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La politique interne ne sera pas au menu lors du sommet de la Francophonie

10 octobre 2012 | Hélène Buzzetti | Canada
La toute première rencontre entre Stephen Harper et Pauline Marois aura lieu en République démocratique du Congo.
Photo : La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld et Graham Hughes La toute première rencontre entre Stephen Harper et Pauline Marois aura lieu en République démocratique du Congo.

Le premier ministre Stephen Harper rencontrera peut-être pour la première fois son homologue nouvellement élue Pauline Marois lors du Sommet de la Francophonie, mais pas question d’en profiter pour discuter délégation de pouvoirs ou transferts fédéraux. Le bureau de M. Harper entend s’assurer que les enjeux internes ne seront pas discutés à Kinshasa.


« La rencontre aura lieu samedi matin et on aura l’occasion de discuter des enjeux qui sont devant la Francophonie, comme les droits de la personne, la paix et la sécurité dans les pays de la Francophonie et la promotion de la langue française à travers le monde », a indiqué le porte-parole du premier ministre, Andrew MacDougall, lors d’une séance d’information. « Je m’attends à ce qu’on discute de ces enjeux-là avec Mme Marois. Elle-même a dit qu’elle ne voulait pas discuter des enjeux internes. Cela sera pour un autre jour. »


Ottawa ne s’attend pas non plus à ce que Québec fasse un quelconque esclandre à propos de l’environnement, des changements climatiques ou encore des sables bitumineux. « Les documents du sommet sont approuvés par tous les pays participants, et cela inclut notre gouvernement et les gouvernements provinciaux invités à participer à la Francophonie. Pour l’instant, la déclaration officielle est en voie d’être finalisée et je ne vois pas de grande confrontation à l’horizon. Mme Marois elle-même a dit que nous aurons des discussions productives là-bas », ajoute M. MacDougall.


C’est que ce 14e Sommet de la Francophonie a placé à son ordre du jour la question des changements climatiques. En 2009, au sommet de Copenhague, Jean Charest ne s’était pas gêné pour critiquer publiquement l’inaction du gouvernement conservateur sur ce front.


Le sommet de cette année abordera aussi la question de la bonne gouvernance dans l’industrie extractive. Le sujet est d’autant plus pertinent que la République démocratique du Congo est un des pays africains réputés pour le détournement de ses ressources naturelles (diamants, coltan, cassitérite, wolframite, utilisés dans les produits électroniques) par les groupes rebelles finançant ainsi leurs activités de déstabilisation.


Ce Sommet de la Francophonie, le quatrième auquel participera M. Harper depuis qu’il est premier ministre, pose son lot de défis. Le président de la RDC, Joseph Kabila, a été réélu en 2011 au terme d’une élection entachée de violences et vivement contestée par la communauté internationale. Le gouvernement affirme qu’il ne veut pas, par ce voyage, en cautionner le résultat. « Nous ferons connaître nos préoccupations et parlerons de ces enjeux quand nous serons là-bas », indique Andrew MacDougall. M. Harper rencontrera d’ailleurs des groupes de la société civile qui contestent la réélection de M. Kabila.


Le bureau du premier ministre n’en pense pas moins que les enjeux de gouvernance et de droits de la personne discutés au sommet justifient la présence canadienne. Notons que M. Harper a déjà indiqué qu’il boycotterait le prochain sommet du Commonwealth, devant se tenir au Sri Lanka en 2013, si la situation des droits de la personne ne s’améliorait pas là-bas.


M. Harper en sera à son troisième voyage en continent africain en sept ans. Il quitte aujourd’hui le pays pour le Sénégal, puis s’envolera pour la RDC vendredi. Son gouvernement a été critiqué pour avoir délaissé le continent noir, notamment en réduisant le nombre de pays prioritaires recevant de l’aide internationale et en réorientant les priorités canadiennes vers l’Amérique du Sud.

 
 
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