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Chefferie du Parti libéral du Canada - La candidature de McGuinty semble improbable

17 octobre 2012 | Hélène Buzzetti | Canada
Ottawa — Se lancera ? Ne se lancera pas ? Au lendemain de sa démission-surprise comme premier ministre de l’Ontario, les projecteurs se tournent vers Dalton McGuinty, dont on se demande s’il fera compétition à Justin Trudeau pour diriger le Parti libéral du Canada (PLC). Ses anciens collaborateurs en doutent cependant très fort.

« Je serais personnellement très surpris qu’il se lance », indique au Devoir un proche collaborateur et organisateur de M. McGuinty alors qu’il était à Queen’s Park. « Personne ne m’a approché pour travailler sur une telle campagne, en tout cas », poursuit cette source qui ne veut pas être identifiée. « Je serais très surpris », ajoute Greg Sorbara, un autre proche de McGuinty. « Son ambition est d’avoir une carrière post-politique. »


M. McGuinty fait figure de vedette dans la famille libérale, alors qu’il a dirigé deux gouvernements majoritaires en Ontario et réussi à se faire réélire l’an dernier, quoiqu’à la tête d’un gouvernement minoritaire. M. McGuinty avait été invité à s’adresser au congrès du PLC en janvier. Il avait été accueilli par la foule telle une star. Son étoile a pâli depuis, alors qu’il était embourbé dans plusieurs dossiers chauds, dont la rémunération des employés de l’État et le coût de construction de centrales au gaz.


Au moment de sa démission, M. McGuinty s’est fait interroger à de nombreuses reprises sur la possibilité qu’il brigue la chefferie fédérale, et à aucun moment il n’a écarté complètement cette possibilité. « Tout ce que je dis, c’est que je ne fais pas de plan », s’est-il contenté de répondre.


Dans les rangs libéraux fédéraux, on fait remarquer que de nombreux indices tendent quand même à rendre improbable sa candidature. D’abord, il s’est engagé à rester premier ministre jusqu’à ce qu’un successeur lui soit trouvé, quelque part en janvier ou février. La course fédérale sera alors bien entamée, le nouveau chef devant être choisi début avril. Ensuite, M. McGuinty part plus ou moins au faîte de sa gloire en tant que premier ministre. Il se retrouverait, s’il remportait la course contre Justin Trudeau, à diriger pour au moins deux ans et demi le deuxième parti d’opposition à la Chambre des communes, sans siège, avec un caucus d’à peine 35 députés. En outre, un de ses principaux organisateurs, Gerald Butts, s’est mis au service de M. Trudeau.


« Quand il a rejoint l’équipe Trudeau, on peut penser qu’il avait au préalable demandé à McGuinty quels étaient ses plans, analyse une source libérale fédérale. Il n’a pas fermé la porte, reconnaît cette source. Ça peut aussi être une stratégie pour faire augmenter sa valeur quand il se magasinera un poste dans une boîte d’avocats. On vaut plus cher quand on est un candidat supputé à la direction d’un parti aspirant à former le gouvernement du Canada… »

 
 
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