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Robert Abdallah au Port de Montréal: Léo Housakos nie toute intervention

17 octobre 2012 11h11 | Hélène Buzzetti | Canada
Le sénateur conservateur Léo Housakos dément avoir tenté de faire nommer Robert Abdallah (ici en 2003) à la tête du Port de Montréal.
Photo : Jacques Nadeau Le Devoir Le sénateur conservateur Léo Housakos dément avoir tenté de faire nommer Robert Abdallah (ici en 2003) à la tête du Port de Montréal.
Ottawa – Le sénateur conservateur Léo Housakos dément catégoriquement avoir tenté de faire nommer Robert Abdallah à la tête du Port de Montréal. Il dément avec autant d’énergie avoir discuté de cette question avec l’ancien directeur des communications de Stephen Harper, Dimitri Soudas, ou d’être passé par lui pour obtenir la nomination en question. «Je n’ai jamais été impliqué dans aucune nomination politique que le gouvernement fédéral a faite ou a essayé de faire», a déclaré le sénateur Housakos mercredi matin au Devoir ainsi qu’à une journaliste de La Presse canadienne qui l’ont intercepté.

Le gouvernement conservateur est aspiré par la Commission Charbonneau depuis que le nom de l’ex-directeur général de la Ville de Montréal, Robert Abdallah, y a été évoqué il y a deux semaines relativement à des allégations de pots-de-vin de 300 000 $.

L’ex-bras droit de M. Harper au Québec, Dimitri Soudas, avait convoqué en 2007 le président-directeur général sortant du Port, Dominic Taddeo, et les trois membres du conseil d’administration chargés de lui trouver un successeur. Dimitri Soudas leur avait annoncé qu’Ottawa désirait la nomination de Robert Abdallah.

Cette histoire a été mise au jour seulement en 2011. Au même moment, des enregistrements téléphoniques ont aussi été diffusés. On y entend les entrepreneurs Bernard Poulin et Tony Accurso discuter de cette nomination souhaitée. Les deux hommes s’entendent sur le fait que, pour y parvenir, c’est par Dimitri Soudas qu’il faut passer, et par son ami, le sénateur et bâilleur de fonds Léo Housakos. «Léo, il fait des affaires pour moi, il vient à 11h, je vais commencer à lui parler si tu veux, s’il est prêt à mettre son chum Soudas dans le coup. Son chum Soudas, il peut tordre pas mal plus fort que d’autres», entend-on dire M. Poulin.

Pour la première fois, M. Housakos réagit donc à cet enregistrement. Il ne comprend pas pourquoi il y est évoqué. «M. Soudas ne travaille pas pour moi, il travaille pour le premier ministre. [...] Non, je n’ai pas parlé avec M. Soudas à propos de cette nomination-là. J’ai jamais essayé d’influencer cette nomination-là avec personne, ni le ministre, ni le bureau du premier ministre.»

MM. Housakos et Soudas sont de proches amis. Des sources conservatrices ont indiqué que c’est M. Soudas qui a réussi à faire nommer son ami au Sénat. M. Housakos admet connaître Robert Abdallah de l’époque de son passage dans la vie politique municipale montréalaise. Il reconnaît aussi connaître Tony Accurso. Quelle est la nature de cette relation? Le sénateur ne répond pas. «Je n’ai aucun intérêt à répondre à vos questions plus que ça. La seule chose que je vais dire, c’est que je n’ai jamais essayé d’influencer la décision politique du gouvernement fédéral. Point final.»

Désirait-il la nomination de M. Abdallah à la tête du Port de Montréal? «Il ne m’a jamais demandé d’intervenir. Je n’ai jamais eu de conversation avec M. Abdallah ni avec personne d’autre sur ce sujet-là. La première fois que j’ai appris cela, c’est dans les journaux.»

M. Abdallah n’a finalement pas été nommé au Port de Montréal. Après son départ mystérieux avant terme comme directeur général de la Ville de Montréal, il est allé travailler chez Gastier, une entreprise faisant partie de l’empire de Tony Accurso. M. Abdallah a convoqué la presse jeudi matin à Montréal «pour réfuter point par point les ouï-dires rapportés par monsieur Lino Zambito, le 2 octobre 2012, à son endroit devant la Commission d'enquête Charbonneau sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction».

Interrogé récemment sur cette question, le premier ministre Stephen Harper s’est buté à dire que M. Soudas n’avait que défendu la candidature de Robert Abdallah au Port de Montréal parce que c’était le candidat préféré de la Ville de Montréal. «Pour cette position, il était proposé par la Ville de Montréal où il était directeur général de la Ville et nous avons appuyé la nomination de la Ville elle-même. Évidemment, ce n’est pas notre nomination et le conseil d’administration a choisi un autre candidat.»

 
 
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