Assurance-emploi: de nouvelles prestations pour les parents
Ottawa annonce la création de prestations pour les parents d’enfants assassinés ou disparus
En vertu de ce changement, prévu dans un projet de loi déposé jeudi par la ministre des Ressources humaines, les Canadiens qui doivent y avoir recours pourront toucher des prestations de maladie le temps qu’il faut, jusqu’à 15 semaines. Le congé parental sera ensuite prolongé du nombre de semaines pendant lesquelles le parent a bénéficié de cette prestation de l’assurance-emploi.
Le projet de loi C-44 prévoit en outre une prestation spéciale d’assurance-emploi pour les parents qui doivent s’occuper d’un enfant mineur gravement malade ou blessé. L’allocation sera versée pendant un maximum de 35 semaines. Les parents pourront se partager ces prestations, lesquelles pourront être réparties sur 52 semaines. La mesure devrait être en vigueur en juin 2013, espère le gouvernement.
« La dernière chose de laquelle un parent devrait s’inquiéter, en une période comme celle-là, c’est d’un paiement d’hypothèque ou de perdre son emploi », a expliqué la ministre Diane Finley, au moment de détailler sa proposition législative qui mettra en oeuvre des promesses qu’avaient déjà présentées les conservateurs.
Autre engagement des troupes de Stephen Harper, ardemment défendu par le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, C-44 modifiera le Code canadien du travail pour permettre un congé sans solde aux parents d’un enfant gravement malade (37 semaines maximum), disparu (52 semaines maximum) ou décédé à la suite d’un acte criminel (maximum de 104 semaines). Leur emploi sera en outre protégé et les individus touchés seront assurés de retrouver leur poste. La mesure, qui doit elle aussi entrer en vigueur en juin 2013, ne touchera toutefois que les employés sous juridiction fédérale.
Changement salué
Le gouvernement créera par ailleurs une nouvelle prestation de 350 $ par semaine offerte aux parents d’enfants assassinés ou disparus pendant une période ne pouvant dépasser 35 semaines.
Bruno Serre — dont la fille a été assassinée en 2006 à l’âge de 17 ans — a salué ces changements qui, s’ils lui avaient été disponibles, lui auraient permis de se refaire une santé et de « mieux affronter [la] vie », a-t-il noté.
« À la mort de Brigitte, c’est non seulement ma vie de père qui s’est effondrée, c’est également ma vie de travailleur […] Lorsqu’on perd un enfant assassiné, personne n’est prêt à retourner après cinq semaines de ce qu’on appelle “ repos ” », a déploré M. Serre, aujourd’hui vice-président de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) fondée par le sénateur Boisvenu après le meurtre de sa fille Julie, en 2002.








