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    Le Canada à l’international - Visite symbolique

    8 janvier 2013 |Josée Boileau | Canada
    Ce mardi, le premier ministre Stephen Harper reçoit un invité important car plongé au coeur de crises profondes : Thomas Boni Yayi, président du Bénin, mais surtout président de l’Union africaine. Une occasion pour le Canada de déployer la nouvelle conception de son rôle à l’international, limitée à deux points : l’exploitation des ressources et l’implication militaire.

    Stephen Harper a été très clair, dans le communiqué que son bureau a publié dimanche pour annoncer la venue du président du Bénin, Thomas Boni Yayi. Les deux hommes souhaitent resserrer leur collaboration pour ainsi « augmenter la croissance économique en Afrique au moyen d’une gestion accrue des ressources naturelles du continent ». Les minières canadiennes seront ravies.


    Mais il y aura aussi un front militaire à cette rencontre. En tant que président de l’Union africaine, M. Boni Yayi a été impliqué dans les discussions qui ont conduit le Conseil de sécurité de l’ONU à appuyer le déploiement d’une force internationale au Mali, dont le nord est occupé depuis des mois par des groupes islamistes qui sèment la terreur. De son côté, le ministre de la Défense Peter Mackay a récemment indiqué qu’Ottawa envisage d’envoyer des militaires canadiens entraîner les troupes africaines appelées à intervenir au Mali. Un et un devraient donc faire deux aujourd’hui.


    Économie et affrontements faisant partie des affaires du monde, on ne peut blâmer en soi M. Harper d’en discuter lors de rencontres de si haut niveau. Le malaise, c’est que l’action internationale canadienne ne repose plus que sur ces deux pôles, envisagés de plus avec une grande étroitesse d’esprit.


    Les conservateurs ont laissé tomber le concept même d’« aide » internationale à laquelle nous avons été si longtemps associés, notablement en Afrique. Ce qui compte, ce sont les intérêts canadiens, version espèces sonnantes et trébuchantes. Le ministre de la Coopération internationale, Julian Fantino, a exposé cette nouvelle approche cet automne à Toronto, lors d’un discours devant le Club économique du Canada, et il en a donné un exemple concret à La Presse la semaine dernière, indiquant avoir suspendu les nouveaux projets destinés à Haïti, faute d’efficacité de la part des Haïtiens. À l’avenir, Ottawa misera plutôt sur les entreprises canadiennes dans ce pays.


    A-t-on bien compris : l’idée, dorénavant, c’est que le Canada s’aide lui-même ? Absolument, expliquait le ministre des Affaires étrangères John Baird dans un article publié lundi dans The Gazette. Le secret d’un monde en paix, c’est la croissance économique, et pour que le Canada soit fort à l’étranger, il doit d’abord l’être chez lui, ce qui signifie veiller à ses propres intérêts.


    Or les pauvres, dans une telle équation, « c’est ben achalant », comme le chante Plume. Si au moins ils s’arrangeaient pour « se prendre en main », a dit le ministre Fantino en parlant d’Haïti. C’est la version internationale du cliché qui enjoint aux assistés sociaux de « se grouiller ». Plus question de tenir compte de l’histoire ou de la sociologie des pays auxquels nous nous associons ; ce qui importe, c’est le rendement.


    La guerre ne s’envisage pas autrement. Le Mali vit une situation terrible, et le Canada a toujours été près de ce pays. Mais au-delà de l’implication militaire (qui occupera notre armée en quête d’une nouvelle mission), qu’entend-il faire pour y restaurer la démocratie ? M. Harper va-t-il même respecter notre propre démocratie et discuter au Parlement d’une éventuelle implication malienne ? Ou n’en fera-t-il qu’à sa tête, comme chaque fois qu’il est question de l’armée ? La visite officielle du jour à Ottawa nous concerne bel et bien de près.

     
     
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