Le retour d’Omar Khadr est accueilli par un quasi-silence politique
C’est au petit matin, samedi, qu’Omar Khadr a atterri au Canada à bord d’un avion militaire américain, car Ottawa a refusé de voir un appareil de l’armée canadienne le transporter, a confié une source américaine au Globe and Mail. Le lendemain, le ministre des Affaires étrangères John Baird a reconnu, sur les ondes de CTV, que les Américains voulaient fermer la prison de Guantánamo et que le gouvernement canadien n’avait « pas eu grand choix […] et il [M. Khadr] est de retour ».
À la sortie des Communes lundi, les conservateurs prêts à commenter le rapatriement de ce dernier ressortissant occidental de la prison de Guantánamo étaient peu nombreux. Et les deux qui l’ont fait se sont avoués déçus. « Mais nous devons suivre la règle du droit, alors je vais respecter cela », a affirmé le député Harold Albrecht à l’instar de son collègue Daryl Kramp.
Aujourd’hui âgé de 26 ans, Omar Khadr a été arrêté en Afghanistan en 2002, accusé notamment d’avoir lancé une grenade qui a tué un soldat américain. Il avait 15 ans lorsqu’il a été envoyé à la prison militaire américaine de Guantánamo.
Les libéraux ont été au pouvoir à Ottawa jusqu’en 2006 et ne l’ont pas rapatrié à l’époque. Mais le chef libéral par intérim Bob Rae s’est défendu de ne pas avoir soulevé aux Communes le sort de M. Khadr en raison de cette page de l’histoire. « Qu’est-ce qu’il y a à dire ? […] Le gouvernement a pris sa décision », a-t-il rétorqué en notant avoir accordé plusieurs entrevues sur le sujet au cours de la fin de semaine. Les néodémocrates ont de leur côté posé deux questions au gouvernement, portant plutôt sur l’impact du cas Khadr sur les relations d’Ottawa avec Washington. Le député Paul Dewar a lui aussi nié s’être montré timide sur le sujet, arguant qu’il posait des questions depuis des années. « Nous sommes conséquents sur cela depuis le début […] Et nous allons continuer de le faire », a-t-il répliqué.
Avec la collaboration d’Hélène Buzzetti








