Pénuries de médicaments: la ministre Aglukkaq n'a pas écouté ses fonctionnaires
Toronto — La ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, a choisi de laisser les compagnies pharmaceutiques alerter volontairement les médecins et les pharmaciens des pénuries de médicaments, même si des fonctionnaires craignent que cette approche ne menace l'approvisionnement au pays, révèlent des documents obtenus par La Presse canadienne.
Des fonctionnaires de Santé Canada ont ainsi averti, en février 2011, qu'un système d'avertissements volontaire pourrait encourager «les mauvais comportements de la part des entreprises», et risquerait de mener des compagnies pharmaceutiques à ne pas signaler toutes les pénuries afin que les médecins puissent se tourner vers d'autres remèdes pour leurs patients.
Un examen des deux méthodes servant à faire état des pénuries de médicaments — l'une volontaire, l'autre obligatoire — a permis de déterminer qu'il n'existerait aucune façon de sévir contre les manufacturiers qui ne préviendraient pas d'une pénurie.
Trois semaines plus tard, la ministre Aglukkaq a écrit aux pharmaceutiques pour leur demander de publier de façon volontaire les informations sur les pénuries de plus en plus fréquentes.
La missive, adressée à l'Association canadienne du médicament générique, à Rx&D et à BIOTECanada, précise que des règlements forçant l'émission d'avertissements ne seraient adoptés que si l'industrie ne pouvait mettre en place un système volontaire.
Santé Canada a depuis appuyé ce nouveau système volontaire, qui comprend un site Internet où sont annoncées les pénuries. La méthode volontaire a toutefois été contestée par la Société canadienne du cancer et d'autres groupes de soins de santé et de patients. Ces organismes affirment que la meilleure façon d'assurer la disponibilité de médicaments essentiels — comme les antibiotiques ou la chimiothérapie — est d'obliger la divulgation complète de la part des fabricants.
Steve Outhouse, un porte-parole de Mme Aglukkaq, a mentionné qu'un système volontaire avait été choisi puisqu'il faudrait trop de temps à Santé Canada pour faire adopter les normes obligeant les entreprises à dévoiler toutes les pénuries.
Par Will Campbell
Des fonctionnaires de Santé Canada ont ainsi averti, en février 2011, qu'un système d'avertissements volontaire pourrait encourager «les mauvais comportements de la part des entreprises», et risquerait de mener des compagnies pharmaceutiques à ne pas signaler toutes les pénuries afin que les médecins puissent se tourner vers d'autres remèdes pour leurs patients.
Un examen des deux méthodes servant à faire état des pénuries de médicaments — l'une volontaire, l'autre obligatoire — a permis de déterminer qu'il n'existerait aucune façon de sévir contre les manufacturiers qui ne préviendraient pas d'une pénurie.
Trois semaines plus tard, la ministre Aglukkaq a écrit aux pharmaceutiques pour leur demander de publier de façon volontaire les informations sur les pénuries de plus en plus fréquentes.
La missive, adressée à l'Association canadienne du médicament générique, à Rx&D et à BIOTECanada, précise que des règlements forçant l'émission d'avertissements ne seraient adoptés que si l'industrie ne pouvait mettre en place un système volontaire.
Santé Canada a depuis appuyé ce nouveau système volontaire, qui comprend un site Internet où sont annoncées les pénuries. La méthode volontaire a toutefois été contestée par la Société canadienne du cancer et d'autres groupes de soins de santé et de patients. Ces organismes affirment que la meilleure façon d'assurer la disponibilité de médicaments essentiels — comme les antibiotiques ou la chimiothérapie — est d'obliger la divulgation complète de la part des fabricants.
Steve Outhouse, un porte-parole de Mme Aglukkaq, a mentionné qu'un système volontaire avait été choisi puisqu'il faudrait trop de temps à Santé Canada pour faire adopter les normes obligeant les entreprises à dévoiler toutes les pénuries.
Par Will Campbell








