L’observateur observé
Les conservateurs dépêchent Ted Opitz pour surveiller l’élection ukrainienne, alors que sa propre élection est contestée pour irrégularité
« S’assurer que ces élections sont justes, libres et reflètent la volonté du peuple sera un test crucial à ce moment charnière de la marche de l’Ukraine vers la véritable démocratie et une plus grande prospérité », a lancé M. Opitz à la Chambre des communes. La sortie était calculée puisqu’il s’agissait d’une « question plantée », c’est-à-dire une des deux questions que le gouvernement a le droit de se poser à lui-même pendant la période de questions quotidienne à la Chambre des communes. M. Harper a même organisé un événement public pour souligner le départ de la mission.
M. Opitz a remporté son élection en 2011 contre le candidat libéral par seulement 26 voix. Mais un juge de la Cour supérieure de l’Ontario a invalidé 79 bulletins de vote irréguliers et annulé son élection. Pour la première fois de l’histoire, le député conservateur a préféré porter la cause devant la Cour suprême plutôt que de se plier à ce jugement. Le plus haut tribunal du pays rendra sa décision ce jeudi.
Andrew MacDougall, le directeur des communications de M. Harper, a reconnu que la décision d’envoyer M. Opitz avait été prise avant de connaître la date du jugement de la Cour suprême, dévoilée vendredi après-midi. Au moment de mettre sous presse, on ignorait si M. Opitz allait modifier ses plans de voyage. Si la Cour invalide son élection, il cesse immédiatement d’être un député.
La délégation canadienne en Ukraine comptera environ 500 personnes, dont 11 parlementaires. Elles partiront au cours des prochains jours. « Qu’il soit coupable ou non, le seul fait qu’il fasse l’objet d’une enquête rend cela un peu difficile », estime la néodémocrate Rathika Sitsabaiesan. « Je crois que plusieurs d’entre nous trouvent que c’est le comble de l’ironie et de l’hypocrisie que le gouvernement ait choisi M. Opitz », a déclaré le libéral Scott Brison.








