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    Sommet de la Francophonie à Kinshasa - Première pomme de discorde entre Québec et Ottawa

    27 septembre 2012 |Christian Rioux | Canada
    Stephen Harper rencontrera Pauline Marois pour la première fois dans deux semaines, lors du XIV sommet de la Francophonie à Kinshasa.<br />
    Photo: La Presse canadienne (photo) Stephen Harper rencontrera Pauline Marois pour la première fois dans deux semaines, lors du XIV sommet de la Francophonie à Kinshasa.
    Paris — À deux semaines de l’ouverture du XIVe sommet de la Francophonie à Kinshasa, où Pauline Marois rencontrera pour la première fois son homologue canadien Stephen Harper, une première divergence se profile à l’horizon. Contrairement aux représentants du Québec, les diplomates canadiens refusent catégoriquement que le communiqué final du sommet se prononce en faveur de l’attribution d’un siège permanent à l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU.

    Le Canada est plus qu’isolé sur le sujet puisque la proposition des documents préparatoires recueille l’appui d’une large majorité des 54 membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Parmi eux, la France, le pays hôte du sommet (la République démocratique du Congo) et une trentaine de pays africains. Même si le Québec n’a pas de position officielle sur le sujet, « il pourrait être obligé de choisir son camp et ça risque de ne pas être celui du Canada », nous a confié une source proche des discussions.


    Si aucun compromis ne survient d’ici là, la question devra être tranchée par les ministres des pays membres, qui se réuniront peu avant le sommet. En cas d’échec, elle devra l’être par les chefs d’État qui seront à Kinshasa du 12 au 14 octobre. Or, pas plus tard que mardi, le président français François Hollande a réitéré devant l’Assemblée générale des Nations unies l’engagement formel de son pays en faveur d’« une présence accrue de l’Afrique, y compris parmi les membres permanents » du Conseil de sécurité. La position française n’est pas nouvelle. C’est l’ancien président Jacques Chirac qui l’avait formulée le premier.


    Échaudé par son échec en 2010, alors que les 192 membres de l’ONU lui avaient refusé un siège temporaire, le Canada est loin d’être de cet avis. Ottawa s’oppose formellement à toute augmentation du nombre de membres permanents au Conseil de sécurité, actuellement limité à cinq. Selon une source proche de la délégation canadienne, une telle augmentation rendrait le conseil « ingérable » et « réduirait les chances, déjà limitées, du Canada d’obtenir un siège temporaire ». En clair, Ottawa souhaite une meilleure représentation de l’Afrique à l’ONU, mais pas comme membre permanent du Conseil de sécurité.


    Marois s’adressera aux chefs d’État


    Depuis plusieurs semaines, les sherpas des chefs d’État et de gouvernement (dont celui du Québec) tentent sans succès de négocier un compromis. Même si, formellement, le Québec n’est pas autorisé à se prononcer sur les questions de politique étrangère dans ces sommets, Pauline Marois pourrait s’inscrire en faux contre la position canadienne lorsqu’elle interviendra en session plénière. La première ministre fait en effet partie des privilégiés qui s’adresseront à l’ensemble des participants puisqu’elle doit intervenir sur la question de la langue française à la fin du sommet, le 14 octobre dans la matinée.


    En pareille situation, la plupart de ses prédécesseurs (dont l’ancien premier ministre libéral Robert Bourassa) ne se sont jamais privés de parler de toutes les questions soulevées pendant le sommet, quitte à contredire Ottawa.


    Ce ne serait pas non plus la première fois que le Canada prendrait le contre-pied de la majorité des pays membres dans un sommet de la Francophonie. À Bucarest en 2006, Stephen Harper avait provoqué un tollé, et la colère de Jacques Chirac, en soutenant la riposte israélienne aux attentats du Hezbollah.


    Il reste aussi deux semaines aux pays membres pour s’entendre sur le lieu du sommet de 2014. Le consensus semblait désigner le Vietnam lorsque la candidature de dernière minute du Sénégal est venue rebrasser les cartes. Nouveau coup de théâtre hier, Haïti a officiellement averti les pays membres qu’elle poserait aussi sa candidature. Plusieurs doutent cependant de l’opportunité d’un tel choix pour ce pays dévasté. Et surtout de sa capacité d’organiser un sommet d’une telle ampleur.













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