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    Demandeurs d’asile déboutés - Des Mexicains plaident pour une ultime chance

    19 décembre 2012 |Marie-Andrée Chouinard | Canada
    Marisol Mendez est réconfortée par une proche à l’église où sa famille a demandé devant les médias une révision de la décision gouvernementale les expulsant vers le Mexique.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Marisol Mendez est réconfortée par une proche à l’église où sa famille a demandé devant les médias une révision de la décision gouvernementale les expulsant vers le Mexique.
    Au Mexique, Fernando Reyes a été séquestré à trois reprises à partir de 2002. Battu, menacé, séquestré… par les policiers fédéraux. Après le troisième épisode traumatisant, vécu avec son fiston de 11 ans, le Mexicain a décidé de fuir pour sauver sa peau. Il a demandé l’asile au Canada.

    Arme braquée sur lui, violences physiques et psychologiques, menaces : M. Reyes raconte qu’il a eu peur pour sa vie et celle de sa famille, surtout lorsqu’il a compris que la traque ne cesserait pas. Il s’agissait d’une erreur sur la personne, plaide-t-il, mais quand c’est la police qui vous menace, qui donc aller voir pour dénoncer les abus ?


    Version rejetée


    En 2008, Fernando, sa femme Marisol Mendez et leurs deux enfants, Eduardo et Ingrid, ont trouvé refuge au Canada. Quatre ans plus tard, ils ont traversé tous les rouages de l’immigration et la réponse est sans appel : le Canada rejette leur version des faits et leur refuse le statut de réfugiés. Ils devront passer en audience le 27 décembre prochain pour connaître la date de leur expulsion vers leur Mexique natal, un pays qui désormais leur fait peur.


    « S’il vous plaît, M. Jason Kenney, donnez-moi la chance de rester ici au Canada, s’il vous plaît, s’il vous plaît », a plaidé mardi Fernando Reyes, depuis l’église évangélique Pentecôte Maranatha, où il demandait pour sa famille une révision de la décision gouvernementale, invoquant des motifs humanitaires.


    Les Mendez Reyes ont été refusés car, disent-ils, ils n’ont pas été en mesure de faire la démonstration que leur vie était réellement en danger s’ils devaient retourner au Mexique, la guerre liée aux narcotrafiquants ayant pourtant bel et bien entraîné la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes en peu d’années. « Comment solliciter la police pour faire la preuve qu’on a été arrêté et violenté par la police ? », demande M. Reyes, qui se demande s’il pourrait survivre à une quatrième agression.

     

    Intégration


    En quatre ans d’attente, plaide la famille, ils ont trouvé du travail, se sont intégrés à la communauté, font du bénévolat à l’église, ont appris le français, vont à l’école, dans le cas des deux enfants, dont le cadet, Eduardo, souhaiterait terminer son année scolaire.


    « Je sais que là-bas, on ne sera jamais en sécurité », a raconté hier Ingrid, 17 ans, qui a eu peur pour son père et son frère lorsqu’ils ont été enlevés. « C’est vraiment beau d’aller au Mexique en vacances, mais si vous viviez là-bas, vous verriez que c’est vraiment un pays en guerre. »


    Depuis samedi, les nouvelles dispositions du système canadien de demandeurs d’asile sont en vigueur, avec la création notamment de deux catégories de demandeurs : ceux provenant de « pays d’origine désignés », jugés sécuritaires par le gouvernement, et les autres. Le Mexique ne se trouve pas sur la liste de ces pays dits sûrs, mais les groupes d’aide aux réfugiés craignent qu’il ne figure sur la liste lors d’une deuxième série d’annonces, alors qu’y sévissent violence, non-respect des droits humains et pauvreté.

     
     
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