La grande chef d’Attawapiskat entame une grève de la faim

La chef Theresa Spence a promis de « mourir » à moins de parvenir à persuader le gouvernement Harper de bâtir de meilleures relations avec les Autochtones, d’entendre leurs préoccupations et de respecter les traités signés avec les Premiers Peuples.
Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick La chef Theresa Spence a promis de « mourir » à moins de parvenir à persuader le gouvernement Harper de bâtir de meilleures relations avec les Autochtones, d’entendre leurs préoccupations et de respecter les traités signés avec les Premiers Peuples.

Le ministre des Affaires autochtones et du Développement du Nord canadien, John Duncan, a offert de rencontrer cette semaine, à Ottawa, la grande chef de la communauté autochtone d’Attawapiskat, Theresa Spence, qui a entamé mardi matin une grève de la faim.

La chef de cette communauté crie du nord de l’Ontario a promis de « mourir » à moins de parvenir à persuader le gouvernement Harper de bâtir de meilleures relations avec les Autochtones, d’entendre leurs préoccupations et de respecter les traités signés avec les Premiers Peuples. Mme Spence réclame une rencontre entre le premier ministre Stephen Harper et les leaders autochtones afin de bâtir une relation meilleure.


Selon le porte-parole du ministre des Affaires autochtones, Jan O’Driscoll, une offre a été faite aux Cris d’Attawapiskat la semaine dernière. Il était question d’une visite du secrétaire parlementaire de M. Duncan dans la réserve, afin qu’il s’assure que le village dispose des biens nécessaires pour traverser l’hiver.


M. O’Driscoll dit attendre la réponse de Mme Spence, et ajoute que le ministre Duncan est prêt à la rencontrer cette semaine à Ottawa afin de discuter de l’état des choses dans la communauté.


Pour Mme Spence, toutefois, les problèmes vont bien au-delà du territoire d’Attawapiskat. À son avis, le gouvernement Harper a lancé un « vigoureux programme législatif d’assimilation », qui va à l’encontre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Elle accuse également le cabinet de M. Duncan de désinformation concernant les réalités qui touchent les membres des Premières Nations du Canada.


Une tempête médiatique


La communauté d’Attawapiskat a été au centre d’une tempête médiatique internationale l’hiver dernier quand, aux prises avec de graves problèmes de logement et d’alimentation en eau potable, elle s’est vu imposer une tutelle du gouvernement fédéral.


Aujourd’hui, la chef Spence demande à Ottawa d’abolir les dispositions de la loi « mammouth », qui affaiblissent les règles environnementales, et la révision d’une décision qui réduit le financement alloué aux organisations et aux communautés autochtones.


Des milliers d’Autochtones se sont mobilisés à travers le Canada lundi pour dénoncer une série de projets de loi soumis au Parlement. L’un d’eux forcerait notamment les chefs et les membres des conseils de bande à révéler leurs états financiers.


Les membres des Premières Nations en ont plus particulièrement contre le projet de loi C-45, le deuxième projet de loi omnibus de mise en oeuvre du budget fédéral, qui, selon eux, affaiblira les lois environnementales.


Il y a un an, la communauté d’Attawapiskat, située sur la côte ouest de la baie James, a vécu une grave pénurie de logements qui a fait la manchette au pays. Des dizaines de personnes, sur quelque 2000 résidants, ont dû dormir dans des tentes, des cabanes en bois non isolées et des roulottes de chantier abandonnées, sans eau potable ni électricité.

1 commentaire
  • Adrian Profitos - Inscrit 12 décembre 2012 22 h 32

    les problèmes vont bien au-delà!

    La loi omnibus, "selon eux", affaiblira les lois environnementales. Il faut le souligner, selon eux! Car pour le reste, pas d'importance, on ne saura pas, ça ne nous affectera pas. Et ce sont des ressources naturelles... inépuisables! La richesse du Canada, donc l'environnement... surtout si ça crée des emplois, durables, surtout si c'est de l'investissement, chinois en l'occurence, c'est bon pour TOUS les canadiens, et les concernés en particuliers, les autochtonens notamment. Eh bien de quoi se plaignent-il? De l'environnement? Ils vivent de ça? Tassez vous, c'est la modernité qui arrive! Prenez vous en main, travaillez, arrêtez de vous plaindre! Faut-il le dire avec plus de sarcasme?