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Parlement - Bilinguisme : les conservateurs pourraient acquiescer à la volonté du NPD

27 octobre 2012 | Marie Vastel | Canada

Ottawa – Le NPD a bon espoir que les critiques qui ont fusé, au Parlement et dans la population, suite à la nomination d’un unilingue anglophone comme vérificateur général, ont convaincu le premier ministre d’appuyer leur initiative visant à s’assurer qu’un tel scénario ne se reproduira plus.


L’an dernier, Stephen Harper a nommé presque coup sur coup deux unilingues anglophones à la Cour suprême (le juge Michael Moldaver) et au poste de vérificateur général (Michael Ferguson). Un an après sa nomination, au moment de déposer un rapport cette semaine, M. Ferguson n’était toujours pas en mesure de répondre aux questions des médias en français.


L’opposition avait fortement critiqué ces choix. Dans les rangs conservateurs, le Québécois Maxime Bernier s’était abstenu de commentaires publics, mais il s’était absenté le jour du vote pour entériner la nomination du vérificateur. Depuis, il ne serait pas le seul à avoir fait connaître son mécontentement, explique-t-on en coulisse.


En mai dernier, la néodémocrate Alexandrine Latendresse a déposé un projet de loi visant à exiger que tous les futurs candidats nommés aux postes d’officiers du Parlement maîtrisent les deux langues officielles. M. Bernier avait immédiatement appuyé cette initiative. Les conservateurs n’ont toujours pas précisé leur position.


Or, voilà que Stephen Harper regretterait maintenant d’avoir nommé M. Ferguson, selon le quotidien La Presse, qui rapportait vendredi que le premier ministre aurait maintenant l’intention d’appuyer le projet de loi du NPD. Mais à quelques conditions. Les conservateurs pourraient notamment réclamer de se garder une marge de manoeuvre et de ne promettre la nomination de candidats bilingues qu’à un certain nombre de postes. Le bureau du premier ministre n’a pas voulu confirmer, répliquant simplement que le gouvernement est « encore en train d’étudier le projet de loi du NPD ».


Mme Latendresse n’a pas non plus voulu prédire la décision, mais elle a reconnu avoir eu les mêmes échos de collègues conservateurs. « On n’a pas encore de confirmation officielle, mais il semblerait que les pressions qu’on a faites ont porté fruit et il y a des bonnes chances que ce soit appuyé. »


Le projet de loi C-419 propose d’exiger le bilinguisme, dès l’embauche, aux postes de vérificateur général, directeur des élections, président de la Commission de la fonction publique, de même que des commissaires aux langues officielles, à la protection de la vie privée, à l’information, aux conflits d’intérêts et à l’éthique, au lobbying, et à l’intégrité, ainsi que du conseiller sénatorial en éthique. Le débat débutera aux Communes en novembre.

 
 
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