Lettre - Baisse du français : attention aux recensements
Nous avons de nouveaux chiffres sur la baisse du français à plusieurs endroits au Canada. Avant de nous lamenter ou de nous réjouir, il faudrait établir la validité de ces chiffres. Mais ces chiffres sont le fruit de deux recensements faits sur des bases différentes.
Comme le dernier recensement était à réponse volontaire et le précédent à base obligatoire, il n’est plus possible d’établir scientifiquement une marge d’erreur. La différence, entre le nombre de personnes parlant français au recensement de 2001 et celui de 2012, n’est pas directement comparable. Il est risqué d’établir une marge d’erreur de l’écart entre les deux recensements. Cette marge est sans doute plus grande qu’avant à cause de la différence de méthode, ce qui laisse supposer que les différences peuvent être plus grandes ou plus petites que publiées. Vive le flou entraîné par cette initiative des conservateurs fédéraux. Qu’en dit Statistique Canada ?
Il y a toutes sortes de méthodes pour réajuster ces différences, mais quelles sont les bases scientifiques de ces tripatouillages ? Avant d’interpréter, il serait bon de vérifier ce qu’en pensent les statisticiens.
Nous assistons tous les jours à la commission Charbonneau à des problèmes d’évaluation de coûts qui semblent difficiles à évaluer par des politiciens. Il est nécessaire de mettre une équipe sérieuse de spécialistes au-dessus de tout soupçon pour établir les coûts véritables des travaux associés à une soumission. Doit-on aussi douter de Statistique Canada, qui, encore récemment, avait si bonne réputation ?
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Robert Latour - Le 25 octobre 2012








