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    Recensement - Montréal et Laval de moins en moins français

    25 octobre 2012 | Guillaume Bourgault-Côté | Canada
    L’importance de la population ayant le français comme langue maternelle continue de diminuer sur l’île de Montréal.
    Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir L’importance de la population ayant le français comme langue maternelle continue de diminuer sur l’île de Montréal.
    Le verre peut être considéré comme à moitié vide ou à moitié plein. C’est selon. Car les chiffres « linguistiques » du recensement dévoilés mercredi indiquent à la fois un recul du français au Québec… et une progression de sa présence à la table des familles allophones. À Laval, la perte de vitesse francophone se fait toutefois à vitesse grand V.

    Le dernier volet du recensement montre en effet une forte diminution de la présence du français au sein des maisons de la troisième plus grande ville de la province. Entre 2001 et 2011, la population de langue maternelle française est passée de 74,2 à 62,2 % à Laval. L’anglais a légèrement progressé durant la même période (de 6,7 à 8 %), mais ce sont les langues maternelles tierces qui se sont imposées (de 19 à 29,8 %). Une hausse « impressionnante », selon le responsable linguistique à Statistique Canada, Jean-Pierre Corbeil.


    Langue maternelle ne veut pas dire langue la plus parlée à la maison, mais quand même. Il y a dix ans, 77,5 % des Lavallois discutaient surtout en français autour de la table. Ils sont aujourd’hui 67,9 % à le faire. Les « autres langues » suivent avec 17,5 % de présence (c’était 11 % il y a dix ans), alors que l’anglais s’impose dans 14,6 % des familles (trois points de plus qu’en 2001).


    Ce recul du français dans l’espace privé — le recensement ne mesurait pas l’usage des langues dans l’espace public — de Laval est aussi visible à Montréal, mais dans une moindre mesure.


    L’importance de la population ayant le français comme langue maternelle continue ainsi de diminuer sur l’île. Le seuil psychologique du 50 % avait été franchi pour la première fois lors du recensement de 2006. Cinq ans plus tard, ils sont désormais 48,5 %. L’anglais demeure relativement stable (17,8 %). Ce sont les « autres langues » qui s’imposent : les divers allophones composent 33,7 % des locuteurs des langues maternelles parlées à Montréal. Il y a dix ans, c’était 29,1 %.


    Le repli du français se vérifie aussi lorsqu’on demande quelle langue est la plus parlée à la maison. 53 % des résidants de l’île de Montréal ont répondu le français (c’était 56,4 % il y a dix ans). L’anglais est demeuré stable à 25 %, les autres langues ont gagné un point depuis le dernier recensement (21,7 %).


    Dans la grande région montréalaise, le portrait indique que 64,5 % des Montréalais ont le français comme langue maternelle (quatre points de moins qu’il y a dix ans), devant l’anglais (12,5 %) et les autres langues (23 %).

     

    Recul moins important


    Cela dit, Statistique Canada note qu’à l’échelle québécoise, « la baisse [de la population de langue maternelle française] a été plus faible que prévu » : 78,9 % de la population se classent dans cette catégorie, une diminution d’à peine 0,7 point en cinq ans. Entre 2001 et 2006, la chute avait été plus marquée (près de deux points). Et l’immigration aurait dû maintenir cet accroissement.


    Que s’est-il passé ? Selon le responsable du dossier linguistique à Stastistique Canada, Jean-Pierre Corbeil, le ralentissement du recul s’explique par une augmentation des « réponses multiples » aux questions portant sur la langue maternelle et la langue la plus parlée à la maison. Autrement dit, « les gens ont été plus nombreux à répondre qu’ils parlent au moins deux langues », dit-il.


    Ainsi le recensement montre-t-il que 5 % des Québécois parlent le français et une autre langue non officielle à la maison : ils étaient moins de 3 % à les combiner en 2001. Le français et l’anglais sont parlés par 7,6 % de la population à la maison. Cela compense en partie la diminution du français comme seule langue parlée à la maison (72,8 %, contre 75,1 % en 2006) et démontre une certaine force d’attrait du français chez les allophones.


    L’organisme fédéral prévient toutefois que le changement de méthodologie du recensement 2011 impose une « prudence » dans les conclusions à tirer. Jusqu’en 2006, les questions linguistiques étaient incluses dans le formulaire long distribué dans 20 % des foyers. En 2011, trois questions ont plutôt été ajoutées au questionnaire court obligatoire (100 % des foyers).


    « On ne sait pas exactement ce qui a pu influencer les réponses, mais on a vu par le passé des changements de tendance liés aux changements de positionnement des questions », explique M. Corbeil. Cette fois, « on voit une nette croissance de l’utilisation de plus d’une langue à la maison ».


    Ainsi devient-il difficile, selon M. Corbeil, de décrire l’état réel du français avec ce recensement. « Lors du recensement de 2006, les gens ont rapidement conclu que le français était en déclin. Or, il y a un certain paradoxe. C’est assez évident qu’en raison de l’arrivée d’immigrants [près de 45 000 annuellement au Québec] et de leur profil linguistique, la langue maternelle française recule. Et l’anglais aussi, d’ailleurs. C’est mathématique, et c’est une tendance qui va se maintenir. »


    « Sauf que si on regarde la hausse du nombre de gens qui parlent français au Canada [10 millions], qu’on prend en considération l’utilisation du français à la maison par les allophones du Québec, qu’on étudie la langue d’usage dans l’espace public, ça montre bien la complexité et la nuance de la chose. »

     
     
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