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Assurance-emploi - La ministre Finley pourrait reculer

2 octobre 2012 | Marie Vastel | Canada
Ottawa — Cible de critiques de l’opposition aux Communes depuis deux semaines, la ministre des Ressources humaines a ouvert la porte pour la première fois lundi à ce que son gouvernement revoie des changements apportés à un programme d’assurance-emploi pour les chômeurs qui travaillent à temps partiel.

La ministre Diane Finley rejetait du revers de la main toutes les questions posées par les néodémocrates et les libéraux sur le sujet, depuis la reprise parlementaire, les accusant de mentir en prétendant que les modifications étaient désavantageuses pour les gagne-petit. Or, lundi aux Communes, elle a indiqué que son gouvernement tentait toujours de s’assurer que ses « programmes atteignent un objectif ».


« Je rappelle aux honorables collègues que ce projet pilote offre l’occasion de tester des mesures, a-t-elle cette fois-ci nuancé, conçues pour encourager les Canadiens sans emploi à travailler davantage pendant qu’ils touchent des prestations. »


En vertu du projet pilote « Travail pendant une période de prestations », depuis 2008, un prestataire pouvait, sans pénalité, gagner le plus haut des deux montants suivants : 75 $ ou l’équivalent de 40 % de ses prestations. Une fois l’un de ces plafonds atteints, ses prestations se voyaient retranchées de l’argent gagné sur le marché du travail.


Or, Ottawa a modifié les modalités du projet pilote dans son dernier budget, imposant maintenant à tout prestataire de ne conserver que 50 % du revenu gagné, peu importe que ce salaire représente 10, 20 ou 50 % des prestations touchées.


Plus de plafond donc en deçà duquel les chômeurs peuvent conserver l’argent gagné en marge de leurs prestations d’assurance-emploi. L’opposition dénonce le fait que ces changements nuisent aux petits salariés, qui ne toucheront que 20 $ s’ils en gagnent 40 $ par exemple.


« Il n’y a pas de honte à faire des erreurs lorsqu’on conçoit des programmes. La honte, c’est de ne pas le reconnaître et de ne pas agir pour y donner suite », avait déploré en début de journée la néodémocrate Chris Charlton, qui a profité de la journée d’opposition du parti pour sommer les conservateurs de revoir le projet pilote. Mme Charlton n’était toutefois pas en mesure de proposer une solution précise. « Ça m’est égal le mécanisme qu’elle [la ministre Finley] finit par adopter, mais elle doit retourner à la table dessin. »


Mme Charlton a évoqué - sans cependant en faire la position officielle de son parti - l’idée d’un système hybride, en vertu duquel les gagne-petit retrouveraient le plafond de salaire de 75 $ ou 40 % de leurs prestations et au-delà de ces revenus les prestataires n’en conserveraient que 50 % tel que le prévoit le nouveau système. Une idée partagée par le chef libéral par intérim Bob Rae, qui n’a pas non plus détaillé la position définitive de son parti. « Ce qui est problématique avec la proposition des conservateurs c’est qu’elle touche les plus vulnérables », a-t-il dénoncé.


Les partis d’opposition soutiendront tous la motion néodémocrate, mais les conservateurs - majoritaires - s’y opposeront au moment du vote ce soir.

 
 
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