C-45 - Une autorisation électronique pour visiter le Canada
Tout visiteur provenant d’un pays dispensé de visa qui voudra venir en sol canadien devra inscrire une dizaine d’informations personnelles sur le site Internet de Citoyenneté et Immigration. Nom, date de naissance, numéro de passeport, si la personne a un dossier criminel, si elle a déjà voyagé, par exemple.
En quelques minutes, la majorité d’entre eux se feront dire qu’ils peuvent prendre l’avion, munis de cette confirmation imprimée. Les autres seront invités à contacter par téléphone un agent de visas. Certains pourront se voir refuser l’entrée ; des demandeurs d’asile déboutés, des criminels ou des individus inscrits à la liste d’interdiction de vol.
« [L’autorisation de voyage électronique] est une façon de plus par laquelle notre gouvernement conservateur protège la sûreté et la sécurité des Canadiens », a expliqué la porte-parole du ministre de l’Immigration Jason Kenney.
Ce nouveau document de voyage coûtera cinq à dix dollars, payables en ligne. La somme permettra d’éponger les coûts de traitement des demandes et ceux qui suivront du fait qu’Ottawa dépêchera des ordinateurs dans les grands aéroports pour permettre aux voyageurs de remplir le formulaire s’ils ne l’ont pas fait à la maison.
L’Australie et États-Unis ont une mesure semblable. Les ressortissants américains n’auront pas à remplir le formulaire canadien puisque les Canadiens en sont dispensés.
Une victime
C-45 fait par ailleurs une victime. Puisque la caisse d’assurance-emploi est déficitaire, l’Office de financement de l’assurance-emploi du Canada (OFAEC), mis sur pied par les conservateurs en 2009 pour la gérer, a momentanément été fermé. « L’objectif de l’office demeure. L’enjeu est qu’il ne peut pas effectuer son mandat en ce moment », explique le bureau de la ministre des Ressources humaines Diane Finley.
L’OFAEC avait trois mandats : établir les taux de cotisation à l’assurance-emploi, gérer les éventuels surplus de la caisse d’assurance-emploi et enfin, gérer un fonds de prévoyance de 2 milliards de dollars qu’Ottawa était censé injecter pour lancer l’office. Or, immédiatement après la mise sur pied de l’instance, la crise économique a frappé. Le gouvernement a décrété lui-même des plafonds aux hausses de cotisation pour limiter l’impact sur une économie déjà affaiblie, réduisant la tâche de l’OFAEC.
En janvier, le réseau CBC avait découvert que l’office avait dépensé depuis sa création 3,3 millions pour ne faire à peu près rien. Mme Queen explique que sa fermeture permettra d’économiser 1,4 million par année. Ottawa prévoit de rouvrir l’organisme lorsque la caisse affichera un surplus.








