Réforme de l’assurance-emploi - L’opposition dit non à un «système à deux vitesses»
L’opposition réclamait depuis un mois que le gouvernement recule sur les changements pour les chômeurs qui travaillent en touchant de l’assurance-emploi. Mais les rectifications apportées récemment par Ottawa ne la satisfont pas, car elles créent, selon elle, un système à deux vitesses qui cause une confusion inutile.
La ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a annoncé il y a dix jours qu’elle permettrait à certains chômeurs de continuer à toucher au même seuil qu’avant un salaire gagné en marge de leurs prestations d’assurance-emploi. « C’est un système à deux vitesses où on laisse de côté une partie de la population », a déploré lundi la néodémocrate Anne-Marie Day. Une opinion partagée par le libéral Marc Garneau, qui accuse Mme Finley de « jouer avec les détails, et c’est ça qui n’est pas honnête ».
L’opposition souhaiterait que le gouvernement recule carrément, pour tous. « Si on peut choisir le régime qu’on avait avant, pourquoi on ne remet pas le régime qu’on avait avant ? », a demandé Mme Day, jugeant le système hybride mis en place par les conservateurs « compliqué ».
En vertu du projet-pilote « Travail pendant une période de prestations », un prestataire pouvait, sans pénalité, gagner le plus haut des deux montants suivants : 75 $ ou l’équivalent de 40 % de ses prestations. Une fois l’un de ces plafonds atteints, l’argent gagné était retranché des prestations. Mais début août, Ottawa a modifié les modalités en imposant maintenant à tout prestataire de ne conserver que 50 % du revenu gagné.
Le vendredi 5 octobre dernier - à la veille d’une semaine de relâche parlementaire -, la ministre Finley a précisé par communiqué que les prestataires qui ont travaillé en marge de leur chômage dans la dernière année pourront finalement, à compter de janvier 2013, réclamer de retrouver l’ancien système de calcul, et ce, jusqu’à la fin du projet-pilote en 2015. (Les prestataires auront cependant été soumis aux nouvelles règles sans exception du mois d’août dernier à janvier, le temps de permettre à Service Canada de s’adapter, explique-t-on au bureau de la ministre).
« Nous avons fait des changements pour aider des gens qui ont reçu des prestations et travaillé l’année passée, pour qu’ils puissent faire une transition vers le nouveau programme », a expliqué Mme Finley aux Communes lundi. Une période d’adaptation « pour ceux qui ont vu une différence cette année par rapport à ce qu’ils ont gagné l’année dernière », a concédé sa directrice des communications, Alyson Queen, venant ainsi confirmer la véracité des inquiétudes de l’opposition de voir les moins bien nantis pénalisés par les changements.








