 11 millions d’habitants, et doublement à tous les 25 ans), sur un territoire si exigu. Une situation insoutenable à long terme.

    En 2006, Haïti comptait 9,4 millions d’habitants, pour une densité de 340 habitants au km carré, et 11 millions d’habitants en 2010, pour une densité de 400 habitants au km carré.

    La surpopulation n’est pas le seul problème d’Haïti. Mais à mon humble avis, à moyen et long terme, seul un meilleur contrôle des naissances pourrra assurrer la pérennité de ce peuple courageux. Et à ce sujet, une meilleure éducation aiderait à responsabiliser les futurs parents.

    Une bonne partie de l’argent investi dans l’avenir d’Haïti devrait être dans cette veine.

    • Bernard Leblanc - Inscrit 9 janvier 2013 23 h 08

      Une politique eugéniste propre à l'Allemagne d'une certaine époque, basée sur des techniques à prétention scientifiques et organisée par l'administration, elle est définie par un ensemble de lois et de décrets dont les objectifs consistent : d'une part à favoriser la fécondité des humains considérés comme supérieurs (politique nataliste, soutien familial, pouponnières, lebensborn ...) ; d'autre part à prévenir la reproduction des humains considérés comme inférieurs et socialement indésirables.

    • Gaston Fringon - Inscrit 9 janvier 2013 23 h 41

      Encore et toujours

      L'éducation s'impose en tant que solution.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 9 janvier 2013 18 h 43

    Surpopulation et racisme


    À ceux qui pourraient considérer raciste le fait de dire que certains pays surpopuleux auraient avantage à mieux contrôler les naissances, qu’on me permette de citer ici Pierre-Raymond DUMAS, écrivain et professeur de sciences sociales haïtien qu’on ne peut taxer de racisme.

    « Le contrôle des naissances en Haïti, un impératif majeur», selon le professeur Pierre-Raymond DUMAS dans le Juriste haïtien le 7 janvier 2008 :

    « Il faut bien, à la fin, donner cours à une juste inquiétude et dénoncer publiquement ce laxisme inqualifiable qui, depuis plus d'une vingtaine d'années, ne tend à rien de moins, en tous points, qu'à déposséder les Haïtiens de leur avenir, de leur sécurité, de leur développement. Il s'agit du phénomène de l'explosion démographique. Ce déséquilibre macabre et dévastateur qui s'amplifie sans cesse entre nos ressources matérielles et notre taux de natalité est à la base de la presque totalité de nos plaies abyssales, de nos grands défis, de nos difficultés les plus alarmantes : la dégradation environnementale, la bidonvillisation, le pullulement des marchés-marchands ambulants, la criminalité bondissante, les boat people, les écoles-universités borlette, l'exode rural, les enfants des rues, la délinquance juvénile, la pédophilie, etc., etc.

    Ce pays est trop pauvre pour répondre aux besoins immenses et pressants de tous ses fils qui naissent en si grand nombre. Cette spirale infernale-population-pauvreté - s'est accélérée sous les coups de boutoir de l'instabilité politique et de l'affaissement de l'autorité de l'Etat. Si on ne la freine pas, cela finira pas mal tourner dans 15, 20, 40 ans. Mais comment ? Quand ? » (Fin de la citation)

    (Voir http://public.fotki.com/pikliz/art__culture_of_hai )

  • Victor Raiche - Inscrit 9 janvier 2013 20 h 05

    Le chat sort du sac

    Le Devoir, 3 décembre 2012, Gervais L’Heureux - Directeur général de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale

    (...) le 23 novembre (...) le ministre de la Coopération internationale, M. Julian Fantino, devant l’Economic Club de Toronto (. . .) est venu dire que l’aide internationale devrait dorénavant être au service des intérêts commerciaux canadiens.
    (...) mandat de l’ACDI, (...) réduire la pauvreté, non pas de se transformer en un instrument au service des intérêts économiques canadiens.

  • Christian Methot - Abonné 9 janvier 2013 21 h 53

    Surpopulation et pauvreté

    Contrairement à l'avis de certains qui ont commenté cet article, je ne crois pas que le contrôle des naissances soit une solution pour mettre un terme à la pauvreté en Haïti. Ce pays n'est pas le plus peuplé au monde par kilomètre carré. Il arrive au 27ième rang, avec 293 habitants par kilomètre carré.

    D'ailleurs, beaucoup de pays développés devancent Haïti en terme de densité de population, dont le Japon, Taïwan, Israël et la Belgique. Ces pays ne se sont pas développés en contrôlant les naissances.

    Ce qu'il faudrait, au lieu d'une politique malthusienne de réduction de la population, serait plutôt de mettre sur pied un système d'éducation efficace, de limiter la corruption et de mettre sur pied une économie productive. Mais pour ce faire, il faut continuer à supporter les haïtiens.

    Peut-être que certaines politiques de développement ne sont pas efficaces en Haïti, mais ce n'est pas en coupant dans l'aide internationale que l'on va les améliorer, mais plutôt en les révisant et en éliminant celles qui ne donnent pas de résultats. Toutefois, ces résultats n’apparaîtront pas en 3 ou 4 ans, contrairement à ce que semble penser notre ministre.

  • Gilles Hudicourt - Inscrit 9 janvier 2013 22 h 36

    Les problèmes d'Haïti

    Ils sont nombreux, ils sont ennormes. Beaucoup semblent insurmontables. Mais on peu cibler certains problèmes et les résourdre, si on y met les ressources necessaires. Au moins on aurait des résultats concrets que l'on peut évaluer.
    Haïti n'a pas de cadastre. Les gens n'ont pas de papiers pour leurs terres et ceux qui en ont se les font voler. Les avocats font fortune en chargeant en honoraires 20% de la valeur de chaque propriété pour laquelle ils gagnent un litige. Et toute propriété en Haïti est en litige.
    De surcroit, comment l'état peut-il taxer les propriétés alors qu'il n'en connait pas les propriétaires ?
    Si le Canada décidait d'établir le cadastre d'Haïti et de monter un système qui permettrait à tout Haïtien de détenir des papiers pour ses terres, cela ferait le plus grand bien au pays.
    Un pays sans cadastre n'est pas un pays.