Les crimes à l’arme à feu coûtent cher aux contribuables

L’impact financier des crimes impliquant un fusil ou un pistolet s’élève à environ 93 $ par habitant.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jeff McIntosh L’impact financier des crimes impliquant un fusil ou un pistolet s’élève à environ 93 $ par habitant.

Ottawa – Les crimes impliquant des fusils ou des pistolets coûtent plus de trois milliards de dollars par année aux Canadiens, selon une étude interne du ministère de la Justice, qui pourrait relancer le débat sur le contrôle des armes.


Le rapport publié récemment comprend tous les crimes commis avec des armes à feu en 2008, et les coûts engendrés par ceux-ci, comme ceux reliés aux services de police, aux procès et même aux frais funéraires.


Le total s’élève à 3,1 milliards, soit environ 93 $ par habitant, selon l’étude achevée l’année dernière par deux chercheurs du gouvernement fédéral. La majeure partie du total, environ 2,5 milliards, provient de ce qu’on appelle les « coûts intangibles » des victimes, comme les montants reliés à la douleur, à la souffrance et à la perte de vie. Ces coûts ont été calculés à l’aide de facteurs largement acceptés, qui ont été mis en place entre autres par les sociétés d’assurance et les tribunaux.


Les coûts restants ont été assumés par le système de justice pour 302 millions, par les coûts personnels et par ceux reliés aux soins de santé pour 221 millions et par les coûts des tierces parties pour près de 80 millions.


La recherche s’est basée sur 8710 incidents au cours desquels une arme à feu avait été utilisée. Chaque incident coûte environ 356 000 $ en moyenne aux contribuables. Le rapport, réalisé par les experts fédéraux Ting Zhang et Yao Qin, a été obtenu par La Presse canadienne en vertu de la loi d’accès à l’information.


Les experts disent que la recherche est la première du genre à étudier « spécifiquement et de manière détaillée » les coûts des crimes commis avec des armes à feu. L’information sur les coûts, disent-ils, peut aider le gouvernement à définir sa politique. « Par exemple, est-ce qu’un programme qui peut empêcher un vol à main armée est meilleur que celui qui empêche trois agressions ? »


Une porte-parole de la Coalition pour le contrôle des armes a pris connaissance des nouvelles données, mais elle a noté que le rapport ne tient pas compte de toutes les blessures causées par des armes à feu et des décès, comme les suicides et les tirs accidentels. « Ce sont des données importantes, mais, en se concentrant seulement sur les incidents survenus dans des contextes criminels, les coûts sont sous-estimés, a déclaré la présidente de la coalition, Wendy Cukier. Les suicides et les blessures non intentionnelles représentent une proportion importante des personnes tuées ou blessées chaque année. »


Mme Cukier a comparé les 3,1 milliards de dollars au montant (3 millions) qu’il en coûterait pour maintenir le registre des armes à feu, qui a été aboli par les conservateurs plus tôt cette année. « Les coûts reliés aux crimes impliquant des armes dépassent de loin les investissements nécessaires dans le contrôle des armes sur une base annuelle », a-t-elle dit.

9 commentaires
  • Guy Desjardins - Inscrit 15 octobre 2012 08 h 28

    Contrôle des armes à feu?

    Encore une perte de temps et d'énergie, en plus de gros sous, capital politique en plus. Au Québec tous les armes d'épaules doivent être enregistrées et avoir un permis d'acquisition d'armes à feu. Le vrai problème est les sanctions bonbons aux non respect des loies établies. Tuer une femme ou un homme aujourd'hui, c'est environ 8 ans de prison. Un vol, encore pas mal pire, une tappe dans le dos et fait attention. Lorsque le code criminel sera plus vigoureux et les sentences appropriées, je suis certain que l'ont ne reparlera plus, du régistre des armes à feu, mais le capital politique...pour avoir des votes. L'impunité se voit à tous les niveaux et la responsabilité n'existe pratiquement plus. Il faudrait faire un ménage des incompétents de la fonction publique et travailler réellement pour les individus(es) du Québec qui paient beaucoup trop chers pour les services que nous sommes en droit de recevoir.

  • Sylvain Auclair - Abonné 15 octobre 2012 10 h 15

    Qui paie ces dépenses?

    Si ce sont les provinces, qu'est-ce que M. Harper en a à f... ?

    • Georges Washington - Inscrit 15 octobre 2012 12 h 22

      Ce ne sont pas les provinces qui paient ces dépenses. Ce sont des fausses dépenses. Relisez l'article, la plus grande partie des sommes sont des dommages intangibles. Personne ne paie, sauf les victimes. Et c'est la même chose pour les accidentés de la route dont les compensations ne tiennent pas compte de ce genre de dommages intangibles.

  • Georges Washington - Inscrit 15 octobre 2012 10 h 33

    Un calcul un peu ridicule

    Ce calcul est un peu ridicule. Nous pourrions faire le même pour les accidents de la route, pour les accidents dans la prestation des soins de la santé au Québec et nous dépasserions ce montant facilement.

    Un calcul un peu ridicule lorsque l'on inclut les suicides, comme si ces gens ne se seraient pas suicidés autrement.

    Un calcul un peu ridicule quand on ne tient pas compte de discriminer le type d'armes utilisées. Parce que, faut-il le rappeler pour la xième fois, la portion abolie du registre ne concerne que les armes de chasse.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 15 octobre 2012 13 h 26

    Pas trop crédible comme chiffres.

    «La recherche s’est basée sur 8710 incidents au cours desquels une arme à feu avait été utilisée»

    Alors là faudrait qu’on indique sur quel période de temps s’étant la recherche, et surtout qu’on nous donne leur définition de «un incident».

    Et il faudrait qu’ils ventilent les détails de leur de 365,000$ en coût que «les contribuables» payent pour chacun de ces «incidents».

    En comparaison, Gary Mauser, criminologue, professeur émérite Institute for Canadian Urban Research Studies, Université Simon Fraser, nous dit qu’en 8 ans, de 2003 a 2010, il y a eu 4,811 homicides au Canada dont seulement 1485 étaient commis par armes a feu.

    Sur ces armes seulement 135 étaient enregistrées, donc moins de 10%, et sur ce nombre 73 l’étaient au nom des inculpés. En plus, sur ces 73 seulement 45 étaient des armes d’épaule.

    Donc 45 cas sur 4,811 d’homicides ou l’accusé se serait servit d’un arme d’épaule enregistré a son nom, soit dans moins de 1% des cas.

    En quoi donc un registre d’arme d’épaule peut être utile quand il laisse hors de sa porté 99% des crimes?

    http://tinyurl.com/9kyhty8

  • Vincent Bussière - Inscrit 15 octobre 2012 22 h 04

    Il manque un élément à cette recherche!

    A t'on recensé si ces crimes avaient été commis avec des armes enregistrées et si c'est le cas, le régistre n'aurait été d'aucune utilité, si un pourcentage de ces crimes ont été commis avec des armes obtenues illégalement, encore là le régistre aurait été inutile. Si un pourcentage de ces crimes l'ont été sous l'impulsion de la colère, l'arme deviens sans importance, un marteau, un couteau ou n'importe lequel objet contondant comme les nomme tous les romans, aurait suffi, encore là le régistre est inutile. Ce n'est pas l'arme à feu qui tue, c'est la personne.

    • Pierre-Antoine Ferron - Inscrit 16 octobre 2012 16 h 43

      Bien dit, même fantastique!